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À Cergy, le futur parc Dragon Ball doit s’installer entre ville nouvelle et terres agricoles

Depuis lundi, on ne parle que de ça : le projet de parc d’attractions saoudien, les milliards d’investissement, les emplois. On vous raconte le territoire où atterrirait le complexe touristique, dans la ceinture verte francilienne, dans l’un des plus beaux sites naturels de la région : la boucle de l’Oise qui va jusqu’à la Seine.

Mirapolis. DR

Vous avez vu passer l’annonce présidentielle ? Trois parcs à thème dans le Val-d’Oise, six milliards d’euros saoudiens, un premier parc consacré à Dragon Ball avec une ouverture souhaitée en 2031. L’investisseur, Qiddiya, est la branche loisirs du fonds souverain saoudien, qui construit déjà une ville d’attractions à côté de Riyad. Ce que l’annonce ne dit pas exactement, c’est dans quel paysage francilien Dragon ball va atterrir. Nous, on le sait, parce qu’on y a organisé une randonnée en mai. Le site choisi pour le projet saoudien XXL, c’est la friche de Mirapolis, à la lisière de la ville nouvelle.

Avant Dragon Ball, il y avait déjà un géant

Mirapolis : le nom dira quelque chose à ceux qui étaient enfants à la fin des années 1980. Pour les autres, il faut raconter l’histoire : Le 20 mai 1987, Jacques Chirac inaugure les 50 hectares du parc d’attractions de Mirapolis. Avec comme symbole un Gargantua de 35 mètres, verre de vin à la main, censé rivaliser avec Mickey et symboliser la culture française. Quatre saisons plus tard, c’est la faillite ; en 1995, la tête du géant est dynamitée. La même année, le parc naturel régional du Vexin français est créé au terme d’une bataille engagée par les agriculteurs du coin à la fin des années 1980, quand l’État avait voulu étendre la ville nouvelle vers l’ouest. L’année où le géant est tombé est celle où le Vexin a obtenu une frontière administrative pour bloquer l’étalement urbain. Va-t-on connaître une nouvelle saison de cette histoire avec à la clef un recul des terres agricoles ?

Fraises, tomates et tranche de brie

À l’est de la friche, côté ville nouvelle, c’est le coin des pavillons des années 1980, de l’A15 et de la Francilienne. À l’ouest, les champs, et à quelques centaines de mètres se trouve Sagy, première commune du parc naturel régional du Vexin français. Au nord, de l’autre côté de la route qui longe Mirapolis, se trouve la Cueillette de Cergy où la famille Thomassin fait ramasser fraises et tomates depuis 1976 sur une quarantaine d’hectares, au milieu d’une exploitation qui en compte près de 400. Vers le sud s’étendent la boucle de l’Oise et la forêt de l’Hautil, où Île-de-France Nature achète depuis 2009 des parcelles agricoles pour que la ville ne descende pas sur le coteau. Le site choisi est littéralement sur la frontière entre la ville et les champs.

Cette histoire nous en rappelle une autre, à l’autre bout du RER A, où la souris californienne a mangé sa tranche de brie et fabriqué une ville. Là-bas, en Seine-et-Marne, le parc d’attractions s’est tellement étalé que la campagne briarde réclame aujourd’hui un parc naturel pour lui tenir tête le bloquer dans la marche vers l’est. À Cergy, dans le Val d’Oise, c’est l’inverse : le parc naturel a bien été créé pour bloquer le béton. Reste à savoir comment il pèsera face à Sangoku, qui pourrait ne pas se contenter des 50 hectares de Mirapolis.

Pour voir la frontière avant les grues : de Cergy-Préfecture à Conflans-Sainte-Honorine, 23 km, une journée, en passant par les ruines de Gargantua.

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