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Grande scientifique inconnue parce que femme : Elle n’aura pas sa gare. Elle sera sur la Tour Eiffel

La Gare de Polytechnique sur la future ligne 18 du Grand Paris Express, un temps nommée Marguerite Perey. François Narolles pour Enlarge your Paris

Elle fait partie des 72 femmes illustres dont le nom va être dévoilé ce 8 mars sur la Tour Eiffel, aux côtés des 72 savants masculins qui trônent là depuis 1889. On l'a choisie parce qu'elle vient du 93 — et parce que son nom a été, un moment, donné à une gare du Grand Paris Express, sur le campus de Saclay. C'était une immense scientifique.

On l’a découverte en travaux, lors d’une randonnée sur le plateau de Saclay. Le panneau de chantier disait Marguerite Perey. On a trouvé ça beau — une femme de science donnant son nom à une gare du Grand Paris Express, au cœur du campus scientifique le plus ambitieux de France. 

La gare s’appelle maintenant Polytechnique – Plateau de Saclay. Personne n’a voulu effacer quoi que ce soit. C’est juste la logique du projet : sur cette ligne conçue pour desservir le campus, les gares portent le nom des institutions, des monuments, des communes. Et sur le plateau, l’institution qui s’impose, c’est Polytechnique.

Marguerite Perey est née en 1909 à Villemomble, Seine-Saint-Denis. Fille d’un employé de banque mort à la guerre, elle ne peut pas se payer les études de médecine qu’elle voulait faire. Elle obtient un diplôme technique de chimiste en 1929 — le diplôme des filles sans fortune — et se présente à l’Institut du radium pour devenir la préparatrice de Marie Curie. À 19 ans. Sans bac. Dix ans plus tard, en 1939, cet enfant du 93 découvre le dernier élément naturel du tableau périodique de Mendeleïev. Elle l’appelle francium, en hommage à son pays.

Ni Curie ni Joliot-Curie, pourtant nobélisées, n’avaient réussi à entrer à l’Académie des sciences. Marguerite Perey, elle, y entre en 1962 — première femme de l’histoire à y siéger.

En janvier 2026, la Ville de Paris a reçu la liste des 72 noms de femmes scientifiques proposés pour rejoindre la frise de la Tour Eiffel, juste au-dessus des 72 hommes gravés par Gustave Eiffel en 1889. Marguerite Perey y figure. Son nom sera bientôt inscrit en lettres d’or sur le monument le plus regardé du monde.

Ce n’est pas rien. 

La Gare de Polytechnique sur la future ligne 18 du Grand Paris Express, un temps nommée Marguerite Perey. François Narolles pour Enlarge your Paris

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