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Ce week-end, Fontainebleau rouvre : Nos 8 randonnées pour retrouver la forêt

La forêt de Fontainebleau, une forêt tout en relief / © Adrien Laplanche pour Enlarge your Paris
La forêt de Fontainebleau, une forêt tout en relief / © Adrien Laplanche pour Enlarge your Paris

Après plus d’un mois de fermeture, 80 % de la forêt de Fontainebleau redevient accessible. Des sentiers de Denecourt aux berges du Loing, voici huit balades accessibles en train pour retrouver le massif — ou patienter sur ses lisières lorsque les secteurs incendiés restent interdits.

Si la randonnée a bien une capitale mondiale, elle se trouve à quarante minutes de oasse Navigo de la gare de Lyon. C’est en forêt de Fontainebleau que Claude-François Denecourt, vétéran des armées napoléoniennes sauvé de la mélancolie par les sous-bois, commence au XIXe siècle à tracer et baliser des itinéraires pour les promeneurs. Il contribue ainsi à inventer les premiers sentiers pédestres balisés au monde. Nous lui avions consacré un entretien avec l’historien Jean-Claude Polton.

Près de deux siècles plus tard, quelque 17 millions de visiteurs fréquentent chaque année ce massif de 25 000 hectares, parcouru par plus de 1 600 km de routes forestières et plusieurs centaines de kilomètres de sentiers balisés. 

L’incendie de juillet en a brutalement changé la géographie. Plus de 2 000 hectares ont été parcourus par le feu et certains secteurs emblématiques des Trois-Pignons resteront fermés pendant de longs mois. Mais avec la réouverture de 80 % du massif, annoncée vendredi 21 août, il est de nouveau possible d’en retrouver une grande partie.

À condition, évidemment, de respecter les secteurs qui restent interdits et de vérifier les conditions d’accès avant de partir. Voici nos balades, des classiques du cœur de Fontainebleau aux itinéraires de ses lisières.

Descendre du train en pleine forêt

C’est probablement la plus spectaculaire des entrées en matière. La halte de Fontainebleau-Forêt, desservie le week-end depuis la gare de Lyon, n’a ni bâtiment voyageurs ni guichet : on descend du train sur un petit quai posé à quelques mètres des arbres. De là, notre randonnée entre la halte Fontainebleau-Forêt et Fontainebleau–Avon traverse le massif sur 16,5 km en évitant quelques-uns de ses « hits » les plus fréquentés avant de rejoindre le château.

La halte est devenue au passage une petite célébrité des réseaux sociaux. Mieux vaut donc ne pas arriver sur le quai de la gare de Lyon trente secondes avant le départ.

Halte Fontainebleau-Forêt → gare de Fontainebleau–Avon (ligne R) — 16,5 km — environ 5 h. Vérifier que l’itinéraire ne traverse aucun secteur encore interdit avant le départ.

Le halte de Fontainebleau-forêt en forêt de Fontainebleau / © Helloways.com
Le halte de Fontainebleau-forêt en forêt de Fontainebleau / © Helloways.com

Le tour des rochers à vélo depuis Melun

Pas besoin d’attendre Fontainebleau pour commencer à pédaler. À 25 minutes de la gare de Lyon, une boucle de 33 km au départ de Melun rejoint les monts de Faÿ, la mare aux Évées et le rocher Cuvier-Châtillon.

On croise au passage des cyprès chauves aux racines aériennes, plantés sous Louis-Philippe, mais aussi les traces inattendues de l’exploitation pétrolière de la région : 31 puits ont fonctionné dans le secteur et près de dix millions de barils y ont été extraits entre 1958 et les années 1980. Le retour par les bords de Seine déroule ensuite les « Affolantes », ces villas à tourelles, bow-windows et vérandas construites par la bourgeoisie du XIXe siècle.

Boucle de 33 km depuis la gare de Melun (RER D, ligne R) — environ 5 h — dénivelé +239 m. Vérifier les secteurs forestiers accessibles.

