
La Ville de Paris et le PSG ont ouvert fin juin les négociations sur l'avenir du Parc des Princes, réintégré dans la course face à Massy et Poissy. Verdict attendu à l'automne. En jeu : bien plus qu'un stade, un lieu où le Grand Paris vibre, chante et frémit depuis 1897. Et pas que pour le foot.
Le feuilleton a repris le 25 juin à l’Hôtel de Ville. Autour de la table du premier comité de pilotage, le maire de Paris – élu en mars sur une ligne ouverte à la vente du stade – et le directeur général du PSG, entourés de l’État, de la Région Île-de-France, de la Métropole du Grand Paris et des Hauts-de-Seine. L’enjeu : décider d’ici l’automne si le club, qui rêve d’une enceinte de 60 000 à 70 000 places, agrandit le Parc ou déménage à Massy ou à Poissy. Après trois ans de porte fermée sous Anne Hidalgo, le stade de la Porte de Saint-Cloud est de retour dans la course.
Avant de trancher, il n’est pas inutile de savoir ce qu’on s’apprête à vendre — ou pas.
Des princes avant les ultras
Commençons par le nom, puisque tout le monde se trompe. Le Parc des Princes ne doit rien au Qatar : il doit tout aux fils des rois de France, qui venaient chasser et se promener dans la forêt de Rouvray, l’actuel bois de Boulogne, quand le sud-ouest parisien n’était encore qu’un terrain de jeu royal. Le stade a hérité du toponyme comme on hérite d’un château : sans avoir rien demandé.
Un stade né à vélo
Deuxième surprise : le Parc n’a pas été construit pour le football. Inauguré en 1897, c’est d’abord un vélodrome, l’un des hauts lieux du cyclisme français. Le Tour de France y termine sa boucle chaque été jusqu’en 1967, avant de migrer vers Vincennes puis les Champs-Élysées. Le ballon rond n’est alors qu’un sous-locataire toléré au milieu de la piste.
Du béton sur le périphérique
Le Parc actuel, troisième du nom, sort de terre en 1972, signé Roger Taillibert — à qui l’on doit aussi le stade olympique de Montréal, c’est dire l’amour du béton. Ses cinquante nervures grises en font l’un des monuments brutalistes les plus regardés de France, et l’un des plus singuliers : le boulevard périphérique passe littéralement sous la pelouse. On peut donc être coincé dans les bouchons à l’intérieur d’un stade, performance dont peu de métropoles peuvent se vanter.
Le Paris Saint-Germain s’y installe en 1974 et n’en est plus reparti. C’est tout le paradoxe de l’automne qui vient : le club le plus riche de France doit choisir entre un champ en Essonne, un parking dans les Yvelines et un vélodrome royal posé sur le périphérique. Vu d’ici, le match semble déjà joué.
A voir : « Monumental : le Parc des Princes », documentaire à voir sur france.tv — utile pour réviser avant l’automne. Accès : métro ligne 9, station Porte de Saint-Cloud.
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6 juillet 2026