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Quatre forêts franciliennes sont parmi les 20 mieux notées de France. Dont la vôtre ?

Pins maritimes et blocs de grès sont caractéristiques du paysage de la forêt de Fontainebleau. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Fontainebleau, Montmorency, le bois de Vincennes et la Malmaison figurent dans un classement établi à partir des avis Google. Des « étoiles » qui ne racontent ni les sentiers qu’on aime prendre, ni les difficultés que traversent ces forêts avec le dérèglement climatique. Voici tout ce qu'un classement ne raconte pas.

La forêt préférée des Français ? Pas si vite ! Le classement publié en septembre par la plateforme de location de vacances Holidu ne mesure pas les préférences des Français mais les notes laissées sur Google Maps par des visiteurs. Pour établir son palmarès, l’entreprise a passé au crible plus de 450 forêts, écarté celles qui comptaient moins de 100 avis, puis départagé les ex æquo au nombre d’évaluations. Rien qui ressemble à une consultation nationale. Au mieux, ces notes indiquent qu’un lieu a plu. Elles disent rarement ce qui fait son intérêt.

Quatre massifs franciliens se glissent pourtant dans le Top 20. Plutôt que de s’arrêter à leur place dans ce classement, nous avons replongé dans nos archives pour raconter ce qui les distingue vraiment.

Fontainebleau (77), 6e française, 1re francilienne

On peut descendre du train presque au pied des arbres et passer du sable aux rochers, des pins aux fougères. C’est ici que Denecourt a tracé ses premiers sentiers bleus au XIXe siècle, et que les peintres de Barbizon se sont battus pour préserver une partie du massif. Cet été, l’incendie a dévasté près de 2 000 hectares dans le secteur des Trois-Pignons et de Fontainebleau. Une grande partie de la forêt a rouvert, mais certains secteurs restent interdits : il faut choisir sa balade en conséquence.

Y aller : Ligne R jusqu’à Fontainebleau – Avon. Le week-end, la halte Fontainebleau-Forêt permet de descendre directement dans le massif : un conseil, soyez très à l’heure au départ de la gare de Lyon.

Nos huit balades · Son patrimoine invisible

La lisière septentrionale de la forêt de Montmorency. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Montmorency (95), 9e française et 2de francilienne

Aux beaux jours, il y a foule autour du château de la Chasse. Notre balade s’en éloigne pour gagner les coteaux tournés vers l’Oise et la lisière nord, beaucoup moins connue, où la forêt s’ouvre sur la plaine agricole. On aime les vues sur la plaine de Montmorency et les châtaigniers qui donnent au massif son caractère. Beaucoup sont atteints par la maladie de l’encre, aggravée par le changement climatique. Le classement en « forêt de protection », obtenu ce printemps, défend le sol contre l’urbanisation, mais ne sauvera pas ces arbres.

Y aller : Ligne H jusqu’à Groslay. Notre traversée de 19 km rejoint la gare de Saint-Leu-la-Forêt, sur la même ligne.

Suivre la traversée · Comprendre sa protection

Le bois de Vincennes, 14e. Et seule forêt parisienne

Le lac Daumesnil, près de la porte Dorée, est joli et tout le monde le sait. Pour trouver un bois moins aménagé, nous préférons entrer par l’est. En venant de Joinville-le-Pont, des sentiers de terre conduisent vers le secteur de la Pyramide, l’arboretum et le Jardin d’agronomie tropicale. Ce dernier raconte aussi une histoire moins légère : celle des expérimentations botaniques et de l’exposition coloniale de 1907. Notre itinéraire continue ensuite jusqu’aux Murs à pêches de Montreuil.

Y aller : RER A jusqu’à Joinville-le-Pont. La balade de 10 km se termine au métro Mairie de Montreuil (ligne 9).

Suivre les jardins cachés de l’Est parisien

La Malmaison, 15e du classement : l’outsider

Joséphine Lebard ignorait jusqu’à l’existence de cette forêt à sept kilomètres du périphérique. Elle y est allée en bus et s’est fait déposer à Saint-Cucufa, l’autre nom du bois. Au milieu des chênes et des châtaigniers, elle a trouvé un étang couvert de nymphéas, un héron, des allées sages et de petits chemins plus sauvages. En quittant la forêt, elle a traversé un quartier de villas aux jardins impeccables. « Au moins, en forêt, le beau est accessible à tous », écrivait-elle.

Y aller : au départ de Viroflay Rive Droite (ligne L), notre parcours de 14 km traverse Fausses-Reposes, le domaine de Saint-Cloud et Saint-Cucufa avant de rejoindre le RER A à Rueil-Malmaison par la Seine. Il s’effectue aussi en sens inverse ; pour aller directement au bois, bus 467 depuis Saint-Cloud, arrêt Saint-Cucufa.

La forêt de La Malmaison à Rueil / © Office de tourisme de Rueil-Malmaison
La forêt de La Malmaison à Rueil / © Office de tourisme de Rueil-Malmaison

La coulée verte forestière · La promenade de Joséphine Lebard

Les absentes franciliennes et le podium national

Quelques absentes de marque dans ce top 20 : le bois de Meudon. L’ONF y compte pourtant environ quatre millions de visites par an. La fréquentation et une note laissée sur Google sont décidément deux choses différentes. Le bois de Vincennes, pour comparaison, accueille environ onze millions de visites annuelles selon la Ville de Paris. On s’étonne aussi de l’absence de Rambouillet. Mais il en va ainsi de la tyrannie des classements sur le Net.

Et le podium national ? La Sainte-Baume, dans le Var, arrive première avec 4,9/5, devant Huelgoat, dans le Finistère, et Aitone, en Corse du Sud, toutes deux notées 4,8/5. La première rassemble 238 avis ; la deuxième, plusieurs milliers. Même tout en haut du classement, les étoiles ne pèsent pas toujours le même poids.

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