
Île-de-France Mobilités a présenté il y a quelques jours un projet de minibus sans chauffeur. Chez EYP, on a disséqué le communiqué de presse, et on y a surtout vu une manière de faire reculer la voiture en grande couronne.
En grande couronne, le principe des minibus existe déjà, mais avec un conducteur. Dans une quarantaine de secteurs ruraux et périurbains, Île-de-France Mobilités propose du transport à la demande : on réserve son trajet sur une application ou par téléphone et un minibus vient vous chercher à un arrêt défini.
Nous avions testé ce système dans le Vexin, au retour d’une randonnée. Pour qui connaît les horaires parfois très espacés des bus réguliers en zone rurale, ce genre de service change déjà pas mal de choses : plus besoin d’organiser toute sa journée autour de deux ou trois passages quotidiens, en général tôt le matin et tard le soir.
Le projet présenté il y a quelques jours par Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, consiste maintenant à faire fonctionner ce même principe. Mais sans conducteur à bord.
Des véhicules autonomes plutôt que des robotaxis
Quand on parle de véhicules autonomes, on pense tout de suite aux robotaxis en service à San Francisco ou dans plusieurs villes chinoises. Ou au giga projet de flotte de voitures autonomes de Tesla. Île-de-France Mobilités n’est pas une start up, elle vise autre chose en testant cette technologie là où les transports collectifs classiques sont les moins efficaces : dans les bourgs ruraux ou périurbains éloignés des gares où faire circuler un grand bus avec quelques passagers n’a guère de sens, parce que la population est et restera peu nombreuse.
Question territoire, Paris n’est donc pas concernée par cette première phase. Les secteurs envisagés se trouvent du côté de Paris-Saclay, Versailles Grand Parc ou Saint-Quentin-en-Yvelines. Des territoires où les distances entre gare, logement et emploi restent importantes, où les bus ne circulent pas toujours tard, et où aucun métro ne viendra résoudre tous les problèmes de desserte.
Concrètement, le calendrier est déjà posé. Un appel d’offres doit être lancé en 2027, puis une vingtaine de véhicules pourraient circuler à partir de 2028. Île-de-France Mobilités vise ensuite plus de 100 véhicules en 2030, pour un budget annuel qui pourrait atteindre 20 millions d’euros. Et le service serait accessible avec le passe Navigo, comme le transport à la demande l’est aujourd’hui.
Et si cela permettait de vivre sans voiture en grande couronne ?
C’est ce qui rend l’expérience intéressante. Dans une partie de la grande couronne, le problème n’est pas de rejoindre Paris ou la petite couronne pour travailler, mais simplement de parcourir la courte distance qui sépare un village d’une gare, d’un commerce ou d’une zone d’emploi. Quand les bus sont rares, la voiture reste souvent la seule solution. Des minibus à la demande pourraient donc combler une partie de ce manque et rendre un peu plus crédible une vie quotidienne sans voiture. Ils pourraient aussi servir à ceux qui ne peuvent pas facilement se rabattre sur le vélo, en raison de l’âge, de leur condition physique, d’un handicap ou simplement de distances trop importantes.
Le véhicule autonome est souvent présenté comme une technologie de centre-ville. En Île-de-France, ses premiers usagers réguliers pourraient au contraire être des habitants de Châteaufort, Milon-la-Chapelle ou d’autres communes où quelques kilomètres suffisent encore à rendre la voiture presque indispensable.
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14 septembre 2026 - Région Ile-de-France