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Dix ans après les voies sur berges, le cœur de Paris ne veut plus servir de raccourci auto

Le plan de la Zone à Trafic Limité.
Plan de la ZTL, la zone à trafic limité

Dix ans après la fermeture des voies sur berges, Paris veut empêcher les voitures de traverser son centre historique sans s’y arrêter. On a lu les 40 pages de l'étude d’Airparif pour voir si cette règle, encore appliquée sans amendes, a changé la circulation et la qualité de l’air.

Depuis le 5 novembre 2024, les automobilistes ne sont plus censés emprunter les rues des quatre premiers arrondissements pour couper à travers Paris. C’est le principe de la zone à trafic limité, ou ZTL : on peut toujours y entrer en voiture pour travailler, livrer, faire une course ou rendre visite à quelqu’un. Ce qui est interdit, c’est d’y passer sans s’arrêter. Le périmètre exclut notamment les Grands Boulevards, les îles et les quais de la rive droite.

La règle existe donc déjà, mais elle n’est toujours pas assortie d’amendes. La Ville de Paris maintient une phase dite « pédagogique » et ne donne pas de date pour le début des verbalisations. À terme, traverser la zone sans y avoir de destination pourra coûter 135 €. C’est dans cette situation un peu particulière, une interdiction en vigueur mais non sanctionnée, qu’Airparif a étudié l’évolution du trafic et de la pollution.

Moins de circulation dans le centre, mais pas sous le seul effet de la ZTL

Dans son étude publiée vendredi, Airparif compare la circulation de 2023, avant l’entrée en vigueur de la ZTL, à celle observée en septembre 2025. Elle a baissé de 18 % dans la zone, contre 8 à 12 % dans les autres secteurs parisiens étudiés. La différence est nette. Elle ne constitue pas pour autant un bilan de la seule ZTL : des pistes cyclables, des modifications de voirie et la baisse générale de la circulation ont également changé les trajets. Ces évolutions ont permis de réduire les émissions liées au trafic routier. Pour le dioxyde d’azote, polluant associé à la circulation, Airparif estime une légère baisse des concentrations à l’échelle de Paris, plus marquée près de certains axes. Selon ses calculs, plus de 90 000 Parisiens vivent dans des secteurs où l’amélioration de la qualité de l’air est observée.

Prochaines étapes : la mise en place de pénalités financières en cas de non-respect de la ZTL. Et la transformation du périphérique en boulevard urbain. La Ville de Paris annonce désormais un premier tronçon à la porte de Gentilly, en lien avec les communes voisines. Après les berges et les rues du centre, c’est sans doute là que se jouera la prochaine bataille sur la place de la voiture et l’air qu’on respire dans le Grand Paris.

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