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Un bento comme à Tokyo mais à Montreuil

La ville de Tokyo, l'une des places fortes de la gastronomie dans le monde / © Kevin Lau (Creative commons - Flickr)
La ville de Tokyo, l’une des places fortes de la gastronomie dans le monde / © Kevin Lau (Creative commons – Flickr)

De la banlieue de Tokyo à la banlieue de Paris, telle est l'histoire d'Okaeri, une cantine japonaise ouverte à Montreuil qui propose six nouveaux bentos par semaine. Journaliste pour Enlarge your Paris, Joséphine Lebard a fait le voyage à coup de métro.

En japonais, okaeri est la formule de bienvenue destinée à celui qui regagne son foyer. Celle que des enfants adressent à leurs parents quand ils franchissent le seuil de la maison après une journée de travail, par exemple. Sur la place de la Fraternité à Montreuil (Seine-Saint-Denis), c’est le nom d’une petite échoppe qui propose une cuisine japonaise simple et familiale. En salle comme en cuisine, le personnel vient de la banlieue de Tokyo.

Le ciel est aussi bas que gris en ce matin de mars, aussi on n’est pas mécontent de se réfugier dans la toute petite salle qui compte en tout et pour tout deux longues tables. Pour tester l’endroit, je suis accompagnée d’un hôte de choix, le verbicruciste Gaëtan Goron : c’est lui qui signe chaque jour la grille de mots croisés du quotidien Libération. Et, il le reconnaît lui-même, dans sa pratique professionnelle, les idiomes japonais sont fort utiles ! À l’instar du mot obi, la ceinture servant à fermer les habits traditionnels. Gaëtan consulte ses stats : « Sur 2 000 grilles, j’ai utilisé le mot 27 fois, c’est pas mal ! »

 
 
 
 
 
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Trois bentos au choix

Moi, je consulte la carte. Elle change deux fois par semaine et consiste en trois types de bentos : poisson, viande ou végétarien, avec trois accompagnements. Ce midi, nous avons le choix entre une poitrine de porc d’Auvergne mijotée à la taïwanaise, une croquette de saumon sauce légumes et une boulette de riz à la purée de prunes et sa feuille d’algue nori. Nori, justement, Gaëtan l’utilise souvent également. « D’ailleurs, dans le dictionnaire Larousse, il est considéré comme féminin, alors que Le Robert le tient pour masculin» Voilà une belle occasion de briller en soirée.

Mais retour au déjeuner. Ce midi, chaque plat est servi avec un œuf mollet shio tamago, un kinpira de carottes et de betteraves ainsi que du chou rave mariné à la bergamote. On ne va pas vous mentir : en cas de grosse faim, Okaeri n’est peut-être pas l’adresse qu’il vous faut. En revanche, question saveur, c’est l’empire des sens : le porc est bien fondant, la croquette de saumon a une panure aérienne qui a un petit goût de reviens-y, et le chou est relevé par l’acidité florale de la bergamote. Quant au thé au jasmin, il a une délicatesse qui détonne avec ceux que l’on rencontre trop souvent, âcres parce que trop infusés. Entre deux bouchées, Gaëtan nous soumet sa définition d’un autre mot japonais : « Fraise coupée en deux ». On sèche lamentablement. Il s’agit de Ise, ville nippone célèbre pour son sanctuaire. Reconnaissons-le, on ne se contentera pas d’une demi-fraise, nippone ni mauvaise, pour le dessert. Okaeri en propose dans sa carte mais nous profitons de notre venue dans le quartier pour tester une pâtisserie fort avenante à quelques rues de là. À suivre haïku sûr…

Infos pratiques : Okaeri, 8, place de la République, Montreuil (93). Ouvert du mardi au vendredi de midi à 14 h, le samedi de 11 h à 14 h. Accès : métro Robespierre (ligne 9). Plus d’infos sur Instagram

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