
Fin août, les vacances s’achèvent et les lignes budgétaires se retendent. À Paris, le logement en occupe une part vertigineuse : une femme vivant seule consacre en moyenne 42 % de ses revenus à son loyer. Une nouvelle étude de l’Institut Paris Region mesure l’ampleur d’une pression qui déborde désormais largement la capitale.
Fin août. Les vacances se terminent, les cartables ressortent et, avec eux, les lignes budgétaires qu’on avait réussi à oublier quelques semaines. Cantine, transports, électricité, courses… et toujours, tout en haut de la pile, le logement. C’est donc peut-être finalement le bon moment pour se pencher sur la quatrième chronique consacrée au parc locatif privé francilien publiée cet été par l’Institut Paris Region. Parce que derrière les moyennes, elle raconte très concrètement ce qui attend une bonne partie des Franciliens à la rentrée.
Le chiffre qui pique, et qui dit quarante ans d’explosion des loyers
À Belleville, un 20 m² meublé se loue 800 euros. Vous gagnez 2 000 nets ? La moitié de votre salaire y passe. Selon l’Institut Paris Region, à Paris intra-muros en 2022, la moitié des locataires du parc privé consacrent plus de 34 % de leurs revenus à leur loyer. Les femmes seules, c’est 42 %. Ce qui s’est construit progressivement. Entre 1984 et 2020, les loyers franciliens ont été multipliés par 3,8. Paris d’abord. Mais l’onde s’élargit. Paris aujourd’hui, c’est 27,3 euros le mètre carré. Le reste de l’agglomération, 18,3. Et cet écart tend à se creuser depuis 2014.
« Des loyers insoutenables pour une part croissante de locataires ? » On comprend vite que le titre de cette étude publiée cet été ne devrait pas être interrogatif.
Une pression plus forte dans les quartiers populaires ?
Ce qui est contre-intuitif : ce n’est pas dans les beaux quartiers que ça blesse le plus. Les tensions entre loyers de marché et revenus les plus marquées sont concentrées principalement dans des communes centrales ou relativement centrales, où les ménages locataires comptent parmi les plus pauvres – sur une large partie du nord de l’agglomération parisienne, principalement en Seine-Saint-Denis et dans le sud du Val-d’Oise.
Et depuis quelques années, la structure change. Entre 2002 et 2020, les prix immobiliers ont été multipliés par 2,6, tandis que les loyers étaient multipliés par 1,5. Mais avec la remontée des taux immobiliers en 2023, les prix franciliens ont amorcé une baisse. Le capital se concentre désormais sur le flux : les loyers.
L’aide qui cache le système
Voilà le point de bascule : 442 800 ménages en Île-de-France – 28,7 % des locataires du parc privé – bénéficient des aides au logement. Sans elles, 78 % des ménages bénéficiaires locataires du privé se retrouveraient avec un taux d’effort supérieur à 40 %.
À l’heure de refaire les comptes de rentrée, le chiffre permet de mesurer ce que signifie vraiment le mot « logement » dans un budget francilien : pour une partie des locataires, ce n’est plus une ligne de dépenses parmi les autres. C’est celle autour de laquelle toutes les autres doivent s’organiser.
Pour aller plus loin, lire « Des loyers insoutenables pour une part croissante de locataires ? » — Institut Paris Region, 23 juillet 2026
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18 août 2026 - Paris