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A Saclay, « le métro le plus rapide d’Île-de-France » entrera finalement en gare en décembre

La gare du Christ-de-Saclay, terminus provisoire de la ligne 18 vers l'Ouest en attendant le prolongement à Versailles. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
La gare du Christ-de-Saclay, terminus provisoire de la ligne 18 vers l’Ouest en attendant le prolongement à Versailles. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Cent kilomètres-heure, sept kilomètres de viaduc, des trains qui se parlent : la ligne 18 du Grand Paris Express ouvrira son tronçon Christ–de-Saclay / Massy-Palaiseau début décembre, une date dévoilée ce jeudi 25 juin. Vianney Elzière, directeur de projet à la Société des Grands Projets, raconte ce que ce métro va changer pour le plateau scientifique et pour les habitants du nord-est de l'Essonne.

En quoi ce métro est-il différent de ceux qu’on connaît à Paris ?

Vianney Elzière, Société des Grands Projets. Par sa façon de fonctionner. Sur la ligne 18, les trains communiquent directement entre eux. Sur les lignes classiques, chaque rame doit en quelque sorte demander la permission à un ordinateur central avant d’avancer. Ici, plus besoin : chaque train sait en temps réel ce que fait celui qui le précède et celui qui le suit, et il s’adapte tout seul. C’est plus souple, et c’est un système neuf à la pointe au niveau mondial.

Il ira plus vite ?

Nettement. La ligne 18 pourra rouler jusqu’à 100 km/h, là où le métro parisien historique plafonne autour de 25 et un bus autour de 13. En comptant les arrêts en gare, elle filera en moyenne à 65 km/h sur tout le parcours, d’Orly à Versailles. Même la ligne 14, déjà rapide, reste loin derrière. Ce sera tout simplement le métro le plus rapide d’Île-de-France.

Qu’est-ce que ça change pour ceux qui vivent ou travaillent sur le plateau ?

Tout d’un coup, le plateau devient une succession de gares à quelques minutes les unes des autres. Prenez Massy-Palaiseau, où l’on arrive aujourd’hui par le RER B, le RER C, le TGV ou le T12 : pour rejoindre Christ de Saclay, vous mettrez neuf minutes en métro, contre plus de trente minutes en bus aujourd’hui. Et il en passera un toutes les cinq minutes aux heures de pointe — et même davantage si besoin, bien plus souvent qu’un bus.

Est-ce que la ligne ira un jour plus loin, vers Nanterre ?

Qui sait. Le prolongement est inscrit au schéma d’ensemble du Grand Paris Express, des études sont en cours, et on prépare le terrain pour être prêts le moment venu. Au-delà de Nanterre, ce serait une autre ligne, la 19, à laquelle la nôtre se raccordera. Pour le voyageur, le trajet doit rester fluide d’un bout à l’autre, peu importe le numéro de la ligne.

Et vers l’est, du côté de l’Essonne ?

C’est une demande forte du territoire et là aussi des études sont en cours, chez Ile-de-France Mobilités. Ce prolongement vers l’est partirait d’Orly : le métro passerait sous les pistes de l’aéroport, puis sous la Seine, pour rejoindre Boissy-Saint-Léger — là où la région vient d’ouvrir le bois du Piple, 110 hectares, l’une des dernières grandes forêts privées du Val-de-Marne.

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué à mettre en place ?

D’abord la nouveauté de la technologie. Et puis le chantier : douze kilomètres de tunnel entre Orly et Palaiseau, et un viaduc de près de sept kilomètres ; c’est le plus long viaduc ferroviaire de France. Son seul cousin en Europe, c’est le pont d’Øresund, entre le Danemark et la Suède. Si ce n’est qu’il court au-dessus de la mer, alors que la 18 est au-dessus de la terre, au contact des maisons et des routes. 

Quels sont vos endroits préférés sur le plateau ?

Difficile de choisir, le plateau est très contrasté. J’ai un faible pour la gare de Christ de Saclay, à côté du CEA, parce qu’elle me rappelle ma jeunesse de scientifique avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Juste à côté, il y a aussi l’ancien le centre d’essai des propulseurs. C’est un carrefour où l’on sent que tout n’est pas encore écrit : le CEA est là depuis plus de soixante ans, mais autour, il reste à concilier les laboratoires, les entreprises et les fermes — il y a tous leurs champs à préserver. Et puis il y a le bourg de Saclay, avec ses vieilles fermes, que j’aime beaucoup.

À noter : la ligne 18 ne s’arrêtera pas là. Le tronçon reliant le plateau de Saclay à l’aéroport d’Orly — l’autre moitié de la ligne – doit ouvrir à l’automne 2027. La même saison verra arriver, après un semestre de retard sur le printemps initialement visé, la ligne 15 Sud, la plus longue ligne de métro jamais construite en France.

Le chantier de la gare Christ-de-Saclay, sur la ligne 18. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le chantier de la gare Christ-de-Saclay, sur la ligne 18. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
La Gare de Polytechnique sur la future ligne 18 du Grand Paris Express, un temps nommée Marguerite Perey. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le viaduc de la ligne 18 du Grand Paris Express. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

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