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À l’est du bois de Vincennes, l’hippodrome va rendre du terrain aux promeneurs

La grille de l’entrée des propriétaires de chevaux, hippodrome de Vincennes. DR

L'hippodrome de Paris-Vincennes va ouvrir une dizaine d'hectares au public d'ici à 2030. Modeste en surface, le geste pourrait rouvrir tout un pan de l'est du bois, ce versant que les Parisiens, faute de métro, ne connaissent pas. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a rien à attendre : il suffit de descendre à la gare RER A de Joinville-le-Pont pour découvrir une belle suite de parcs, de jardins et un arboretum en lisière de bois.

Chaque mètre carré rendu à la forêt est une bonne nouvelle. Alors quand on apprend que l’hippodrome de Paris-Vincennes va ouvrir au public une petite dizaine d’hectares d’ici à 2030, désimperméabilisés et paysagers, on applaudit. Même si ça paraît modeste sur le papier, en réalité, ça change la donne à l’est du bois.

L’est, c’est le Vincennes que personne ne connaît. Pas celui du château, du lac et des barques, où la foule s’agglutine côté Paris dès le premier rayon de soleil. L’autre. Celui qu’on n’atteint pas en métro mais en RER, à Joinville-le-Pont, là où le bois bute sur la Marne et les bretelles de Saint-Maurice. Sur cette lisière oubliée, le promeneur n’a longtemps eu que deux compagnons : des avenues à voitures et des kilomètres de grillage. La grande grille de l’hippodrome, justement, qui barre la forêt depuis 1863.

Alors une dizaine d’hectares arrachés au bitume et aux parkings, là, ça ne se mesure pas en pourcentage, ça se mesure en pas. C’est une frontière entière qui peut rebasculer du côté de la marche. À condition, évidemment, que ce soit fait pour le marcheur et pas pour la photo. De quoi avancer concrètement ce que le bois « fourre-tout » attend depuis deux siècles : arrêter d’être un patchwork d’enclaves grillagées pour redevenir une forêt qu’on traverse.

Pas besoin d’attendre 2030

Et le plus beau, c’est qu’il n’y a rien à attendre. Sortez à Joinville-le-Pont et vous y êtes déjà. Collées à la grille de l’hippodrome, route de la Pyramide, se succèdent trois merveilles ouvertes et gratuites : l’Arboretum de Paris et ses arbres venus du monde entier, le jardin de l’École Du Breuil, et le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont avec ses pavillons coloniaux que le lierre dévore lentement – on vous y emmène. De l’autre côté de la gare, ce sont les bords de Marne des canotiers, leurs guinguettes, leurs clubs d’aviron et l’île Fanac, qu’on remonte jusqu’à Nogent ou Saint-Maur.

Voilà tout l’enjeu de ces quelques hectares : faire de cette gare de banlieue oubliée le vrai seuil de l’est du Grand Paris à pied. L’hippodrome finira bien par baisser le pont-levis. La forêt, elle, vous attend déjà.

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