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À Villarceaux, on vient pour visiter, on reste pour rêver

Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

On vient à Villarceaux pour ses deux châteaux, ses jardins Renaissance ou à la française, et sa programmation culturelle. On y reste pour son charme et ce qu'il y a tout autour : un Vexin protégé jusqu'à l'horizon, un village fluvial sous une falaise, un marché paysan le dimanche, et la Seine qui se traverse en bac. À 70 km du périph.

Samedi. Au cœur du Domaine de Villarceaux

Déjeuner à la Bergerie, en attendant l’ouverture du Domaine

Le domaine régional de Villarceaux n’ouvre qu’à 14 h, et c’est très bien comme ça. On a le temps de se préparer. À deux pas du domaine, la Bergerie de Villarceaux abrite à la fois un fournil, une coopérative et une ferme bio. J’achète du pain au levain cuit sur place. Il y a même un panier pain de la veille à prix doux, des fromages à fort caractère, de la viande séchée, des légumes de saison. Côté coopérative, qui soutient depuis vingt ans les producteurs du Vexin, je suis accueilli par Sophie, bénévole. Elle me sert Les Girouettes : un domaine viticole tenu par un céréalier qui a planté de la vigne, dit-il, parce qu’il en a assez de passer sa vie seul sur un tracteur dans ses 300 ha. Trois cuvées – L’Obstinée, L’Indécise, L’Opulent – qui sont les caractères de ses trois enfants. Il en rit. Je repars avec une bouteille, après avoir largement testé les cuvées.

On déjeune sur la pelouse devant la Bergerie, avec ce qu’on vient d’acheter. Le pique-nique ne peut avoir lieu qu’ici : à l’intérieur du domaine régional, c’est interdit, sauf lors du Samedi à la campagne, journée saisonnière justement consacrée à ça.

Infos pratiques : Bergerie de Villarceaux, Chaussy (95). Vente à la ferme samedi matin, dimanche à partir de 15 h. Plus d’infos sur bergerie-villarceaux.org.

Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Mille ans d’architecture, dans l’ordre

J’ai pris mon temps à la Bergerie. Je presse maintenant le pas pour arriver à l’heure au domaine. La voiture laissée au parking, je traverse un dédale de haies et d’allées avant de franchir la grille. Et là, soudain, tout s’ouvre. En quelques mètres, le paysage se déplie : une tour médiévale sur la gauche, un jardin monastique sur la droite, un manoir Renaissance face à moi et des étangs partout. Un étonnant mélange d’époques et de styles, organisé autour d’un plan d’eau paisible peuplé de carpes et de cygnes. C’est ça, le mot juste : ici, tout se déplie, époque après époque.

Pour visiter les bâtiments, il faut suivre la visite du samedi à 14 h 30, gratuite. Notre guide s’appelle Milena. Elle vit à côté et travaille à Villarceaux depuis 20 ans, c’est-à-dire depuis l’ouverture du château au public en 2002. Au début, on se dit qu’une heure trente, ça va être long. On est déçu de la quitter à la fin. Parce qu’elle n’est pas seulement guide : elle raconte les potins amoureux du Grand Siècle comme une journaliste. Drôle, acérée. Ninon de Lenclos, courtisane libertine du XVIIᵉ, qui venait ici en villégiature avec son amant le marquis de Villarceaux, est ressuscitée en deux phrases. On entre dans son manoir Renaissance et ses plafonds peints, en imaginant les jours heureux de la belle Ninon. Puis on file vers la tour médiévale avec une source dans la cave : eau courante avant tout le monde !

« On chassait, on recevait, on se promenait. La grande distraction de la villégiature, c’était la promenade. » Milena, guide conférencière au Domaine de Villarceaux.

On attaque l’ascension vers le château haut, le bien nommé. Perché sur sa terrasse au bout d’un double escalier de fer forgé, il offre un panorama qu’aucun lecteur n’imagine en Île-de-France : pas un pylône, pas une antenne, pas une route. On est au cœur d’un triple zonage protégé : Parc naturel régional du Vexin français, Natura 2000, Monuments historiques : le paysage est garanti pour longtemps.

En ce moment, le château accueille les œuvres de la plasticienne Violaine Laveaux, qui a disséminé ses sculptures en grès, porcelaine et laiton dans les pièces meublées. Sur la grande table de la salle à manger, dressée dans l’attente d’invités improbables, des fruits de céramique se mêlent à la vaisselle ancienne et aux candélabres d’argent. C’est à la fois troublant et juste. Notre guide nous raconte que ce n’est qu’un début : une résidence internationale d’artistes est annoncée au premier étage du château haut pour 2027. Ce sera une « Villa Médicis francilienne ». Bien sûr qu’on viendra voir.

