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Notre ordonnance contre le blues de septembre : forêt, expos et passe Navigo

La forêt domaniale de Carnelle. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Les vacances sont finies, les jours commencent à raccourcir beaucoup trop vite et septembre se tapit derrière ce week-end. Plutôt que de vous expliquer comment réussir votre rentrée, on vous propose une ordonnance de nature et de culture : des balades, des expos et quelques bonnes raisons de sortir son passe Navigo.

On ne va pas raconter d’histoires : l’été 2026 n’a pas été particulièrement reposant. Les canicules se sont succédé et près de 2 000 hectares de notre forêt de Fontainebleau ont brûlé. Malgré tout, c’était quand même l’été avec ses soirées dehors, ses départs improvisés et cette impression que les journées pouvaient encore déborder un peu.

Pour éviter que septembre ne se résume trop vite au trajet maison-bureau et au blues qui va avec, on a donc ressorti une vieille idée. En janvier 2025, l’ethnobotaniste Ramona Strachinaru nous expliquait que nous aurions probablement un jour des « ordonnances de nature ». Dans les Yvelines, la culture est déjà entrée dans la prescription : le dispositif SolYmusées permet à des soignants et à des travailleurs sociaux de proposer à certains publics des visites dans 18 musées et lieux patrimoniaux.

Nous n’avons pas encore de carnet à souches. Mais on peut déjà rédiger l’ordonnance.

Prescription n° 1 : retourner à Fontainebleau

Après plus d’un mois de fermeture liée aux incendies de l’été, une grande partie de la forêt de Fontainebleau a rouvert au public. Certains secteurs restent interdits et le massif porte encore les traces du feu, mais on peut de nouveau prendre le train depuis Paris et retrouver les sentiers de sable, les chaos de grès et les pins qui ont fait de Fontainebleau l’une des grandes échappées franciliennes.

C’est aussi une bonne occasion de ne pas reprendre exactement ses habitudes. Plutôt que de foncer vers les secteurs les plus fréquentés, on peut choisir une boucle accessible en train, marcher quelques heures et regarder autrement une forêt dont l’été a rappelé la fragilité.

Infos pratiques : départs possibles depuis Fontainebleau – Avon, Bois-le-Roi ou Bourron-Marlotte – Grez. Au départ de la gare de Lyon, compter environ 40 à 60 minutes selon la gare choisie.
Fontainebleau rouvre : 8 randonnées pour déguster la forêt de Fontainebleau

Prescription n° 2 : pousser la grille d’une forêt qui vient de s’ouvrir

Le bois du Piple est une autre bonne raison de sortir son Navigo en septembre. Cette forêt de 110 hectares, longtemps privée et fermée au public, se trouve à quelques centaines de mètres du terminus du RER A à Boissy-Saint-Léger. Son ouverture permet désormais de prolonger la balade vers Grosbois et la forêt Notre-Dame, au sein d’un ensemble boisé de plus de 4 000 hectares.

On peut y aller directement depuis Boissy-Saint-Léger, mais le plus beau est probablement d’en faire un vrai trajet. En partant de Brunoy, une randonnée d’environ 15 kilomètres suit l’Yerres puis le Réveillon avant de rejoindre le Piple. On part dans un paysage de vallée et on termine dans une forêt qui, il y a encore peu, était derrière des grilles.

Pour une rentrée qui donne parfois l’impression que tout se referme, c’est une destination plutôt bien choisie.

Infos pratiques : départ gare de Brunoy (RER D) ; arrivée à Boissy-Saint-Léger (RER A). Environ 15 km de marche.
De Brunoy au bois du Piple, une randonnée par l’Yerres et le Réveillon.
Et : La dernière grande forêt privée du Val-de-Marne s’ouvre au public

Les gardes montés d'Ile-de-France nature au Domaine du Piple. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Prescription n° 3 : profiter du retour des expos

Septembre, heureusement, n’est pas seulement le mois où l’on recommence à regarder la météo avec inquiétude. C’est aussi celui où les lieux culturels se remplissent de nouveau et où les expositions d’automne commencent à ouvrir pendant que certaines expositions d’été sont encore visibles.

À Pantin, Anselm Kiefer a installé plus de vingt toiles monumentales dans l’ancienne usine de chaudronnerie occupée par la galerie Thaddaeus Ropac. L’exposition Nymphäum reste visible gratuitement jusqu’au 25 octobre. Le lieu, un immense espace industriel à quelques stations de métro de Paris, mérite presque autant le déplacement que les œuvres.

Avant cela, on peut aussi profiter des derniers jours de WE ARE [still] HERE au Petit Palais, exposition gratuite consacrée au street art, visible jusqu’au 20 septembre.

Infos pratiques : Nymphäum, galerie Thaddaeus Ropac, 69, av. du Général-Leclerc, Pantin (93). Gratuit, jusqu’au 25 octobre 2026. Accès : métro Église de Pantin (ligne 5).
Anselm Kiefer installe ses toiles monumentales à Pantin

WE ARE [still] HERE, Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris 8e. Gratuit, jusqu’au 20 septembre 2026.
Le street art entre au Petit Palais avec « WE ARE [still] HERE »

Anselm Kiefer, Nymphäum. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Prescription n° 4 : garder une journée entière dehors

C’est probablement la plus importante : ne pas attendre le printemps pour recommencer à sortir.

On peut par exemple prendre le RER A jusqu’à Cergy et partir vers l’Oise et la forêt de l’Hautil. C’est une balade qui résume assez bien ce qu’on aime dans le Grand Paris : on quitte une ville nouvelle, on longe l’eau, on traverse des paysages agricoles puis on grimpe vers les bois. Le tout sans voiture et sans avoir besoin de transformer le week-end en expédition.

En septembre, les journées sont encore assez longues pour prendre son temps. On peut déjeuner dehors, marcher jusqu’en fin d’après-midi et rentrer à Paris avec 20 kilomètres dans les jambes plutôt que d’avoir 200 mails dans les doigts.

Infos pratiques : départ depuis Cergy, accessible par le RER A. Boucle entre Cergy, l’Oise et l’Hautil.
De Cergy à Conflans par l’Oise et la forêt de l’Hautil

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