Balades
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Pourquoi nos lecteurs vont-ils en forêt le week-end ? On leur a posé la question

Le halte de Fontainebleau-forêt en forêt de Fontainebleau / © Helloways.com
Le halte de Fontainebleau-forêt en forêt de Fontainebleau / © Helloways.com

De Paris aux villages de grande couronne, nous avons demandé à nos lecteurs randonneurs pourquoi ils vont en forêt. Pour prendre le frais, retrouver le calme ou simplement pouvoir marcher : leurs réponses racontent ce que ces espaces changent dans leur vie.

En partenariat avec Ile-de-France nature

Nous avons interrogé des lecteurs rencontrés lors de nos randonnées en Île-de-France. Ils vivent à Paris, en petite ou en grande couronne, et ne marchent pas tous autant. Mais chacun sait ce qui lui manque quand il ne peut plus sortir dans la nature. Un exemple concret : À 22 heures, pendant les canicules de juillet 2026, Amandine sortait promener son chien dans le bois près de chez elle, à Bouafle dans les Yvelines. Elle vit dans une maison avec jardin et sait qu’elle a de la chance. Avec la canicule, cela ne suffisait plus. « On crevait de chaud toute la journée. » Quelques minutes dans le bois le soir, « ca m’a un peu sauvé cet été. »

Nous avons demandé à des lecteurs d’Enlarge Your Paris, rencontrés lors de nos randonnées, ce qu’ils vont chercher dans les forêts et les autres espaces naturels d’Île-de-France. Nous pensions entendre parler de marche, de paysages, de sorties entre amis. Ils nous en ont parlé. Puis ils ont raconté autre chose : ce que la nature leur permet de faire dans une vie de ville, et ce qui se passe quand elle leur manque.

« Pas trois arbres dans une rue »

Nicole vit à Paris. Elle y a grandi, y est revenue après avoir vécu en banlieue et ne se voit pas avec un jardin. Elle se dit « franchement citadine ». Mais elle a besoin « des arbres » et « des oiseaux ». Pour cela, elle préfère prendre les transports et aller plus loin que de se contenter de « trois arbres dans une rue ». Elle sort marcher chaque semaine. « J’aime beaucoup la culture, mais je ne vois pas la vie sans la nature. Il faut les deux. » Lysa Capron a grandi en Martinique, près d’une rivière où sa famille allait pêcher, avec la mer tout près. Aujourd’hui, elle vit à Paris et rejoint la forêt dès qu’elle le peut. « Je suis dans mon élément », dit-elle. Une semaine sans forêt ? « Oh mon Dieu, je me meurs ! »

Delphine, 30 ans, habite au Bourget. Elle a grandi elle aussi avec l’habitude de marcher. Pendant ses études puis au travail, elle a remarqué qu’après un week-end en forêt, elle revenait « assez apaisée » le lundi. Myriam, 46 ans, cherche autre chose encore : le silence, et ce rythme de marche qui lui laisse le temps de réfléchir. Dans la nature, dit-elle, elle peut se sentir « poreuse avec l’environnement ».

Ces mots ne décrivent pas une pratique unique. Nicole veut retrouver des arbres sans renoncer à Paris ; Lysa, des paysages qui lui manquent ; Myriam, un endroit où laisser mûrir ses pensées. Toutes trois prennent pourtant du temps, et souvent les transports, pour sortir de leur cadre habituel.

Une gare, un passe navigo, puis un sentier forestier

Pour répondre à ce besoin, il faut pouvoir partir. Pierre, 34 ans, a découvert qu’il n’était « pas obligé d’aller jusqu’au fin fond des Alpes » pour randonner. Il trouve aujourd’hui des GR et des chemins accessibles avec son passe Navigo. Il fait désormais presque toutes ses randonnées en Île-de-France. « Si je marche pas chaque jour, je tourne en rond. »

Sorya a longtemps vécu à l’étranger. Aujourd’hui, elle prend son passe Navigo et part marcher en groupe pour « voyager tout en restant en région parisienne ». Le temps d’un après-midi ou d’une journée, elle se dit dépaysée. Laurent, 43 ans, a connu nos balades sur les réseaux sociaux après le Covid. Il a d’abord marché avec un groupe, puis continué de son côté. Trois histoires différentes, et la même possibilité : partir le matin, marcher ailleurs, rentrer chez soi le soir.

Mais partir ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Amandine utilise les transports pour découvrir d’autres coins de la région ; depuis son village, elle doit aussi compter avec la voiture pour rejoindre les transports dans ses déplacements quotidiens. Et Marie, à cause de tendinites, ne peut pas toujours envisager une longue randonnée. Elle fait des balades botaniques : s’arrêter devant une plante, chercher à la reconnaître. « Pas forcément besoin d’aller très loin, ni très longtemps. » 

Entre la carte d’une forêt et la possibilité d’y passer un après-midi, il y a donc une gare, un chemin à trouver, parfois une distance qu’on ne peut plus parcourir. Il y a aussi le fait de savoir qu’une sortie est possible même si l’on n’est pas un grand randonneur. Amandine continue à visiter les espaces naturels franciliens qu’elle connaît mal. Mais depuis cet été, elle pense aussi à ce bois tout proche où elle est entrée à 22 heures. Elle avait un jardin, une voiture et la possibilité de sortir. « Je ne sais pas comment on fait sans espace vert quand il fait aussi chaud », dit-elle en pensant à ceux qui vivent dans des quartiers plus urbanisés.

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La forêt de Fausses-Reposes, à cheval entre les Hauts-de-Seine et les Yvelines / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris
La forêt de Sénart (Essonne), 3000 ha (130 x le jardin du Luxembourg) accessibles par le RER D / © ONF
La forêt de Sénart (Essonne), 3000 ha (130 x le jardin du Luxembourg) accessibles par le RER D / © ONF
La forêt de Saint-Germain (Yvelines), 3500 ha (152 x le jardin du Luxembourg) accessibles par la ligne J et le RER A / © ONF
La forêt de Saint-Germain (Yvelines), 3500 ha (152 x le jardin du Luxembourg) accessibles par la ligne J et le RER A / © ONF
La forêt de Fontainebleau en Île-de-France / © ONF
La forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne / © ONF

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