Après la visite, je m’échappe seul dans le parc à la découverte des sauts-de-loup en perspective ornés de statues : ce sont des fossés secs sans muret qui ouvrent la vue sur la campagne sans qu’on aperçoive la moindre clôture. Pendant que je marche, je repense à ce que m’a dit la guide. Ici, au XVIIIe siècle, on apprenait à marcher sur l’herbe. C’était chic.

Infos pratiques : Domaine régional de Villarceaux, Chaussy (95). Ouvert du 4 avril au 1er novembre 2026, du mardi au dimanche de 14 h à 18 h. Visite guidée gratuite à 14 h 30. Pique-niques interdits dans le domaine sauf lors des Samedis à la campagne. Histoire complète du domaine sur iledefrance.fr.

Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Pour ceux qui veulent jouer : un escape game

Si l’on a encore de l’énergie, le domaine propose un escape game dans les anciennes écuries de la ferme XVIIIᵉ. Je tombe sur Pierre Wagner, qui a déjà conçu des jeux pour les châteaux de Versailles et de Champs-sur-Marne. Costumé en laquais, superbe, il accueille les joueurs avec une passion communicative pour l’histoire, le scénario et le décor. Un nouveau jeu autour de l’affaire des poisons – l’époque de Ninon, justement – est annoncé pour septembre 2026, à destination du public adulte. Il me raconte que, selon les week-ends, le domaine déborde quand il y a des concerts costumés, des ateliers céramique, des balades au crépuscule et des lectures sous les tilleuls.

Infos pratiques : Escape game au domaine de Villarceaux. Réservation conseillée. Nouveau jeu adultes à partir de septembre 2026.

Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

L’après-visite : rêver, jusqu’à 18h tapantes

À Villarceaux, après la découverte du patrimoine, on rêve. On lit sous un charme, on fait la sieste sur la pelouse, on marche dans l’avenue de tilleuls taillés. Les oies bernaches passent en faisant un peu de bruit. Au-dessus de Vétheuil, sur les coteaux, un avion remorque un planeur jusqu’à l’aérodrome de Chérence et le décroche en silence. La pelouse est piquée de sauges des prés.

À 18 heures, on se fait gentiment virer. On sort en faisant le détour le plus long possible. La lumière tombe, on voit mieux toutes les touches de vert, et c’est seulement là, en quittant le domaine au chant des crapauds, qu’on se rend compte qu’on a passé l’après-midi à ne pas faire grand-chose. Et que c’était peut-être ça, le programme. La villégiature des aristocrates du XVIIIe siècle, pour tout le monde.

« Je suis déjà rassasié de beaux paysages. »

Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Se rafraîchir au club-house, dans un château XIXᵉ

Pour prolonger le plaisir, je traverse la route et je rejoins le restaurant du golf, installé dans le château néo-Renaissance bâti au XIXᵉ sur l’emplacement de l’ancien couvent bénédictin. Cheminée couverte de stuc, médaillon et guirlandes, bar lambrissé de chêne foncé, terrasse face au parcours, étang en contrebas. On boit une eau gazeuse avec une rondelle de citron sur fond de green. Luxe, calme et volupté, ça fonctionne assez bien ici.

Infos pratiques : Golf de Villarceaux, Chaussy (95). Restaurant et bar ouverts au public.

Le restaurant du Golf de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Dormir à La Roche-Guyon, dîner sous la falaise

Direction La Roche-Guyon, à dix minutes. C’est déjà une autre atmosphère : un village fluvial encaissé sous la falaise calcaire, où passent la Seine à Vélo et le GR2. Touristes et randonneurs le jour, village habité le soir : dès qu’on quitte les deux rues qui entourent le château, on est ailleurs. Les jardiniers s’occupent de leurs jardins dans des parfums de printemps. Les maisons sont en pierre blanche de la région, parfois en brique… on est sur une frontière : la Normandie est au fond à droite.

Pour le dîner, je tente la Grotte à Bières : une brasserie artisanale installée dans une maison troglodytique creusée à même la falaise calcaire. Avant d’y aller, je descends sur les quais de Seine avec un bouquin. Je fais semblant de lire. Je regarde les oiseaux venir prendre leur dîner un peu partout. Deux ou trois péniches passent. Quelle paix !

