Artdevivre
|

« Ciné Tarmac » : Offrez-vous une toile sur un Boeing au pied d’une fusée Ariane

Ciné Tarmac au Bourget. DR
Ciné Tarmac au Bourget. DR

Du 3 au 5 juillet 2026, le Musée de l'Air et de l'Espace organise la nouvelle édition de Ciné Tarmac : trois soirées de cinéma en plein air projetées sur le fuselage de son Boeing 747, avec une programmation — To the Moon, First Man, Aviator — qui fait écho aux ambitions spatiales d'Elon Musk, Jeff Bezos et de la NASA. Billetterie ouverte le 3 juin, à anticiper sérieusement.

Pendant qu’Elon Musk promet Mars pour après-demain, que Jeff Bezos envoie des milliardaires en goguette faire dix minutes d’apesanteur à 400 000 dollars la place et que la NASA prépare le retour des Américains sur la Lune avec Artemis, le Musée de l’Air et de l’Espace propose autre chose pour son rendez-vous estival : trois soirées de cinéma en plein air sur le tarmac du Bourget, projetées sur le fuselage du Boeing 747 du musée — avec la fusée Ariane à l’échelle 1 en arrière-plan. Du 3 au 5 juillet 2026, Ciné Tarmac revient avec une programmation qui rappelle ce qu’était la conquête spatiale avant qu’elle ne devienne un business plan pour nababs en mal de transcendance.

To the Moon de Greg Berlanti vendredi, comédie sur le marketing de la NASA et un faux alunissage imaginé en plan B par la Maison-Blanche — comme un avant-goût ironique de ce que pourrait devenir la communication spatiale à l’ère Musk. First Man de Damien Chazelle samedi, plongée intime dans les huit années d’entraînement de Neil Armstrong avant le 21 juillet 1969 : pas de tweets, pas de livestream, juste un pilote « un peu distrait » qui marche sur la Lune. Aviator de Scorsese dimanche, fresque de deux heures quarante-cinq sur Howard Hughes, milliardaire excentrique devenu pionnier de l’aviation civile entre deux tournages à Hollywood — figure tutélaire et embarrassante des Musk d’aujourd’hui, qui rêvent tous d’être lui sans en avoir le génie aéronautique. Trois films pour redonner au ciel un peu de mystère, là où l’époque ne lui laisse plus qu’une logique d’actionnaires.

La magie du ciel loin des nababs de l’espace

Projection vers 22h30, popcorn offert, transats à disposition, navette dédiée au départ de Gare du Nord. Tarif : 17 € (7 € pour les moins de 26 ans). Le musée ouvre dès 19h30 pour laisser déambuler dans les halls et grimper à bord d’avions mythiques — l’occasion surtout de (re)découvrir l’aérogare historique du Bourget, joyau Art déco signé Georges Labro en 1937, classé Monument historique, premier aéroport civil parisien et seul jusqu’à l’ouverture d’Orly dans les années 1940. C’est ici que Lindbergh s’est posé en 1927 après sa traversée de l’Atlantique, acclamé par 200 000 personnes. Et c’est ici, dans l’élégante salle des Huit Colonnes, qu’on prenait son billet d’avion quand voler était encore l’affaire de quelques privilégiés. Le bâtiment vaut à lui seul le déplacement, le cinéma sur le 747 c’est le bonus.

Deux choses à savoir avant de réserver. D’abord, la billetterie ouvre le 3 juin et l’événement affiche complet à toute vitesse : à anticiper sérieusement. Ensuite, même en plein été, une nuit sur le tarmac du Bourget n’a rien d’une nuit à Cassis — la dalle de béton ne retient pas la chaleur, le vent passe sans obstacle, et à 23h on est très vite content d’avoir prévu un pull, voire une petite laine sur les genoux. Vous voilà prévenus.

Infos pratiques : Ciné Tarmac 2026 au Musée de l’Air et de l’Espace, aéroport de Paris-Le Bourget. Du 3 au 5 juillet, à partir de 19h30. Tarif : 17 € / 7 € pour les moins de 26 ans. Billetterie en ligne uniquement, ouverture le 3 juin. Pas de vente sur place. Accès : Gare Le Bourget RER B + bus 152, ou navette dédiée depuis Gare du Nord. Infos sur museeairespace.fr

Lire aussi :  Comment j’ai réalisé mon rêve au musée de l’Air et de l’Espace : grimper à bord d’un Concorde

Lire aussi : L’Art déco comme vous ne l’avez jamais vu : 10 trésors du Grand Paris

Lire aussi : Bye-bye Orly. Dans le jeu de l’oie des aéroports franciliens, Air France avance d’une case