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Dans une boucle de Seine, escale à Port-Pastiche

La marina de Cormeilles-en-Parisis. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Une marina dans un coude de la Seine, un décor de conte de fées revisité et même une route du Littoral : depuis le 10 juin, Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise) a officiellement son port, là où s’élevaient pendant des décennies les silos de la cimenterie Lafarge. Bienvenue à Port-Pastiche.

Un plaisancier manœuvre son Riva, runabout italien en acajou verni, entre des pontons flambant neufs. On se croirait à Saint-Tropez ; on est à Cormeilles-en-Parisis, où la marina de 110 anneaux du quartier Seine Parisii, bâti sur l’ancienne cimenterie Lafarge, a été inaugurée le 10 juin. L’effet est très étrange. On arrive par la route du Littoral, qui soudain descend — et, dans un joli coude de la Seine, un peu isolé, surgit ce décor encore hérissé de grues, aux allures de château de Disneyland : une architecture qui fusionne – comme on le dit de la cuisine – le victorien, le grand siècle et le néo-normand, dans la lignée d’Eurodisney, du Plessis-Robinson et de leurs ancêtres Port-Cergy et Port-Grimaud. La filiation est d’ailleurs littérale : l’architecte Xavier Bohl est l’héritier de François Spoerry, l’inventeur de la cité lacustre varoise. L’exploitant du port, Fayolle Plaisance — qui gère aussi le port de l’Arsenal à Paris — voit déjà plus loin : « Nous souhaitons faire de ce port de plaisance une destination au cœur de l’impressionnisme, entre le musée d’Orsay, Giverny et Rouen », confiait au Journal du Grand le directeur du port.

Une marina sans gare

Sur l’autre rive pourtant, à travers les arbres, on distingue l’hippodrome de Maisons-Laffitte. L’environnement, lui, est très doux. Les habitants, arrivés l’été dernier, sont partagés : ravis de laisser leurs enfants vagabonder sans craindre les voitures, agacés de n’avoir encore qu’une boulangerie et une brasserie, un peu fiers aussi. Les voitures, elles, dorment dans de vastes parkings en soubassement ; pas de gare ici, celle de Sartrouville est à dix bonnes minutes de vélo. Le même vélo qui, par les berges, mène aux meulières d’Herblay et de La Frette-sur-Seine, ces « affolantes » qui rappellent que la villégiature en bord de Seine n’a jamais hésité à mélanger les styles.

Un siècle plus tard, le Grand Paris la réinvente, décor compris.

La marina de Cormeilles-en-Parisis. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

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