Pour dormir, il y a plusieurs options. La Bergerie de Villarceaux propose des chambres, mais ce week-end-là elle est privatisée. Restent les nombreux Airbnb autour du village de Chaussy. Ou, et c’est le test que j’ai voulu faire, le gîte rural de La Roche-Guyon, à quelques kilomètres : entretenu par des bénévoles, gardé par Jean-Louis, qu’on retrouvera demain sur le bac de Vétheuil. C’est rustique mais sous le château, exactement. Sinon, plusieurs hôtels avec piscine se trouvent dans un rayon de quelques kilomètres.

Infos pratiques : La Grotte à Bières, La Roche-Guyon. Gîte rural de La Roche-Guyon. Bergerie de Villarceaux.

Un restaurant en bord de Seine à La Roche-Guyon. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Dimanche. En satellite autour de Villarceaux

Café face à la fontaine, route des Coteaux

Dimanche matin, café place du château à La Roche-Guyon. Les martinets crient, quelques cyclistes de la Seine à Vélo s’élancent déjà vers Vétheuil. La fontaine fait le bruit d’une fontaine de village, c’est-à-dire pas grand-chose, et c’est bien comme ça.

On reprend la voiture pour rejoindre Villarceaux par la route des Coteaux, qui longe la falaise au-dessus de la Seine et offre un panorama à 180 degrés sur le fleuve. La route est jalonnée de parkings en surplomb. On s’arrête où l’on veut, on marche le temps qu’on veut, on repart. C’est un dispositif idéal pour qui ne veut pas randonner : vue, air, retour à la voiture. Je m’arrête à l’un des parkings et trouve un banc de bois sous une voûte de chênes et de marronniers avec vue plongeante sur la Seine : la tour médiévale de La Roche-Guyon est à quelques mètres, les dents blanches de calcaire sont à droite, les vaches en bas, Vétheuil dans la cassure de la falaise, Mantes invisible parce que trop loin pour être vue. Côté normand, la sarabande des verts dégouline jusqu’à l’Epte.

Le parc panoramique de La Roche-Guyon, au-dessus du donjon médiéval, et de la boucle de Moissons. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Une chapelle gothique au bord d’un champ

Entre la route des Coteaux et le Domaine de Villarceaux, surprise : une chapelle gothique en ruine apparaît au bord d’un pré. C’est la chapelle Saint-Laurent de Meré, un fragment de l’ancien grand domaine, celui qui faisait 1 700 hectares avant son démantèlement, laissé hors les murs après le morcellement des années 1960-1970. La façade est en calcaire, percée d’un oculus au centre. Pas de toiture, la chapelle a gardé son œil. Pas de barrière, pas de panneau, pas de muséographie. Juste la ruine, un pré, des vaches autour, et le château haut de Villarceaux qu’on aperçoit au loin de l’autre côté de la vallée.

Les ruines d’une chapelle gothique à proximité du Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

À la Bergerie : un troupeau. De randonneurs. Et un autre, de Salers.

En fin de matinée retour à la Bergerie. Le parking accueille un groupe de randonneurs équipés comme pour la haute montagne et qui parlent fort comme à la terrasse d’un café. Le départ est un nœud de sentiers manifestement connu des Franciliens : on n’arrive pas ici par hasard, on y vient pour marcher.
Eux marchent à plus de 5 km/h. Moi, je me balade. 300 mètres plus loin, j’aperçois un deuxième troupeau. Des Salers, cette fois : des vaches à la robe rouge acajou et aux cornes en lyre ; c’est une race du Cantal qu’on n’attend pas particulièrement dans le Vexin. Elles broutent calmement, le château haut dans leur dos. Après les randonneurs et les vaches, l’Empire romain : au bout de la vallée passe la chaussée Jules César, la voie romaine qui filait de Lutèce à la Manche en évitant soigneusement les boucles de la Seine pour gagner du temps. 2 000 ans plus tard, elle est encore là, droite comme un fil. Moi, je n’ai aucune envie de gagner du temps. Je reste sur les sentiers défoncés par le tracteur de l’agriculteur de Villarceaux. C’est moins droit, c’est moins rapide, c’est ma voie.

Plus loin, un faisan s’envole en criant comme une crécelle qui dirait « tire-moi dessus, je suis là, je suis là ! » Son vol est pataud, il parcourt quelques mètres et retombe. Très beau, mais pas très discret comme oiseau. Celui-là a échappé à la saison de la chasse, tant mieux pour lui !