La croisière verte de Fontainebleau à Nemours

C’est probablement la plus estivale de la sélection : 35 km à vélo entre Fontainebleau et Bagneaux-sur-Loing, avec des fougères géantes, Moret-sur-Loing, la Scandibérique, les berges du canal et, pour ceux qui veulent prolonger, une nuit en roulotte. Une manière aussi de comprendre que Fontainebleau ne s’arrête pas à sa forêt : le massif débouche presque naturellement sur la vallée du Loing.

Fontainebleau → Bagneaux-sur-Loing — 35 km — accès par Fontainebleau–Avon (ligne R). Location de vélos électriques à Fontainebleau.

Le Loing, paradis vert aux portes de la forêt

Pour ceux qui préfèrent rester en lisière, cette randonnée de 14 km au fil du Loing relie Montigny-sur-Loing à Moret–Veneux-les-Sablons en alternant sentes, chemins et voies de halage. On suit la rivière et le canal voulu sous Henri IV pour faciliter le transport des marchandises entre la Loire et la Seine, avant de rejoindre Saint-Mammès, ancienne capitale des mariniers.

Montigny-sur-Loing → Moret–Veneux-les-Sablons (ligne R) — 14 km — environ 4 h.

Marcher jusque chez Rosa Bonheur

Sept kilomètres suffisent pour passer des berges de la Seine à l’une des maisons d’artistes les plus singulières du Grand Paris. Notre balade de Saint-Mammès à Thomery mène au château de By, acheté en 1859 par Rosa Bonheur grâce au succès de son Marché aux chevaux. La peintre y vécut entourée d’animaux et d’un cercle presque exclusivement féminin. Elle fut aussi la première femme artiste décorée de la Légion d’honneur.

Saint-Mammès → Thomery (ligne R) — 7 km — environ 2 h. Château Rosa Bonheur, 12, rue Rosa-Bonheur, Thomery (77), réservation obligatoire.

Samois, la forêt vue depuis le fleuve

Cette escapade entre Seine et forêt permet d’aborder Fontainebleau par son flanc est, entre Bois-le-Roi et Vulaines-sur-Seine–Samoreau. À mi-parcours, Samois-sur-Seine rappelle que la forêt n’a pas attiré que les peintres et les marcheurs : Django Reinhardt choisit d’y finir ses jours. Sur l’autre rive, la maison de Stéphane Mallarmé à Vulaines conserve le souvenir des étés du poète au bord du fleuve.

Gares de Bois-le-Roi et Vulaines-sur-Seine–Samoreau (ligne R). Vérifier l’itinéraire et les éventuelles restrictions forestières avant le départ.

La forêt de Poligny, mini-Fontainebleau aux portes de Nemours / © Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
La forêt de Poligny, mini-Fontainebleau aux portes de Nemours / © Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Nemours, un Fontainebleau en modèle réduit

À l’autre bout de la ligne R, les boucles autour de Nemours offrent presque un condensé du paysage bellifontain : sable, blocs de grès, pins, fougères et quelques montées qui rappellent qu’en Île-de-France aussi, on peut trouver du dénivelé.

Le départ se fait depuis la cité médiévale, avec son château du XIIe siècle et l’île du Perthuis, avant de rejoindre le GR 13 et la forêt communale. À proximité, le musée de Préhistoire d’Île-de-France, dessiné par Roland Simounet, semble lui-même avoir poussé entre les rochers.

Deux boucles d’environ 10 km au départ de la gare de Nemours (ligne R). Musée de Préhistoire d’Île-de-France, 48, avenue Étienne-Dailly, Nemours (77).

En bonus : traverser les marais de l’Essonne

On quitte la Seine-et-Marne mais pas vraiment l’univers de l’eau, des arbres et des chemins. Entre Mennecy et Ballancourt, l’Essonne se transforme en un entrelacs de marais, d’étangs et de tourbières classés Natura 2000. Sur 9 km, on marche entre hérons, foulques et vaches Highlands, dans un paysage qui fut longtemps façonné par l’industrie papetière.

9,2 km — environ 3 h 30 — gares de Mennecy et Ballancourt (RER D).

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