Culture
|

Le Large, nouveau centre d’art sur l’île Seguin, démarre sur les chapeaux de roues

Le Large – Centre d’art de la Pointe des Arts – Île Seguin. ©RCR Arquitectes et CALQ Crédit photo : Nicolas Trouillard
Le Large – Centre d’art de la Pointe des arts – Île Seguin. ©RCR Arquitectes et CALQ. Crédit photo : Nicolas Trouillard

Prendre le large sans quitter le Grand Paris ? C’est possible à la pointe de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, où le Large ouvre ses portes le 17 octobre. Pour inaugurer ce nouveau centre d’art contemporain, l’exposition « Moteur imaginaire » fait dialoguer art et automobile sur l’ancien site des usines Renault. Premier week-end gratuit, sur inscription.

Une Renault 9 transformée par le sel et la végétation, une Renault 12 chargée jusqu’au toit pour les retours au bled… Sur l’île Seguin, les voitures sont de retour. Mais cette fois, elles nous attendent dans les salles d’exposition du Large, le nouveau centre d’art contemporain qui ouvre le 17 octobre à Boulogne-Billancourt. Et dont nous avions visité le site en travaux cet été.

Le choix de l’exposition inaugurale, « Moteur imaginaire », ne doit rien au hasard. Le 31 mars 1992, la dernière voiture sortait des chaînes de l’usine Renault. Presque trente-cinq ans plus tard, l’automobile revient sur les lieux pour raconter ce qu’elle a changé dans nos vies, nos imaginaires et notre rapport au travail.

De l’art à la cantine

Au compteur : 120 œuvres de 55 artistes issus de 23 pays. L’exposition fait notamment revivre la collection artistique constituée par Renault entre 1967 et 1986, dont une cinquantaine de pièces sont présentées, certaines pour la première fois au public. On y retrouve Jean Dubuffet, Victor Vasarely, Jean Tinguely ou encore Julio Le Parc, dont la frise colorée égayait jadis les murs de la cantine de l’usine. De l’art contemporain à l’heure du déjeuner, en somme.

Mais « Moteur imaginaire » ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Dix-sept artistes contemporains ont été invités à intervenir. Bianca Bondi transforme ainsi une carcasse de Renault 9 avec du sel, de l’eau et de la végétation en un organisme en mutation. Quant à Mohamed El Khatib, il charge une Renault 12 jusqu’au toit pour évoquer les retours au bled et la mémoire de l’immigration. Une voiture pleine de bagages, mais aussi d’histoires, qui trouve une place particulière sur cette ancienne île ouvrière.

La Seine voisine, elle aussi, se fait entendre. Oliver Beer compose des paysages abstraits à partir des sons du fleuve, enregistrés pendant dix ans grâce à des micros immergés. De quoi découvrir autrement ce cours d’eau que l’on longe pour rejoindre les lieux.

Des carrosseries qui changent de genre

À ne pas manquer également, l’étonnante section « Objets du désir ». Judy Chicago détourne le capot automobile en y faisant surgir des formes féminines sans équivoque, tandis que Selma Selman peint des corps de femmes nues sur des éléments de carrosserie. De quoi bousculer l’imaginaire traditionnellement masculin et viril de l’automobile.

La dernière partie, « La machine humaine », s’intéresse à la place de l’humain dans un monde façonné par les données et les algorithmes. Avec son installation vidéo, Valentin Ranger imagine notamment une fusion entre corps humain et technologie.

Pour prolonger la visite, direction le Pathé, juste en face. Pendant toute la durée de l’exposition, un programme de cinéma mettra lui aussi les quatre roues à l’honneur, des Blues Brothers à Thelma et Louise, en passant par Le Corniaud. Ce dernier nous rappelle d’ailleurs qu’une voiture peut cacher bien des choses.

Infos pratiques : « Moteur imaginaire », du 17 octobre 2026 au 7 mars 2027 au Large, 3, parvis Amont, île Seguin, Boulogne-Billancourt (92). Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 h à 19 h, avec nocturne le vendredi jusqu’à 21 h. Tarif plein : 15 € ; tarif réduit : 10 €. Gratuit jusqu’à 26 ans. Plus d’informations sur le site du Large. Ouverture gratuite les 17 et 18 octobre sur inscription préalable.

Le Large – Centre d’art de la Pointe des arts – Île Seguin. ©RCR Arquitectes et CALQ Crédit photo : Nicolas Trouillard

À lire aussi : Large, le nouveau centre d’art de l’île Seguin, va ouvrir là où Renault produisait des 4L

À lire aussi : L’île Seguin rejoint enfin l’archipel des parcs de la Seine

À lire aussi : La Tour aux figures, une œuvre immersive pensée comme une rando en montagne

À lire aussi : Huit bonnes raisons de flâner sur les berges de Seine d’Issy à Saint-Cloud

À lire aussi : À pied, du métro Pont de Sèvres jusqu’à Versailles par le parc de Saint-Cloud et la forêt