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Après les incendies, Fontainebleau rouvre à 80 %

Reconnaissance de terrain en zone incendiée à Fontainebleau (Claire Nowak, Christophe Chantepy expert DFCI national et Sébastien Moullet Technicien Forestier. Photo ONF.
Reconnaissance de terrain en zone incendiée à Fontainebleau (Claire Nowak, Christophe Chantepy, expert DFCI national et Sébastien Moullet, technicien forestier). Photo ONF.

La baisse des températures et la fin de l’épisode caniculaire permettent la réouverture d’une grande partie du massif, annoncée ce vendredi par les autorités. Mais le feu couve encore sous terre dans les zones incendiées, parmi lesquelles des secteurs emblématiques des Trois-Pignons, qui resteront fermées pendant de longs mois. Au moins.

Un peu plus d’un mois après les gigantesques incendies de juillet, on va pouvoir retourner marcher dans une grande partie de la forêt de Fontainebleau. La préfecture de Seine-et-Marne doit annoncer vendredi 21 août la réouverture de 80 % du domaine, fermé au public face au risque d’incendie.

La baisse des températures et la sortie de l’épisode caniculaire rendent cette réouverture possible, sans signifier pour autant la disparition du risque. Jeudi 20 août, Météo France, dans sa météo des feux de forêt, classait encore la Seine-et-Marne et l’Essonne en niveau de danger feux « modéré ».

Ces dernières semaines, les restrictions avaient d’ailleurs largement dépassé Fontainebleau. En Essonne, l’accès aux bois et forêts de plus de 0,5 hectare, publics comme privés, ainsi qu’à leurs abords à moins de 200 mètres, avait été interdit jusqu’au 16 août. Des massifs très fréquentés comme la forêt de Verrières avaient ainsi été rendus inaccessibles.

Sous nos pieds, le « feu zombie »

À Fontainebleau, surtout, la fin de la canicule ne signifie pas que l’incendie est terminé.

Lorsque nous l’avions interrogée début août, Claire Nowak, responsable de l’unité territoriale de Fontainebleau de l’Office national des forêts, avait résumé la situation en trois mots : « En fait, ça brûle. » Le feu a disparu en surface, mais s’est enfoncé dans la tourbe.

« Le feu part dans la tourbe et continue à brûler sans qu’on le voie », nous expliquait-elle. Même lorsque tout paraît calciné en surface, le feu trouve encore sous terre de quoi se nourrir. Et son extinction dépend désormais largement de la météo : « Si on a des pluies très abondantes, le feu souterrain pourra être supprimé. »

Les pompiers et les forestiers vont donc continuer à rechercher et traiter les points chauds. Le 29 juillet encore, une reprise avait brûlé 16 hectares supplémentaires. « On est dans une phase beaucoup plus difficile à appréhender, où le risque est devenu presque invisible, mais toujours là », insistait Claire Nowak.

Les 25 Bosses ont parfois disparu du paysage

Les secteurs qui vont rester interdits ne sont pas anecdotiques. L’incendie a parcouru environ 1 900 hectares, dont 1 320 dans le massif des Trois-Pignons, l’un des grands terrains de randonnée et d’escalade franciliens. Le célèbre circuit des 25 Bosses a été directement touché. Et pas seulement à la marge. « À certains endroits, on ne le voit plus, il n’existe plus », nous racontait Claire Nowak dans un second entretien consacré à l’après-incendie. Des sentiers bleus historiques de Denecourt ont eux aussi été complètement traversés par le feu, jusqu’à devenir par endroits impossibles à distinguer au sol.

Des sites d’escalade ont également été atteints, notamment autour du rocher Cailleau. Certains blocs de grès ont souffert de la chaleur, tandis que les arbres dont les racines ont brûlé peuvent désormais tomber sans prévenir. Et c’est là que commence l’autre histoire de Fontainebleau : celle de la reconstruction.

Claire Nowak estime qu’il faudra environ un an rien que pour diagnostiquer et sécuriser les zones incendiées. « Nous parlons d’un an, pour installer cette durée-là dans les esprits. C’est symbolique : difficile de dire si ce sera 10 mois, 12 mois ou 14 mois. Mais c’est du temps long. Avant même de se poser la question de ce qu’on refait à l’intérieur de la forêt. » Et elle renverse au passage la logique de la fermeture : jusqu’ici, on interdisait l’accès aux massifs pour protéger la forêt des départs de feu humains. Dans les secteurs brûlés, ce sera désormais « pour protéger le public de la forêt » devenue dangereuse et transformée en zone de chantier.

La réouverture de 80 % de la forêt de Fontainebleau marque donc bien la fin d’une période. Mais certainement pas la fin de l’incendie : sous terre, le feu peut encore couver ; et dans les secteurs brûlés commence maintenant un chantier qui se comptera en mois.

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