
Nos Sourires revient au Kilowatt avec quinze jours de concerts, d’humour et de cirque. Et trois dates de Manu Chao déjà complètes. Mais surveillez la billetterie : une quatrième est toujours possible, tant l'artiste se sent chez lui dans cette scène de banlieue parisienne.
Enlarge Your Paris : Kilowatt fait sa rentrée avec le festival Nos Sourires. C’est quoi, ce festival ?
Aurélien Rozo, cofondateur et directeur du Kilowatt : C’est un festival qu’on a créé il y a deux ans et qui mêle humour, concerts et cirque. L’idée de départ était assez simple : dans une période où l’ambiance devient de plus en plus lourde, on a eu envie de répondre par le rire et de mêler concert, spectacles d’humoristes et rencontres. Cette deuxième édition, c’est une dizaine de spectacles sur une quinzaine de jours.
Qui vient jouer ?
On a notamment les humoristes Aymeric Lompret et Florence Mendez. Lompret est d’ailleurs déjà complet. On accueille aussi Astéréotypie, le collectif rock créé autour du Papotin. C’est vraiment un groupe incroyable. C’est du rock, du punk, quelque chose de très singulier, avec des musiciens autistes qui mettent une énergie unique.
Et puis il y a le retour de Manu Chao…
Oui. Il vient jouer trois dates, les 10, 13 et 15 octobre. Avec ces trois concerts, ça doit faire la 16e, 17e et 18e fois qu’il joue chez nous. Manu Chao est un peu chez lui à Vitry. Il est tombé amoureux du lieu, des gens. Quand il vient à Paris, il vient jouer ici.
Qu’est-ce qu’il trouve ici qu’il ne trouve pas ailleurs ?
C’est difficile à définir. C’est quelqu’un qui s’est toujours tenu assez loin du business et des grosses machines. Et au Kilowatt, il y a vraiment ce côté famille. C’est le mot qu’il emploie tout le temps. J’ai l’impression qu’il a trouvé un lieu qui ressemble à ce qu’il défend. Il s’y sent bien, entouré de gens avec lesquels il a des liens. Et puis le fait qu’on ne soit pas à Paris joue sans doute aussi. Il est à l’aise ici, en banlieue, extramuros. Il y a une alchimie.
Et ces trois concerts seront particuliers ?
Oui, parce que depuis pratiquement dix ans, il joue surtout en acoustique, à trois sur scène. Là, il reforme un groupe avec notamment une partie des musiciens de la Mano Negra et de Radio Bemba. Ce sont donc trois dates vraiment particulières. On ne sait même pas s’il rejouera ensuite avec cette formation.
Surveillez quand même la billetterie
Il reste des places ?
Non. Tout est parti en deux minutes. Après, on n’est jamais à l’abri d’une quatrième date. Mais ça, il est le seul à pouvoir le décider. Avec lui, ça peut arriver : « Bon bah allez, on en met une. »
Manu Chao est un cas à part, mais son attachement raconte peut-être quelque chose de ce qu’est le Kilowatt ?
Oui. Ça fait maintenant neuf ans qu’on est là et on approche les 80 000 spectateurs par saison, alors qu’on fonctionne essentiellement huit mois dans l’année. Ça fait de nous l’un des lieux culturels les plus fréquentés du Grand Paris. Et tout ça avec notre chapiteau.
Comment va économiquement un lieu comme Kilowatt aujourd’hui ?
Nous avons une particularité : on fonctionne sans subvention. On vit de la billetterie et du bar. Donc on ne subit pas directement les baisses de subventions à la culture. En revanche, on dépend complètement du pouvoir d’achat du public. Et là, oui, on le ressent. Les soirées coûtent de plus en plus cher à organiser, donc il faudrait augmenter les prix des billets, au moment même où les gens ont de moins en moins les moyens de les payer. À un moment, l’équation devient compliquée.
« Plus l’essence augmente, moins on vend de billets »
Vous le voyez concrètement dans la fréquentation ?
Oui. Plus l’essence augmente, moins on vend de billets. C’est très net. Ça dépend évidemment des événements. Avec un public très local ou parisien, on le ressent moins. Mais quand les gens viennent de plus loin, de Seine-et-Marne, de l’Essonne ou d’autres régions, le coût de l’essence a un impact concret.
Mais il y a quand même une fragilité : vous n’avez plus de bail sur le terrain d’EDF où est installé Kilowatt…
Non. On avait un bail précaire. EDF nous a ensuite demandé de partir du site. Il y a eu trois ans de procédures judiciaires, avec plusieurs décisions successives, et aujourd’hui ils ont définitivement gagné : juridiquement, on n’a plus de droit ni titre sur le terrain. Pour autant, ils nous laissent tranquilles pour le moment. La situation est un peu étrange : légalement, on sait qu’on doit partir, mais personne ne nous demande aujourd’hui de partir. Ça reste quand même une épée de Damoclès assez désagréable au-dessus de la tête.
Et cette situation se retrouve maintenant prise dans le projet Thermo Seine, prévu sur le site…
Oui, tout est lié. Paradoxalement, le débat autour de Thermo Seine nous donne même un peu d’air. Le projet est complexe, il fait beaucoup parler et il y a actuellement une concertation avec les habitants. Dans ce contexte, mettre dehors un lieu comme le nôtre, au moment même où EDF doit discuter de l’avenir du site avec la population, ce serait forcément compliqué. Kilowatt est devenu un lieu culturel important à Vitry et bien au-delà.
Et malgré cette incertitude, vous continuez à programmer comme avant ?
Oui. Ça fait neuf ans qu’on est là. On approche aujourd’hui les 80 000 spectateurs par saison sur huit mois d’activité. Donc on continue.
Infos pratiques : Festival Nos Sourires font désordre : du 26 septembre au 18 octobre 2026 au Kilowatt, 18 rue des Fusillés, 94400 Vitry-sur-Seine. Billetterie : programmation et réservations sur la billetterie du Kilowatt. Manu Chao : les concerts des 10, 13 et 15 octobre sont complets. Pas de billetterie sur place ni de liste d’attente annoncée pour ces trois dates. Une éventuelle quatrième date reste à surveiller sur la billetterie du Kilowatt.
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28 septembre 2026 - Vitry-sur-Seine