
Sous les pistes d'Orly, 11 000 azulejos signés Vhils racontent le Grand Paris aux voyageurs de la ligne 14. Le street artiste portugais, qu'on suivait déjà dans le 13e il y a dix ans, s'expose aussi en surface : à la galerie Magda Danysz jusqu'au 20 juin et à la Villette jusqu'au 30 août.
On l’avait croisé il y a plus de dix ans dans les rues du 13e arrondissement, à l’époque de nos premières balades street art. Alexandre Farto, alias Vhils, y pratiquait déjà sa signature : creuser les murs au burin et au marteau-piqueur pour en faire surgir des visages géants. Là où les autres ajoutent de la peinture, le Lisboète retire de la matière – une archéologie inversée qui révèle ce que les façades ont sous la peau. La méthode lui a valu, dès 2008 à Londres, de voir son travail exposé aux côtés de celui de Banksy et de faire la une de la presse britannique. La suite : des fresques monumentales sur tous les continents, dont une de 30 mètres au siège de l’Unesco, offerte à Paris par le Portugal.
Depuis, Vhils a fait du chemin, jusque sous les pistes d’Orly. À la gare d’Aéroport d’Orly, sa fresque en azulejos « Strates Urbaines » – 34 mètres de long, plus de 11 000 carreaux bleu et blanc –accueille les voyageurs de la ligne 14 avec une énergie qui adoucit les correspondances. On ne la voit d’ailleurs qu’à moitié : l’autre versant attend l’arrivée de la ligne 18, prévue pour 2027. C’est un Grand Paris comme on l’aime qu’elle raconte : visages d’enfants, monuments de banlieue, et une tour Eiffel qui, pour une fois, ne prend pas toute la place.
Deux expositions pour le retrouver à Paris
Devenu artiste officiel – il a signé cette année le portrait du président portugais sortant Marcelo Rebelo de Sousa –, Vhils n’a pas pour autant déserté son premier atelier, la rue : à Lisbonne, son festival Iminente et sa galerie Underdogs défrichent depuis dix ans les talents des cultures urbaines. On peut le retrouver à Paris grâce à deux expositions. « L’interstice », à la galerie Magda Danysz (11e), prolonge l’expérience du métro : portes de wagons gravées, céramiques et affiches récupérées dans la capitale, et même une caisse de métro lisboète repeinte pour l’occasion. Jusqu’au 20 juin seulement, donc on se dépêche. Et « Beyond The Streets », grande traversée de l’histoire du graffiti à la Grande Halle de la Villette, où il présente une installation d’antennes paraboliques jusqu’au 30 août.
Infos pratiques :
« L’interstice », jusqu’au 20 juin à la galerie Magda Danysz, 78, rue Amelot, Paris (11e). Du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, entrée libre. Accès : métro Saint-Sébastien–Froissart, (ligne 8). Plus d’infos sur danyszgallery.com
« Beyond The Streets. Les légendes du street art et du graffiti », jusqu’au 30 août à la Grande Halle de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris (19e). Du mardi au samedi de 11 h à 19 h, le dimanche de 11 h à 18 h. Tarifs : de 15 à 29 €. Accès : Porte de Pantin (métro ligne 5, tram T3b). Plus d’infos sur lavillette.com
« Strates Urbaines », gare d’Aéroport d’Orly (ligne 14). Accessible aux horaires du métro, soit tous les jours de 5 h 30 à 1 h environ.

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11 juin 2026 - Orly