Balades
|

De la Seine à la ville nouvelle de Sénart, une rando de 20 km entre fleuve, forêt et plaine agricole

Les berges de la Seine en face de la forêt régionale de Rougeau. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Les berges de la Seine en face de la forêt régionale de Rougeau. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

On longe la Seine, puis on marche au-dessus d’elle, avant de traverser la forêt de Rougeau et de filer tout droit dans la plaine par l’Allée royale. Une vingtaine de kilomètres pour changer de cap et prendre un incroyable bol de vert en bordure de la ville nouvelle de Sénart.

En partenariat avec Île-de-France Nature.

Il y a quelque chose de géométrique dans cette randonnée. On longe d’abord la Seine. Puis on prend de la hauteur et on marche au-dessus du fleuve, en forêt, avant de changer franchement de direction pour traverser Rougeau. Ensuite, autre bord : la plaine, l’Allée royale et sa ligne droite qui semble ne plus vouloir finir. À regarder le tracé sur la carte, on a presque l’impression de tirer des bords.

Sur le terrain, ça donne une randonnée qui change sans cesse d’axe et d’ambiance : l’eau, le coteau, la forêt, la plaine, puis de nouveau les arbres. Et pendant une bonne partie de la journée, malgré les routes et les villes tout autour, on se prend surtout un incroyable bol de vert.

Infos pratiques : 20 km environ, dont 5,8 km sur l’Allée royale. Départ : gare du Coudray – Montceaux (RER D). Arrivée : gare de Lieusaint – Moissy (RER D). Prévoir de l’eau et, en période chaude, un chapeau pour la traversée de l’Allée royale. À l’automne : pommiers, poiriers et cognassiers le long de l’Allée royale.

La Seine depuis les berges, puis vue d’en haut

Au début, on marche au plus près du fleuve entre les berges, les pontons et quelques petits bateaux. On traverse la Seine un peu en aval, au niveau du barrage de Coudray-Montceaux et de son écluse assez impressionnante, heureusement ouverte aux piétons. Puis le chemin monte, après le joli village de Seine-Port. La Seine reste là, mais en contrebas, pendant que l’on avance sous les arbres sur les coteaux de la forêt de Rougeau. C’est un petit accident du parcours qu’on aime bien : on ne quitte pas vraiment le fleuve, on change simplement de point de vue. Puis la forêt finit par reprendre toute la place, exit le belvédère sur la Seine.

Traverser Rougeau presque tout droit

Dans Rougeau, le parcours se remet à filer. On emprunte de longues portions rectilignes et des grands chemins, on croise de vieux arbres et quelques ouvertures, avec cette impression assez simple d’être loin alors que la grande couronne est toujours là, tout près. La randonnée ne cherche pas à multiplier les détours. Elle avance, change de cap, repart. C’est ce rythme-là qui fait le parcours.

Rougeau a eu plusieurs vies. Au Moyen Âge, les terres appartiennent aux Templiers. Au XVIIIe siècle, la forêt est aménagée pour les chasses de Louis XV puis de Louis XVI, avec ces grandes allées droites, celles que l’on emprunte encore. Au XXe siècle, l’urbanisation commence à la grignoter. La Région en rachète 800 hectares en 1968 pour la protéger, puis poursuit les acquisitions à partir de 1976 avec Ile-de-France nature (à l’époque, l’Agence des Espaces verts). Voilà aussi pourquoi on peut encore la traverser aujourd’hui sur des kilomètres.

Ce sauvetage a un contexte : la ville nouvelle de Sénart, dont on longe les franges pendant toute la randonnée. Décidée dans les années 1960 quand l’État dessine des villes nouvelles autour de Paris pour canaliser la croissance de l’agglomération, née officiellement en 1973, elle est la cinquième et dernière du genre en Île-de-France. Elle s’est construite sur la plaine céréalière de la Brie, entre Melun et Corbeil-Essonnes, et compte aujourd’hui près de 130 000 habitants. La chronologie mérite d’être regardée de près : la Région achète Rougeau en 1968, cinq ans avant la naissance officielle de la ville. Et Sénart elle-même s’est pensée dès l’origine comme une « ville verte », adossée aux forêts de Sénart, de Rougeau et de Bréviande. La forêt d’abord, la ville ensuite. C’est rare, et ça se sent sur le terrain.

La forêt régionale de Rougeau. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
La forêt régionale de Rougeau. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

L’Allée royale, une vraie bizarrerie

Entre Rougeau et Sénart, on tombe sur une vraie bizarrerie : l’Allée royale. Une ligne droite de 5,8 km et 50 mètres de large, tracée en 1751 par le financier Étienne-Michel Bouret pour relier les chasses de Louis XV au Pavillon royal. Le roi ne l’empruntera jamais, préférant arriver par la Seine. Deux siècles et demi plus tard, elle relie surtout deux forêts, Rougeau et Sénart, avec un château d’eau planté au loin et Carré Sénart pas très loin derrière.

À vélo, c’est magnifique, on file. À pied, c’est autre chose : on avance longtemps face à l’horizon et, au bout d’un moment, ça devient presque méditatif. S’il fait chaud, prenez un chapeau, parce qu’ici les arbres ne servent pas encore à grand-chose. Pour l’instant, l’Allée royale est une longue ligne droite ornée d’arbres. Île-de-France Nature, qui gère Rougeau pour la Région, y a planté plus de 500 séquoias et 1 700 arbres fruitiers. Un jour, ce sera un bosquet comestible : à l’automne, un véritable banquet pour les promeneurs ; l’été, une belle ombrière. Pommes, poires, coings : on a hâte !

On termine le parcours par une petite, toute petite traversée de l’immense forêt de Sénart. Et c’est là qu’on comprend que l’Allée royale n’est pas seulement un trait sur une carte : c’est un espace public naturel qui permet de traverser le paysage et d’aller d’une forêt à l’autre sans voiture. Youpi !

L'allée royale entre les forêt de Rougeau et de Sénart. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
L’Allée royale entre les forêt de Rougeau et de Sénart. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

À lire aussi : Sous les avions de Roissy, balade dans un marais inattendu

À lire aussi : La Végétale, 20 km pour passer tout naturellement des quais du métro aux berges de l’Yerres

À lire aussi : Une forêt interdite depuis des décennies ouvre ses portes à 30 minutes de Paris

À lire aussi : La Ceinture verte d’Île-de-France, 15 000 hectares de nature préservée et méconnue