
L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) vient de publier une étude sur les nageurs de l'été 2025. Profil type : un riverain, venu en voisin, en métro ou à vélo, ravi de troquer la piscine municipale contre un grand bassin avec Notre-Dame en toile de fond.
On savait que c’était un succès. On ignorait qui avait sauté le pas. L’Apur vient de publier le premier portrait des baigneurs de l’été 2025 : 100 000 sur les trois sites parisiens (Bras Marie, Bercy, Grenelle) et le canal Saint-Martin, 50 000 dans la Marne à Maisons-Alfort et Joinville-le-Pont.
Surprise : ce sont d’abord des riverains. Six baigneurs sur dix sont Parisiens, 62 % habitent à moins de trente minutes du site. Ce qui les a fait plonger ? Le cadre, d’abord – nager face à Notre-Dame ou sous le pont de Grenelle, ça change des carreaux de la piscine municipale. Le rafraîchissement, ensuite, surtout à Bercy où l’on pouvait barboter jusqu’à 21 heures. La gratuité, enfin. Côté transports : 41 % sont venus en métro ou en bus, 34 % à vélo ou en trottinette, 21 % à pied. La voiture ? Quasi absente. Bref, on vient en voisin.
Le plus frappant : 85 % des baigneurs affirment que l’expérience a changé leur regard sur la Seine. Note de satisfaction globale : 9/10. Seul bémol, les horaires, contraints par le trafic fluvial – le Bras Marie n’ouvrait que le matin en semaine. Le site sera relocalisé en 2026 pour élargir les créneaux, et 34 autres sites sont à l’étude dans la métropole.
Pour en arriver là, il aura fallu des têtus. Le Laboratoire des baignades urbaines et ses plongeons « pirates », les Ourcq Polaires bravant l’eau à 10 degrés en plein hiver, Marne Vive organisant des Big Jump pour réclamer un fleuve propre, Enlarge Your Paris et OSS Swimm stars lançant avec des collectivités Ménage ton Canal pour nettoyer les berges à la main et plonger dans les canaux… Pendant des années, ils ont nagé hors-la-loi – ou fait bouger les règles – pour prouver que c’était possible. Les JO 2024 et leurs 1,4 milliard d’euros de travaux ont transformé l’utopie en réalité. Un siècle après l’interdiction de 1923, la Seine a retrouvé ses baigneurs. Et visiblement, ils comptent bien y rester.
Informations pratiques : « Fréquentations et publics des sites de baignade dans la Seine », une étude de l’Apur de décembre 2025. Téléchargeable ici
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29 janvier 2026 - Grand Paris