
Près de deux mois après l’incendie qui a frappé le massif de Fontainebleau, 37 associations publient une tribune dans Reporterre. Elles demandent de ne pas répondre au feu par davantage d’artificialisation et de laisser plus de place aux dynamiques naturelles.
Après les pompiers, vient le temps des forestiers. Et, déjà, celui des débats sur ce qu’il faudra faire des secteurs touchés par l’incendie dans le massif de Fontainebleau, notamment aux Trois-Pignons. Dans une tribune publiée par Reporterre, 37 associations appellent à ne pas confondre protection et transformation de la forêt.
Leur texte vise notamment une défense contre les incendies qui, poussée trop loin, pourrait multiplier pistes, coupures et aménagements au détriment des paysages et des écosystèmes. Les signataires réclament parallèlement davantage de moyens pour l’ONF, une étude scientifique des effets du feu et une réflexion sur la manière dont les espaces brûlés vont se régénérer. Leur idée centrale : ne pas chercher à « reconstruire » Fontainebleau comme un monument endommagé, mais accompagner un milieu vivant.
La tribune met aussi en cause l’artificialisation des lisières et certaines monocultures de pins, jugées moins résilientes, et plaide pour davantage de diversité forestière et de réserves biologiques intégrales.
Cette tribune fait directement écho à une question que nous posions au lendemain de l’incendie des Trois-Pignons : et si les forêts avaient parfois besoin de ne pas nous voir ? Nous évoquions alors un « droit au répit », notamment pendant les épisodes de sécheresse et de canicule. Les 37 associations déplacent aujourd’hui la question du promeneur vers le gestionnaire : laisser respirer une forêt, ce n’est pas seulement accepter de ne pas y entrer. C’est aussi résister à la tentation de tout aménager, nettoyer ou réparer.
À Fontainebleau, l’après-feu ouvre donc une autre bataille : celle de savoir jusqu’où il faut intervenir pour protéger une forêt.
A lire sur Reporterre, « Artificialisation, monoculture… Tirons les vraies leçons de l’incendie de la forêt de Fontainebleau »
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3 septembre 2026 - Fontainebleau