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120 000 baigneurs cet été : nager dans la Seine est devenu une habitude parisienne

Baignade de Grenelle. Ville de Paris

120 000 baigneurs dans les trois sites de la Seine, 20 % de plus qu'en 2025 : la Ville de Paris a publié samedi 29 août son bilan de saison. L'événement de l'été dernier est devenu une routine d'été. Les baigneurs viennent en voisins, en métro ou à vélo, comme à la piscine du quartier.

L’été 2025, on plongeait pour l’histoire : un siècle d’interdiction levé, un an après les Jeux, la maire dans l’eau devant les caméras. L’été 2026, on a plongé parce qu’il faisait chaud. Les trois sites parisiens de la Seine (pont Louis-Philippe, Bercy, Grenelle) ont accueilli 120 000 baigneurs en huit semaines, contre 100 000 sur toute la saison 2025, annonce la Ville de Paris dans un bilan publié samedi 29 août. Avec les canaux, le total dépasse 180 000 : 51 000 au bassin de la Villette, 12 000 au canal Saint-Martin, dont 9 000 lors de l’ouverture anticipée de mi-juin décidée en pleine canicule par le maire Emmanuel Grégoire. En ajoutant les 33 000 nageurs des piscines extérieures d’été, Paris a compté 216 000 baignades en plein air.

Un équipement public comme un autre

La saison a ressemblé à celle d’une piscine municipale. Un gros mois de juillet, 70 000 entrées sous les canicules, puis un mois d’août plus calme, Paris vidé et la chaleur retombée. Des fermetures techniques, comme partout : Grenelle du 1er au 9 août pour les épreuves en eau libre des Championnats d’Europe de natation, Bercy et le pont Louis-Philippe par intermittence fin juillet après une pollution au fioul venue de la Marne. Et une qualité d’eau qui n’a plus fait débat : sans pluie, pas de déversement, là où juillet 2025 avait fermé les sites treize jours. La mairie note qu’un tiers des jours d’ouverture correspondait à un épisode de forte chaleur. La Seine a fonctionné comme ce qu’elle est devenue : un lieu où l’on va se rafraîchir quand il fait chaud.

Des voisins, pas des touristes

Le profil des baigneurs confirme la banalisation. L’étude de l’Atelier parisien d’urbanisme publiée en décembre 2025 l’avait établi : 62 % habitent à moins de trente minutes du site, 41 % viennent en métro ou en bus, 34 % à vélo, la voiture est quasi absente. Ce qui progresse de 20 %, c’est la fréquentation d’un équipement gratuit, à ciel ouvert, accessible en Navigo, avec vue sur Notre-Dame ou la tour Eiffel en prime. Un siècle après l’interdiction de 1923, la Seine a retrouvé ses baigneurs, et ils viennent en voisins.

Le maire de Paris promet « d’aller plus loin » en 2027. Le site du bassin de l’Arsenal, à la Bastille, reste à l’étude : Antoine Guillou, adjoint à la maire chargé de la Seine et des canaux, nous l’annonçait dès le 8 juillet. « La baignade est la partie visible de tout ce qu’on fait pour le fleuve », nous disait-il. Hors Paris, cinq sites ont ouvert cet été dans la Marne ; leur bilan n’est pas encore publié.

La baignade dans la Seine devant la BNF. DR
La baignade dans la Seine devant la BNF. DR

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