Artdevivre
|

J’ai testé le transport à la demande dans le Vexin, après une belle randonnée

La boucle de la Roche-Guyon, dans le Vexin français. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Méconnu des urbains, le TAD d'Île-de-France Mobilités, pour "transport à la demande", dessert toute la grande couronne rurale. Pour les randonneurs, c'est la promesse de terminer une balade n'importe où — y compris au pied d'un château Renaissance du Vexin, ce que nous avons testé — avant de rentrer en transports, avec son passe Navigo. Et si c'était cela, le vrai luxe ?

Vendredi dernier, fin de rando au domaine de Villarceaux. J’étais parti le matin de la gare SNCF de Bonnières — dernière gare avant la Normandie — pour un parcours de 20 km dans le Vexin. J’ai commencé par suivre un parcours classique que les randonneurs franciliens connaissent bien : la boucle de La Roche-Guyon. D’abord parce que c’est sublime, et ensuite parce que c’est exigeant — 30 km entre les deux gares les plus proches, Bonnières et Mantes-la-Jolie. Je voulais faire une variante et pousser jusqu’au château de Villarceaux, qui se trouve en dehors du circuit. Problème : pas de gare à proximité de Villarceaux. Solution : le transport à la demande (TAD)

Pour ceux qui ne connaissent pas, Villarceaux c’est un domaine Renaissance de 70 hectares avec deux châteaux, des jardins à couper le souffle, propriété de la Région Île-de-France — et vraiment loin de tout. Pas de gare, peu de bus réguliers. C’est là que le TAD entre en jeu : on réserve un passage à une borne-relais, à une heure proposée par l’application, et le tour est joué. Il n’y a pas de parcours fixe, le petit bus vise une direction finale — une grande gare —, et ramasse les voyageurs inscrits sur son trajet.

Justement, à Villarceaux, l’arrêt est à deux pas du château. J’avais réservé quatre jours avant un trajet sur l’appli dédiée. Le minibus en direction de Mantes-la-Jolie via La Roche-Guyon était pile à l’heure. Le chauffeur a vérifié ma réservation sur sa tablette, j’ai validé mon Navigo, comme un bus normal. Et on est parti récupérer un autre voyageur dans un village voisin. Plus simple, il n’y a pas.

Pour les marcheurs, c’est un changement de paradigme complet : on n’est plus condamné aux boucles autour des gares. On peut traverser des paysages entiers, sortir des axes connus, inventer des itinéraires à sens unique — avec, à l’arrivée, un minibus qui vous ramène à la civilisation ferroviaire. Qui dit mieux ? 

Le Domaine de Villarceaux (95). Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

A lire aussi : Ceux qui aiment la rando (dans le Vexin) prendront le train

A lire aussi : La grande boucle de La Roche-Guyon, le graal du randonneur francilien

Un réseau parallèle qui couvre les quatre parcs naturels régionaux

Le TAD existe dans toute la ruralité francilienne — 41 secteurs couverts, du Pays de Limours à la Bassée-Montois, de Rambouillet à la Goële, du Créçois au Provinois. Officiellement, c’est conçu pour les habitants sans voiture : trajets domicile-travail, courses, rendez-vous médicaux. Mais c’est aussi une aubaine pour le tourisme sans moteur, et particulièrement pour les randonneurs qui veulent explorer les quatre parcs naturels régionaux de la région — bientôt cinq avec la Brie et Deux Morin.

Vexin français, Haute Vallée de Chevreuse, Gâtinais français, Oise-Pays de France : ces territoires sont par définition mal desservis. C’est leur raison d’être. Et c’est précisément ce qui les rend accessibles par le TAD.

3 secteurs à tester

Dans le Vexin, Villarceaux donc — 70 hectares de jardins Renaissance, un manoir du XVIe où Ninon de Lenclos fit scandale, un château Louis XV avec vue sur la campagne. Entrée gratuite. TAD secteur Vexin Ouest, direction Mantes-la-Jolie.

Dans le Gâtinais, le secteur Milly-la-Forêt dessert les abords de la forêt de Fontainebleau et ses chaos gréseux — avec la promesse de ne pas avoir à marcher jusqu’au RER D, pas si proche.  

Dans la Haute Vallée de Chevreuse, le TAD Pays de Limours permet d’échapper au terminus du RER B et à la foule des randonneurs dominicaux, pour atteindre des coins de la vallée de l’Yvette inaccessibles autrement. 

A lire aussi : Les parcs naturels d’Île-de-France, 2700 km2 de verdure aux portes de Paris

A lire aussi : Bientôt un 5e parc naturel 10 fois plus grand que Paris en Île-de-France

TAD, mode d’emploi

Télécharger l’appli TAD Île-de-France Mobilités. S’inscrire (une fois). Réserver son trajet — possible jusqu’à 30 jours à l’avance, et parfois jusqu’à une heure avant le départ selon les secteurs. Valider son Navigo en montant. C’est compris dans l’abonnement. Sans Navigo, le ticket SMS coûte 2,50 €. Seule contrainte : les minibus ne s’arrêtent pas n’importe où, uniquement aux bornes-relais identifiées sur l’appli. Ça demande donc un petit travail de repérage en amont pour caler son itinéraire de rando sur les points d’arrêt disponibles.

Le transport à la demande (TAD) d’Ile-de-France mobilités. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

À lire aussi : La carte des forêts d’Île-de-France accessibles en train

A lire aussi : Théodore Rousseau, le peintre porte-voix des arbres de Fontainebleau