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Une passerelle entre les 4000 et le parc Georges-Valbon, ce n’est pas un fait divers

Le franchissement piéton/vélo de l’autoroute A1, en projet depuis fort longtemps pour connecter La Courneuve au parc départemental, devrait aboutir avec le lancement des travaux en 2027.

Le parc Valbon, « Central Park du Grand Paris », avec ses 420 hectares, va bientôt être relié à la cité des 4000 de La Courneuve par une passerelle piétons-vélos au-dessus de l'autoroute A1. Travaux prévus en 2027, ouverture à l'automne 2028. Pour nous, ce n'est pas un détail.

Le franchissement piéton/vélo de l’autoroute A1, en projet depuis fort longtemps pour connecter La Courneuve au parc départemental, devrait enfin se concrétiser : lancement des travaux annoncé pour 2027. On a repéré l’info dans Le Parisien : une passerelle va enjamber l’A1 pour relier la cité des 4000 au parc Georges-Valbon. Le projet est signé de l’architecte Marc Mimram, qui avait déjà imaginé au début des années 2000 une « passerelle paysage » au même endroit. À l’époque, il n’y avait pas l’argent. Cette fois, si.

Ça peut sembler anecdotique vu de loin. Vu d’ici, ça ne l’est pas du tout.

L’autoroute qui coupe deux mondes

L’A1, dite autoroute du Nord, sort de Paris en longeant le Stade de France, contourne le canal Saint-Denis puis traverse La Courneuve par le haut. Et là, elle ne se contente pas de passer : elle tranche.
D’un côté, la cité des 4000. De l’autre, le parc départemental Georges-Valbon, 420 hectares classés Natura 2000 – le plus grand parc du Grand Paris après les bois de Boulogne et de Vincennes.

Pour les habitants, c’est la double peine : subir le bruit et la pollution… et avoir sous les yeux un océan de verdure sans accès simple. Aujourd’hui, pour rejoindre le parc depuis les 4000, il faut passer sous l’autoroute puis longer une départementale. Pas vraiment une promenade.

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Un quartier longtemps isolé

La cité des 4000 sort de terre il y a un peu plus de cinquante ans, sur d’anciens terrains maraîchers, pour loger notamment des agents de la Ville de Paris. Elle deviendra un symbole des difficultés des grands ensembles : enclavement, pauvreté, services publics en retrait. La gare du RER B étant au sud de la commune, le quartier est resté longtemps à l’écart, coincé entre infrastructures et distances.

Le territoire pourtant ne se résume pas à ça. Sous l’église Saint-Lucien, fondée au XIᵉ siècle à la lisière des 4000, des fouilles ont révélé des sarcophages mérovingiens. À cent mètres, le moulin Fayvon accueille depuis des décennies des artistes américains en résidence et des collégiens de La Courneuve. Et bientôt, la future gare La Courneuve–Six Routes du Grand Paris Express placera le quartier à quelques minutes de Saint-Denis–Pleyel.

Bien plus qu’une passerelle

Le maire actuel, ancien ouvrier de l’emblématique usine Babcock, ne se représentera pas aux municipales de 2026. Cette passerelle comptera parmi ses dernières décisions. Et elle a une portée qui dépasse largement son tablier métallique. Parce qu’au fond, ce projet n’est pas qu’un équipement. C’est une réparation urbaine.

Et si une simple passerelle peut reconnecter un quartier entier à son parc, combien de coupures du Grand Paris attendent encore la leur ?

Le chantier de la gare du Grand Paris Express à La Courneuve / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris
Le chantier de la gare du Grand Paris Express à La Courneuve / © Jérômine Derigny pour Enlarge your Paris

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