La ferme de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Le marché paysan sous les tilleuls

À un carrefour de chemin, je croise Hélène, la fille de l’agriculteur. Elle revient de la ferme avec une boîte de six œufs dans une main et un sachet d’oignons dans l’autre, pour son déjeuner. Je veux en rapporter chez moi. Sa mère est sur le marché de Chaussy, comme tous les deuxièmes dimanches du mois. Et Chaussy, c’est le village de Villarceaux. Alors, direction le marché.

Tout se passe sous les tilleuls de la place de l’Église. Chapiteaux blancs reliés par des fanions vichy rouge et blanc, lampions tressés en osier, tables de bistrot rondes et chaises d’écoliers en métal beige récupérées on ne sait où. Vaisselle dépareillée à la buvette : un mazagran à pied, une tasse à fleurs, des coupelles avec des fleurs de rhododendron qui flottent dans l’eau. La déco est faite main, soignée, sans esbroufe.

Le stand volaille propose des œufs petit calibre à 4 € les 30 et des poulets fermiers entiers prêts à rôtir. Plus loin, un glacier artisan a accroché à un tilleul une enseigne en cornet rose et jaune. À 11 heures, fini le café, on commence l’apéro. Toutes les générations sont là, sous les arbres, à l’abri de la pluie qui commence à tomber.

Au comptoir du café associatif, je retrouve Gaëlle des Déserts. Ancienne de la Bergerie de Villarceaux, aujourd’hui directrice de l’association Paysage après pétrole, paysagiste avec son compagnon rencontré dans le Vexin, et depuis mars conseillère municipale. Elle fait le lien entre les écolos, les agriculteurs et les élus. Ce matin, elle est de service au café. Elle me parle d’un triangle d’or : Villarceaux, Vétheuil, La Roche-Guyon. Trois pointes, mille ans, et un paysage qui n’a pas bougé. Elle me dit aussi que, quand la brume se disperse, un long serpent de brouillard reste accroché au fleuve. Le moment que les photographes attendent.

Infos pratiques : Marché paysan de Chaussy, place du village, deuxième dimanche du mois.

Le marché paysan de Chausssy. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le marché paysan de Chaussy. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

La Roche-Guyon : château total

La pluie arrive à midi. C’était prévu. À Villarceaux et dans le Vexin, on garde les visites patrimoniales pour les moments où le ciel se gâte. Le reste du temps, on marche. Je file au château de La Roche-Guyon, sous le crachin.

C’est un château total. Au sommet de la falaise calcaire se dresse son donjon médiéval. Au pied de la falaise : son corps de logis Renaissance et classique, ses écuries princières du XVIIIᵉ qui rappellent celles de Chantilly, des casemates et un bunker creusés dans la craie par les Allemands en 1944 quand Rommel y avait installé son quartier général du Mur de l’Atlantique, et, surprise contemporaine, un potager redessiné il y a une vingtaine d’années par Gilles Clément, le paysagiste du Jardin en mouvement. Vu d’en haut depuis le donjon, le potager dessine une étoile à huit branches au pied du château. Au sol, ce sont des cardons monumentaux qui montent en fleur entre des fruitiers taillés en gobelet. La rigueur classique discipline, le vivant déborde dedans.

Pour arriver au sommet du donjon, on grimpe par un escalier souterrain creusé dans la craie sur plusieurs centaines de marches, l’escalier des Boves. Là-haut, le panorama sur la Seine, la forêt de Moisson et les falaises côté normand est spectaculaire. La pluie est passée. Au fond, l’horizon se brouille en plans bleutés, exactement comme Gaëlle l’avait annoncé au marché.

Et puis, au détour d’un couloir du château, je tombe sur une carte. Elle date de 1781 et a été dessinée pour les ducs de La Rochefoucauld. On y voit la Seine, sa boucle de Vétheuil, la forêt de la Garenne au cœur du méandre, les bois de Mérez. Et plus haut, en cartouche : Villarceaux, avec Chaussy à côté. Tout ce que j’ai arpenté en deux jours est là, sur la même carte, depuis 245 ans. Le triangle d’or de Gaëlle est déjà tracé sur les murs du château. Depuis 245 ans.

Infos pratiques : Château de La Roche-Guyon, 1, rue de l’Audience, La Roche-Guyon (95). Ouvert tous les jours sauf en janvier. Plus d’infos sur chateaudelarocheguyon.fr.

