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À Pantin, on se baigne désormais là où passaient les wagons de marchandises

La baignade éphémère du canal de l’Ourcq à Pantin. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Ce mercredi 15 juillet, quelques dizaines de baigneurs ont refermé la première baignade ouverte à tous dans le canal de l'Ourcq à Pantin, lancée six jours plus tôt en pleine canicule. Là où couraient grillages et voie ferrée, on fait désormais la planche entre deux lignes d'eau. Prochaines sessions les 31 juillet et 2 août, avant les baignades promises dans tout le 93 à l'été 2027.

Il est 20 heures ce mercredi 15 juillet, les derniers nageurs sortent de l’eau au port de Pantin. Ils sont quelques dizaines à avoir profité de l’ultime créneau de cette baignade éphémère, ouverte le 10 juillet par le Département de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Pantin, pour faire face au troisième pic de canicule en moins de deux mois, puis prolongée jusqu’à ce mercredi soir pour cause de vigilance rouge. Six jours, de 16 h à 20 h, place Cécile-Brunschvicg.

Entre les petits pontons flottants et les lignes d’eau jaunes, on plonge à deux, on fait la planche bras en croix, on refait le monde en maillot sur une chaise de camping. Le Pantin populaire et le Pantin bobo se croisent dans le canal.

Un canal parisien, des grillages pantinois

Ici, pendant des décennies, on ne se baignait pas. On ne s’approchait même pas. Le canal de l’Ourcq appartient à la Ville de Paris, berges comprises. Site d’exploitation industrielle et commerciale, le canal était bordé de grillages qui en interdisaient l’accès. L’eau coupait Pantin en deux : d’un côté les Quatre-Chemins, de l’autre le centre-ville, et entre les deux un couloir de marchandises alimentant les « ventres de Paris ».

Là, précisément, où barbotaient cette semaine les Pantinois, courait une petite voie ferrée. Elle servait à charger et décharger les produits des Magasins généraux, cet entrepôt à l’architecture de paquebot devenu en 2016 le siège de l’agence de publicité BETC. Les grillages sont partis, pas l’industrie : sur une rive, la blanchisserie Elis et le technicentre TGV tournent toujours ; sur l’autre, se succèdent les publicitaires de BETC, les nouvelles terrasses et les péniches festives. On nage entre les deux, au milieu de ce qui est devenu l’une des plus belles avenues du Grand Paris : une avenue d’eau, sans voitures, où l’on pédale beaucoup, où l’on rame parfois et où l’on nage désormais.

Ce n’est qu’un début

Ces six jours de baignade sont présentés comme une expérimentation, appelée à se répéter chaque été lors des fortes chaleurs. Les élus, eux, promettent davantage de sites de baignade en Seine-Saint-Denis à l’été 2027 : à L’Île-Saint-Denis et dans la Marne à Neuilly-sur-Marne.

En attendant les piscines en eaux vives du 93, prochain plongeon ici même le vendredi 31 juillet de 14 h à 18 h, puis le dimanche 2 août de 10 h à 14 h. Les grillages ont mis un siècle à tomber. La prochaine baignade est dans quinze jours.

À lire aussi : L’Île-Saint-Denis va retrouver son ancienne baignade

La baignade éphémère du canal de l’Ourcq à Pantin. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
La baignade éphémère du canal de l’Ourcq à Pantin. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris