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Dans les Yvelines, ce festival ne veut surtout pas devenir une « grande surface musicale »

Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR

500 personnes dans un parc de dix hectares, un manoir construit par un riche Américain, une boom hip-hop pour les enfants avant de basculer vers l'électro à la nuit tombée : samedi 26 septembre, le Château Éphémère organise son festival Chapiteau sonore à Carrières-sous-Poissy. Son directeur artistique nous explique pourquoi il préfère les petits festivals aux grosses machines.

« Une course au gigantisme »

Enlarge your Paris : Vous avez dix hectares de parc et vous limitez votre festival à 500 personnes. Pourquoi faire si petit ?

Vincent Merlet, directeur artistique et programmateur : Le monde des festivals traverse une crise énorme depuis plusieurs années : il y a eu le Covid, la baisse du pouvoir d’achat, mais aussi une course au gigantisme qui a fait exploser les coûts et les cachets. Beaucoup de modèles sont devenus extrêmement dépendants des têtes d’affiche.

Mais nous ne sommes pas du tout dans ce monde-là. On appartient plutôt à celui des micro-festivals. Et j’ai l’impression qu’ils tiennent mieux leur épingle du jeu.

Pourquoi ?

Parce qu’on privilégie la découverte, la curiosité et une expérience à taille humaine. Je co-organise aussi un autre festival, Coucool, limité à environ 2 000 personnes et complet chaque année depuis dix ans. Je crois qu’une partie du public se détourne un peu des énormes machines devenues parfois impersonnelles. On voit d’ailleurs des acteurs historiques revenir vers des événements plus petits.

Finalement, votre modèle, c’est un peu la décroissance appliquée au festival ?

Oui. On parle beaucoup de décroissance dans la société, mais cela vaut aussi pour la culture. Il y a une attente pour des formes plus douces, plus proches, moins dans la surenchère. À Chapiteau sonore, on attend environ 500 personnes. Elles seront proches des artistes, proches de l’équipe et pourront profiter de tout le parc. Le site est immense, donc elles ne seront pas les unes sur les autres. Ce qu’on cherche, c’est surtout de ne pas fabriquer une grande surface musicale.

Un château qui n’en est pas tout à fait un 

Revenons au lieu. C’est quoi, le Château Éphémère ?

C’est un projet qui existe depuis 2014. On se définit comme un tiers-lieu numérique parce qu’on est plusieurs choses à la fois. Le cœur de notre activité, ce sont les résidences d’artistes professionnels. Chaque année, on accompagne douze projets dans les arts numériques et douze autres dans les musiques électroniques. Les artistes viennent travailler ici pendant environ trois semaines. On leur fournit des espaces de travail et un logement. Dans les arts numériques, cela peut aller de la création sonore à la réalité virtuelle, en passant par le spectacle vivant ou les arts immersifs visuels.

Et le château, il ressemble vraiment à un château ?

Le mot est peut-être un peu pompeux ! C’est plutôt un petit manoir de style anglo-normand. Il s’appelait historiquement le château Vanderbilt, du nom du riche Américain qui l’a fait construire au début du XXe siècle. Et surtout, il est entouré d’un parc de dix hectares. Mais on n’est pas à la campagne : on est en pleine ville périurbaine, à Carrières-sous-Poissy.

Vous n’êtes pas seulement un lieu de résidence ?

Non. On a aussi une saison culturelle ouverte au public, avec notamment les soirées Hypersonic, gratuites, une fois par mois. Beaucoup des artistes que nous avons accueillis en résidence viennent y présenter leur travail.

On organise aussi des ateliers pour les enfants et les familles dans notre fablab autour du jeu vidéo, de la sérigraphie, de l’impression 3D ou de la découpe laser. Et puis il y a nos deux grands rendez-vous dans le parc : un open air électronique en juillet et le festival Chapiteau sonore en septembre.

De la boom des enfants au dancefloor

Justement, comment avez-vous imaginé Chapiteau sonore cette année ?

Cette année, on l’a déplacé de juin à septembre. D’abord pour moins cuire ! Mais aussi parce qu’en juin, il y a une concurrence énorme entre les festivals, les fêtes locales et tous les événements de fin de saison. On a aussi changé le format. Auparavant, le festival durait deux jours, avec un samedi plutôt festif et un dimanche davantage familial. Cette fois, on mélange tout sur une seule grande journée, de midi à une heure du matin.

Donc on peut venir avec des enfants et rester pour danser ?

C’est l’idée. Dans la journée, il y aura un spectacle pour les enfants, une sorte de boom hip-hop, des ateliers et une Agora avec les associations, artistes et structures avec lesquels on travaille toute l’année. Puis les concerts commencent en fin d’après-midi et la programmation devient progressivement plus électronique et dancefloor. À la tombée de la nuit, il y aura aussi un concert pyrotechnique de la compagnie La Brume.

Musicalement, vous êtes plutôt électro?

Le Château, clairement. Mais pour le festival, on ouvre davantage. Il y a de l’électronique, mais aussi de la pop, de la cold wave, de la soul, du rock. Atoem sera un peu la tête d’affiche, avec son électro-new wave très dancefloor. Il y aura aussi Caos 808, un duo franco-péruvien qu’on a accompagné en résidence et qui mélange hyperpunk, reggaeton et électronique, No Sex Last Night pour la cold wave, Violet Indigo et son univers breakbeat-pop, ainsi que Tout le monde s’appelle Clara, un quintet féminin davantage soul, rock et chanson.

Festival Chapiteau Sonore, samedi 26 septembre – de 12h30 à 1h. Château Éphémère, 2 chemin des grandes terres 78955 Carrières-sous-Poissy. Accès : RER A et ligne J puis navette ou 30 mn de marche. Infos et billetterie : https://chateauephemere.org/evenements/festival-chapiteau-sonore/

Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR
Le festival Chapiteau sonore. DR

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