Le château de la Roche-Guyon et son jardin, depuis le donjon médiéval. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris

Vétheuil, ou comment finir un week-end

Avant de rendre la voiture à Mantes, j’effectue un dernier détour par Vétheuil. Sur le bac qui relie la rive gauche à la rive droite de la Seine, je retrouve Jean-Louis, le gardien du gîte de La Roche-Guyon où j’ai dormi samedi soir. Il pilote le bac le week-end et les jours fériés. C’est un service public gratuit, la dernière traversée est à 18 h 30 côté Vétheuil. Et, bon plan que personne ne donne, en dehors des heures de service public, le bac se loue 360 € pour 2 heures, jusqu’à 12 personnes. Soit 30 € par tête pour un apéro flottant entre Île-de-France et Normandie. On peut installer une table à bord, c’est complètement magique.

Je me rabats sur la calzone du village, achetée à côté du glacier qui vient de fermer sous mon nez. Tant pis. Je vais déjeuner sur un banc devant la façade Renaissance de l’église Notre-Dame de Vétheuil – clocher roman du XIIᵉ, nef gothique flamboyant du XVᵉ, façade Renaissance sculptée du XVIᵉ, toiture en tuiles vernissées. C’est l’église que Monet a peinte plusieurs fois quand il habitait Vétheuil entre 1878 et 1881. C’est devant elle que sa femme Camille a été enterrée.

Calzone à la main, marches usées, façade en face. Comblé.

Y aller : voiture, vélo, train, transport à la demande

Le plus simple, c’est la voiture : elle permet de rayonner facilement entre Villarceaux, Vétheuil, La Roche-Guyon et les villages alentour. On en a une, ou on en loue une à la gare de Mantes-la-Jolie.

Mais ce coin du Vexin est aussi le paradis des cyclistes et des randonneurs. Alors pourquoi pas en train ? Il y a la gare de Bonnières-sur-Seine, la dernière gare francilienne sur la ligne J au départ de Saint-Lazare, et donc accessible avec le passe Navigo. Et il y a la grande gare de Mantes-la-Jolie, deux arrêts plus haut. Le week-end, pas de restrictions pour l’emport des vélos.

Pour aller à pied de Bonnières-sur-Seine au domaine de Villarceaux, compter 20 km et environ 6 heures de marche. On l’a testé, c’est un parcours classique des randonneurs franciliens, qui passe par la boucle de La Roche-Guyon avant de pousser jusqu’à Villarceaux.

Reste le réseau dont peu d’urbains soupçonnent l’existence : quelques bus de ligne régulière, et surtout le transport à la demande d’Île-de-France Mobilités (TàD), qui dessert toute la grande couronne rurale. On réserve sur l’appli, on monte avec son Navigo, et le minibus rejoint une grande gare. Là aussi, on l’a testé, au départ du domaine de Villarceaux. À lire sur enlargeyourparis.fr : « J’ai testé le transport à la demande dans le Vexin après une belle randonnée ».

Infos pratiques : gare de Bonnières-sur-Seine (ligne J) (~1 h, passe Navigo) ou Mantes-la-Jolie (~45 min, passe Navigo). Loueurs de voitures et de vélos en gare de Mantes-la-Jolie. Transport à la demande IDFM : appli TàD IDFM, réservation jusqu’à 30 jours à l’avance, gratuit avec Navigo, 2,50 € sans.

Pour aller plus loin : la saison culturelle 2026 de Villarceaux

33 rendez-vous sont inscrits à la saison 2026 du domaine régional de Villarceaux, du 4 avril au 1er novembre, gratuits pour l’essentiel. Au programme : « Les Historiques de Villarceaux » en costumes les 6 et 7 juin, « Les Samedis à la campagne » – les seules journées où le pique-nique est autorisé partout dans le domaine –, des « Balades au crépuscule » mensuelles, des « Contes en jardin », des « Flâneries nocturnes », des ateliers céramique avec construction collective d’un four et première cuisson, l’exposition de Hugo Béhérégaray du 10 au 21 juin. Concerts et lectures s’ajoutent au fil de la saison.

Programme complet 2026 téléchargeable sur iledefrance.fr. Application gratuite « Découvrir Villarceaux » disponible depuis avril 2026.

Lire aussi : J’ai testé le transport à la demande dans le Vexin après une belle randonnée

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Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Le Domaine régional de Villarceaux. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
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