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Détox Grand Paris : 7 manières de prendre soin de soi avec son passe Navigo (et sans cramer sa CB)

Vous pensiez que pour déconnecter, il fallait un billet d’avion, un décor de catalogue et une boisson détox au nom imprononçable ? Qu’il fallait partir loin — et cher — pour prendre soin de soi ? Bonne nouvelle : la détox ne se cache pas dans un resort balinais. Elle se trouve aussi à deux stations de RER, au bout d’un sentier forestier, devant une œuvre qu’on regarde vraiment ou au bord d’une rivière où l’on peut enfin se baigner. Le Grand Paris regorge de remèdes simples, accessibles et souvent gratuits. Voici notre ordonnance pour une détox toutes saisons, sans avion, sans filtre insta… et avec votre passe Navigo.

 
Etang de l’Ursine en lisière du Bois de Meudon. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
 

Vous pensiez que pour déconnecter, il fallait prendre un billet d’avion pour se reposer dans un décor de page publicitaire ? Aller dans un endroit très très cher pour prendre soin de soi ? Boire des tisanes hors de prix en écoutant des podcasts de développement personnel ? On vous propose de sortir la détox de la séquence publicitaire saisonnière. Le Grand Paris regorge de forêts plus grandes que Manhattan, de fermes où l’on mange mieux qu’au supermarché bio, de musées où l’on médite au lieu de scroller, et même de rivières où l’on peut (enfin) piquer une tête. Voici notre ordonnance pour une détox toutes saisons — avec votre passe Navigo et sans publier une seule story.

1. Détox sylvestre : la forêt sur ordonnance

Saviez-vous que des cardiologues de la Pitié-Salpêtrière prescrivent désormais des « ordonnances muséales » et que la sylvothérapie — les fameux « bains de forêt » japonais — débarque dans les sous-bois franciliens ? L’Île-de-France compte une part importante d’espaces boisés : autant en profiter. La forêt de Montmorency était déjà le « cabinet de travail » de Rousseau, pour qui « la marche a quelque chose qui anime et avive les idées ». Deux siècles plus tard, 17 millions de visiteurs fréquentent chaque année Fontainebleau. Mais combien prennent vraiment le temps de respirer ?

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2. Détox alimentaire : manger paysan aux portes de Paris

« Février sans supermarché », ça vous dit quelque chose ? L’Île-de-France compte des centaines de fermes engagées dans l’agriculture biologique. De quoi remplir son panier sans code-barres ni plastique — et redécouvrir ce que « manger local » veut vraiment dire. « Il n’y a pas d’acte plus politique que celui de manger », martèle Olivier Darné du Parti Poétique, producteur du Miel Béton en Seine-Saint-Denis, dans un entretien qu’il nous a donné («La Ferme urbaine de Saint-Denis, dernière rescapée de la plaine des Vertus»). Cultiver des pommes de terre pour faire un atelier frites maison avec les enfants alors qu’on est juste à côté d’un McDonald’s ? C’est ça, la vraie détox.

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La forêt de Sénart / © Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
© Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

3. Détox aquatique : piquer une tête dans le Grand Paris

Après 55 ans d’interdiction dans la Marne et plus d’un siècle dans la Seine, on peut enfin replonger. L’héritage des JO, c’est aussi ça : des rivières redevenues baignables. « La baignade est un moyen de se réapproprier l’espace public », résume Laurent Neuville, ancien nageur olympique dans « J’ai testé la baignade dans la Marne (et j’ai aimé ça) ». Pendant longtemps, on a pris nos cours d’eau pour des égouts. Aujourd’hui, on recommence à y entrer. Physiquement. Collectivement. Et pour les plus téméraires, il y a même la Coupe de Noël dans une eau à 10°C.

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4. Détox culturelle : le musée sans selfie-stick

Et si on allait au musée pour se faire du bien — plutôt que pour cocher une case sur TripAdvisor ? « On va souvent voir les Nymphéas juste pour cocher la case Monet. Mais qu’en retire-t-on véritablement ? », s’interroge la guide Françoise Hotier dans un entretien qu’elle nous a donné (« Et si on allait au musée pour se faire du bien ? »). Il a été prouvé que se plonger dans une œuvre active des hormones relaxantes. Le bleu élargit le regard, le jaune procure de la joie. Encore faut-il prendre le temps de regarder. Des séances de méditation devant les toiles aux « slow visites » en banlieue, la culture se consomme désormais aussi en mode déconnexion.

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Le musée Marcel Proust à Illiers-Combray ouvert dans la maison de l'oncle et de la tante de l'écrivain / © Frédéric LIPZYC
Le musée Marcel Proust à Illiers-Combray ouvert dans la maison de l’oncle et de la tante de l’écrivain / © Frédéric LIPZYC

5. Détox bien-être : spa & papouilles version Grand Paris

Pas besoin de partir à Bali pour se faire chouchouter. À 6 km du périph’, lovés dans la forêt de Fausses-Reposes, les Étangs de Corot cultivent depuis 2008 le concept de « voyage immobile ». Traduction : entre les murs de cette hacienda bucoco-chic, on n’a plus guère envie de bouger. Entre les caves voûtées de Provins, les massages thaï diplômés Wat Po du Val-de-Marne et les soirées zen à 12 € dans les piscines du 93, le Grand Paris a de quoi rivaliser avec n’importe quelle destination wellness — sans le jet-lag.

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6. Détox urbaine : les friches où respirer en ville

Fermes en plein 93, guinguettes dans d’anciennes usines, jardins partagés sur les friches… Le Grand Paris invente une nouvelle façon de vivre la ville : plus lente, plus verte, plus collective. Le contraire d’un feed Instagram, en somme. À la Ferme du bonheur de Nanterre, depuis 1993, on partage la musique baroque et le fromage de chèvre, les écrits de Genet et le miel de banlieue, les fêtes électro et la dépilation des lapins angora. Roger des Prés, son fondateur « communiste pratiquant non-croyant », a inventé bien avant les autres l’antidote au burn-out urbain.

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Travaux des champs à la Ferme du bonheur à Nanterre / © Justine Bourgade
Travaux des champs à la Ferme du bonheur à Nanterre / © Justine Bourgade

7. Détox métro-boulot-dodo : randonner de gare en gare

Et si la vraie détox, c’était tout simplement de casser la routine ? Le Randopolitain, 100 randonnées de gare en gare organisées pendant trois ans par Enlarge your Paris, a prouvé qu’on pouvait partir randonner en forêt à pied depuis la porte Maillot. Si, si. Claude-François Denecourt, vétéran de l’armée napoléonienne, a inventé les premiers sentiers balisés à Fontainebleau en 1842. Près de 200 ans plus tard, la recette fonctionne toujours : on laisse sa voiture au garage, on prend le train, et on marche. 6 000 randonneurs l’ont fait. À votre tour.

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Bref, l’Île-de-France est un territoire largement non bâti, des rivières redevenues baignables, des fermes à portée de métro et des musées où l’on médite au lieu de photographier. Tout ça sans prendre l’avion. La vraie détox, finalement, c’est peut-être juste de regarder autrement ce qu’on a sous les yeux. Et de ranger son téléphone.

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