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La plus vieille ligne de métro parisienne veut passer par le bois de Vincennes

Le bois de Vincennes dans le 12e à Paris / © Guillaume Bontemps - Ville de Paris
Le bois de Vincennes dans le 12e à Paris / © Guillaume Bontemps – Ville de Paris

Née pour relier les deux bois parisiens, la ligne 1 repasse par la case concertation publique à l'automne pour faire valider son prolongement vers Val de Fontenay. Au bout du tunnel, l'Est jardinier du Grand Paris. À l'entrée, le bois de Vincennes. Et entre 243 et 337 arbres sur la sellette.

Une ligne entre les deux bois

Dès sa naissance en 1900, la ligne 1 court d’un bois à l’autre : de la porte Maillot, en bordure du bois de Boulogne, à la porte de Vincennes. Elle relie depuis ses débuts les deux grands poumons verts de Paris. À l’ouest, elle continue vers Neuilly dès 1937, et rejoint La Défense en 1992. À l’est, elle s’est avancée jusqu’au pied du château de Vincennes en 1934, puis plus rien. Le terminus oriental n’a pas bougé depuis 92 ans, alors que le prolongement vers le Val-de-Marne est évoqué depuis les années 1930. Il a été retoqué en 2022 pour son coût, est relancé aujourd’hui, et est confronté cette fois à un obstacle que la ligne connaît bien : un bois. Celui de Vincennes, que le chantier de raccordement semble ne pas savoir comment contourner.

3 stations, 2 concertations, un horizon : 2040

Le programme, d’abord : 5 km de tunnel et trois nouvelles stations entre Fontenay-sous-Bois, Montreuil et le pôle de Val de Fontenay, où convergeront RER A et E, ligne 15, tram T1 et bus Bords de Marne. Coût, selon Île-de-France Mobilités (IDFM) : 1,7 milliard d’euros hors matériel roulant, horizon 2040 – alors qu’en 2016, lorsque le tracé a été retenu, la mise en service était annoncée pour 2024. Le dossier revient en effet de loin : l’enquête publique s’est soldée en mai 2022 par un avis défavorable de la commission d’enquête, avant que l’État ne renonce à la déclaration d’utilité publique. Selon une information reçue ce jour, IDFM repassera par la case concertation cet automne, sous l’égide de la Commission nationale du débat public.

Ce qu’il y aurait le long de la ligne prolongée

Regardons ce que ces trois stations desserviraient, car c’est là que le projet prend son sens territorial. Les Rigollots d’abord, un quartier de Fontenay-sous-Bois aujourd’hui desservi uniquement par le bus, aux portes du château de Vincennes. Puis les Grands Pêchers à Montreuil, où la future station émergerait à quelques centaines de mètres des Murs à pêches, ces vergers légendaires qui produisaient jusqu’à 15 millions de fruits par an à la fin du XIXe siècle et approvisionnaient la table de Louis XIV. Ce site, défendu par des associations et des jardiniers, demeure l’un des territoires horticoles les plus singuliers du Grand Paris. Enfin, Val de Fontenay, souvent surnommée la « petite Défense » de l’Est parisien, où une partie du parc tertiaire se transforme déjà en logements. La ligne née pour relier deux bois prolongerait ainsi sa vocation : desservir l’Est jardinier de la métropole, celui des parcelles maraîchères, des sentes et des jardins ouvriers que notre balade des jardins cachés relie déjà à pied, du bois de Vincennes aux Murs à pêches.

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Le passage par le bois

Mais, pour y arriver, il faut entrer dans le bois. Les voies actuelles de la ligne 1 sont situées juste sous la chaussée automobile ; aucun tunnelier ne peut les rejoindre sans ouvrir le sol. Le chantier de raccordement s’installerait donc en lisière nord-est du bois, le long de l’avenue de Nogent, près des ruines du jardin d’agronomie tropicale René-Dumont.

Trois variantes sont à l’étude selon les études d’Île-de-France Mobilités, impliquant l’abattage de 240 à 330 arbres – une emprise revue à la baisse par rapport aux 500 arbres initialement concernés. Des collectifs citoyens, refusant tout abattage, s’insurgent. La concertation devra arbitrer ce face-à-face : combien d’arbres du bois vaut le désenclavement de l’Est jardinier ? C’est la question que nous posions au printemps, celle d’un bois fréquenté onze millions de fois par an, à qui la métropole demande tout, y compris de lui ouvrir le passage.

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