
Véligo passe à la vitesse supérieure. Flotte doublée d'ici à 2032, 19 modèles au catalogue, et surtout : des « Maisons du vélo » pour apprendre à pédaler, à réparer, et oser se lancer. Le petit vélo bleu de la Région ne se contente plus de louer : il veut créer des cyclistes.
Apprendre à pédaler à 45 ans, réparer une crevaison sans paniquer, oser enfin se lancer… Dès janvier 2026, les Franciliens auront où aller. À l’occasion de la présentation de sa nouvelle flotte – cargos, rallongés, tricycles, pliants, musculaires ou adaptés aux personnes handicapées –, Île-de-France Mobilités a dévoilé sa nouvelle arme pour tripler le nombre de cyclistes d’ici à 2032 : les Maisons du vélo.
Une quarantaine de ces espaces vont essaimer dans la région. Les trois premiers ouvriront à Ermont-Eaubonne, Juvisy et La Croix de Berny, suivis de six autres avant la fin 2026, d’Aulnay-sous-Bois à Palaiseau. Au programme : cours de remise en selle, ateliers de réparation, conseils, location courte durée pour essayer avant de s’engager. Car, soyons honnêtes : le vélo reste un phénomène urbain et plutôt CSP+. En grande couronne, les freins sont nombreux : l’ultra-domination de la voiture, le manque de culture vélo, et la peur de se lancer sur des axes pas toujours sécurisés. L’enjeu de démocratisation est énorme, et l’instauration de ces Maisons du vélo va dans la bonne direction.
Un modèle taillé pour la grande couronne
C’est là que le modèle Véligo prend tout son sens, bien différent de son cousin grand-parisien Vélib’. Car, si les deux services sont plébiscités, ils n’ont pas grand-chose en commun. Vélib’, c’est la location à l’heure dans le cœur métropolitain : on prend un vélo en station, on le dépose à l’arrivée. Pratique en zone dense, mais victime de son succès : entre l’usure, les vols et les dégradations, le service traverse régulièrement des crises qui exaspèrent les usagers. Véligo, c’est l’inverse : un vélo loué plusieurs mois, qu’on garde chez soi, qu’on bichonne, qu’on apprivoise. Pas de station à trouver, pas de rack vide à 7 h 45. Un modèle taillé pour la grande couronne, où les trajets sont plus longs et les stations inexistantes.
Parmi les nouveautés annoncées ce mois-ci – outre une hausse tarifaire de 10 % –, un vélo pliant qu’on peut enfin embarquer dans le RER ou le Transilien sans encombrer tout le wagon. Et ça, on aime bien. Seul bémol : une partie des Véligo a été détournée par des livreurs. La nouvelle offre, avec des modèles pros, vise à y remédier. Côté infrastructures, les pistes se déploient – réseau métropolitain, VIF régional –, même si le maillage reste à compléter et que le calendrier n’est pas vraiment respecté. Mais c’est une autre histoire.
Les neuf premières Maisons du vélo
Janvier 2026 :
- Ermont – Eaubonne (Val-d’Oise), ligne H
- Juvisy (Essonne), RER C et D
- La Croix-de-Berny (Hauts-de-Seine), RER B et tram T10
Printemps 2026 :
- Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), RER B, ligne K, tram T4
- Maisons-Alfort – Alfortville (Val-de-Marne), RER D
- Évry-Courcouronnes (Essonne), RER D
- Houilles – Carrières (Yvelines), RER A, lignes J et L
Automne 2026 :
- Cergy-Préfecture (Val-d’Oise), RER A
Fin 2026 :
- Polytechnique (Palaiseau, Essonne), métro ligne 18
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4 décembre 2025 - Île-de-France