Artdevivre
|

Le Grand Chemin commence à percer près des Murs à pêches de Montreuil

Une ancienne carrière de pierre transformée en parc urbain. Éco-parc des Carrières, Fontenay-sous-Bois. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Le Grand Chemin, c'est l'idée de transformer les rues d'Est Ensemble (Montreuil, Romainville, Pantin, les Lilas…) en parcours vert à travers l’un des territoires les plus bétonnés du Grand Paris. En tout, on prévoit 36 km à travers neuf villes de banlieue d'ici à 2030. Les premiers tronçons viennent d'être inaugurés. On est allés voir.

C’est l’un des territoires les plus denses de France. Les plus bétonnés. Pas question d’y créer de nouveaux parcs, il n’y a plus de place. Alors ses élus ont imaginé autre chose : transformer les rues elles-mêmes en chemins verdoyants, pour relier tous les parcs et jardins existants sur une boucle verte de 36 km à travers neuf villes. C’est le Grand Chemin.

On est allés voir ce que ça donne rue Pépin à Montreuil, à deux pas des Murs à pêches et de la mairie. C’est l’un des premiers petits bouts inaugurés la semaine dernière. Les places de parking ont disparu. À leur place : des arbres, de la pleine terre plantée en ras d’immeuble, des pavés de réemploi. Une rue désormais mi-voirie mi-square, où les voitures roulent à 20 km/h max, et qui descend jusqu’au petit parc de la magnifique église Saint-Pierre-Saint-Paul (XIIIe siècle). De là, on retrouve la mairie et son square, son théâtre, son ciné – et l’été, le super camion glacier Martinez. Quelques tronçons comme celui-là ont été réalisés, sur 2,5 km à Montreuil, Bagnolet et aux Lilas. 32 000 m² de voirie métamorphosée, entre 30 et 40 % de renaturation de l’espace public.

Une constellation d’espaces verts

Ce n’est qu’un avant-goût. Pour comprendre l’ampleur de ce projet dont on entend parler depuis des années, on avait arpenté le tracé au printemps 2024, et entrevu ce que le Grand Chemin pourra devenir un jour : pas seulement une succession de rues végétalisées qui pacifient les centres urbains avec leurs nouveaux arbres et leurs plantes, mais une constellation d’espaces verts. Il reliera les grands parcs du territoire : les Guilands, Jean-Moulin, Montreau, Beaumonts et les autres. Mais aussi une succession de lieux peu ou mal connus : le glacis du fort de Rosny, envahi par les arbres, qu’on traverse en se demandant si c’est autorisé ; l’aqueduc de la Dhuis qu’on longe sans le savoir ; les anciennes carrières colonisées par la végétation spontanée du côté de Romainville et des hauteurs de Pantin ; un golf public improbable avec sa vue panoramique ; le buste d’Hô Chi Minh au détour d’un parc.

Il faut dire l’ampleur du projet : il part du Père-Lachaise – le plus grand espace vert de Paris, eh oui – pour grimper sur le plateau de Romainville et en faire le tour. Dessinant une ceinture verte non pas autour de la capitale, mais autour d’un territoire de banlieue. Génial pour les habitants, bien sûr. Mais aussi pour les Grand-Parisiens qui pourront, d’un coup de ligne 9, 11 et un jour 15, de RER A ou E, venir se balader au vert. 2030, on vous a dit.

Sur les hauteurs de Montreuil, le parc des Beaumonts tisse le lien entre la ville et les espaces naturels. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

À lire aussi : Balade sur le Grand Chemin, à la découverte des parcs et jardins du plateau de Romainville

À lire aussi : Du bois de Vincennes aux Murs à pêches, une balade dans les jardins cachés de l’Est parisien

À lire aussi : Des graines de Roumanie dans les terres de Montreuil