
Île-de-France Mobilités compare le prix d’un plein d’essence à celui du Navigo. On a refait le calcul avec le trajet moyen d’un Francilien qui va travailler en voiture : près d’un plein par mois, soit environ 103 €. Le Navigo coûte 90,80 €, deux fois moins pour un salarié.
Un plein de 50 litres de SP95-E10 coûte aujourd’hui près de 110 €, un mois de Navigo 90,80 €. Île-de-France Mobilités a mis les deux prix côte à côte ce lundi, dans un communiqué au titre tout en retenue : « Les transports collectifs, une valeur sûre face à l’explosion du prix des carburants ». L’autorité des transports prêche pour sa paroisse, c’est son rôle. Reste à vérifier que la comparaison tient pour ceux qui prennent vraiment leur voiture pour aller travailler, car un plein ne dure pas forcément un mois.
Le calcul, trajet moyen à l’appui
D’après l’Insee, un Francilien qui va travailler en voiture parcourt en moyenne 17,2 km (données 2019). Aller et retour, sur 21 jours travaillés, cela fait 722 km par mois. Avec une voiture qui consomme 6,5 litres aux 100 km, hypothèse retenue par la rédaction, il faut 47 litres. Au prix moyen de 2,19 € le litre de SP95-E10 relevé par Île-de-France Mobilités, la facture atteint environ 103 € par mois. Presque un plein, donc, sans compter l’assurance ni le stationnement. Un salarié qui télétravaille deux jours par semaine descend autour de 62 €. Les automobilistes les plus attentifs traquent les stations TotalEnergies, où l’essence reste plafonnée à 1,99 € le litre et le gazole à 2,25 €. Même à ce tarif, le trajet moyen coûte encore 93 € par mois, un peu plus qu’un Navigo plein tarif.
Car le Navigo, lui, ne coûte presque jamais plein tarif à ceux qui s’en servent pour aller travailler. Le forfait mensuel est à 90,80 €, et l’employeur en rembourse au moins la moitié, soit 45,40 € à la charge du salarié. Certaines entreprises montent à 75 %, ce qui ramène la facture à 22,70 €, précise Île-de-France Mobilités. Rapporté à la journée, le Navigo d’un salarié revient à 1,51 €, moins qu’un litre d’essence. Et il roule aussi le week-end, jusqu’aux trains du dimanche pour la forêt de Fontainebleau.
La grande couronne roule, Paris prend le métro
Le calcul ne vaut pas pour tout le monde. Selon l’Insee, 74 % des navetteurs franciliens dont le trajet se fait hors de la zone à faibles émissions du Grand Paris vont travailler en voiture, contre 27 % de ceux qui restent à l’intérieur. En Seine-et-Marne, la moitié des actifs font plus de 20 km pour rejoindre leur travail, quatre fois plus qu’à Paris. Là-bas, la voiture s’impose souvent faute de gare à proximité, et la facture grimpe avec les kilomètres. Pour ceux-là, Île-de-France Mobilités subventionne le covoiturage : 0,50 € le trajet pour un passager entre 2 et 20 km, 1,50 € au maximum, tandis que le conducteur touche de 2 à 3 € par passager transporté.
Méthode employée par la rédaction : 17,2 km × 2 × 21 jours = 722 km par mois ; 722 km × 6,5 l/100 km = 47 l ; 47 l × 2,19 € = 103 €. La consommation de 6,5 l/100 km est une hypothèse de la rédaction. Le prix du litre est la moyenne nationale du SP95-E10 citée par Île-de-France Mobilités le 21 septembre 2026. Télétravail : 3 jours par semaine, soit environ 13 jours par mois.
Lire aussi : Métro toute la nuit : le dernier RER est-il condamné à rester une frontière ?
Lire aussi : Minibus autonomes : vivre sans voiture en grande couronne ?
Lire aussi : J’ai testé le transport à la demande dans le Vexin après une belle randonnée.
Lire aussi : Le RER D en galère ? Mauvaise rentrée pour la ligne francilienne
23 septembre 2026 - Région Ile-de-France