Artdevivre
|

À l’École Du Breuil, on forme la génération de jardiniers qui va rafraîchir le Grand Paris

Tout le monde veut rafraîchir la ville. Peu de gens savent où s'apprend le métier. Réponse dans le bois de Vincennes, à l'École Du Breuil, qui forme les jardiniers de Paris depuis Haussmann et ouvre ce week-end des 30 et 31 mai son jardin et ses serres — à deux pas de l'arboretum et d'un troublant jardin colonial.

L’école du Breuil. DR

Les générations passent, chacune avec son obsession. Quand le préfet Haussmann et son ingénieur des promenades Adolphe Alphand fondent l’école, le végétal est affaire de prestige : il s’agit d’ourler les fameuses promenades parisiennes, de faire de l’arbre un ornement, une signature de la ville moderne. Aujourd’hui, l’enjeu a changé de nature. On ne plante plus pour décorer, on plante pour tenir : tenir face aux coups de chaud, et nous aider, nous, à les encaisser. Fraîcheur, ombre, résistance à la sécheresse — voilà le nouveau cahier des charges, et c’est ici, dans ce jardin désormais ouvert au public, dans ces serres qui ne le sont pas, qu’on réinvente la manière de faire jardin.

Tant qu’à venir, faites le tour du propriétaire. Juste en face, l’Arboretum de Paris — créé en 1936 comme laboratoire grandeur nature de l’école — déploie plus de 2 000 arbres de 650 espèces venues du monde entier. Et à dix minutes à pied, l’ancien jardin colonial, devenu jardin d’agronomie tropicale René-Dumont, raconte tout un pan, ambigu, de cette ingénierie du vivant : on y acclimatait jadis les plantes d’Afrique et d’Asie. C’est un univers entier qui se déploie là : une science des fleurs et des arbres, une école de la patience à l’heure où la ville a besoin, vite, d’apprendre à respirer.

Le plus beau, c’est qu’on y accède sans peine. On est dans le bois de Vincennes, mais pas du côté que les Parisiens arpentent d’ordinaire : ici, c’est la lisière du Val-de-Marne, à cent cinquante mètres à peine. On descend du RER A à Joinville-le-Pont — dix minutes de Nation — et l’on file sur une passerelle qui enjambe le périphérique et l’autoroute, presque bucolique, avant de s’enfoncer sous les ombrages du bois. On y croise parfois des cavaliers de l’hippodrome voisin, qui longent eux aussi le périph au pas, comme si de rien n’était. Quelques minutes encore et l’on débouche route de la Pyramide, devant la grille de l’École Du Breuil. 

Infos pratiques : Du Breuil en fête, les samedi 30 et dimanche 31 mai 2026. Vente de plantes produites sur place, visites du Jardin Remarquable et des serres, ateliers, expositions, restauration. Entrée libre. Le jardin est par ailleurs ouvert toute l’année, tous les jours : 9h-19h du 1er avril au 30 septembre, 9h-18h en mars et octobre, 9h-17h du 1er novembre à fin février.

Y aller — Route de la Ferme / route de la Pyramide, bois de Vincennes, Paris 12e. RER A, arrêt Joinville-le-Pont, puis ~10 min à pied (passerelle puis sentier sous bois). Bus 77 ou 201, arrêt École Du Breuil. Métro 1 Château de Vincennes puis bus 112, arrêt Carrefour de Beauté. Vélib’ station 12128, route de la Pyramide, juste en face de l’entrée. 

À proximité — L’Arboretum de Paris (50, route de la Pyramide, Paris 12e), en face de l’entrée du jardin, ouvert toute l’année de 9h30 à 18h30. Le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont (45 bis, avenue de la Belle-Gabrielle, Paris 12e), à dix minutes à pied, ouvert toute l’année de 9h30 à 18h30.

L’arboretum de Paris / © Emilie Chaix – Ville de Paris

Lire aussi : À Vitry, un parc quatre fois grand comme les Buttes-Chaumont va encore s’agrandir

À lire aussi : À Argenteuil, ceinture verte cherche agriculteurs

Lire aussi : Du bois de Vincennes aux Murs à pêches, une balade dans les jardins cachés de l’Est parisien