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5 épiceries fines qui font de la gastronomie un art à Paris

Le Douze, la nouvelle halle food ouverte fin mars dans le 12e / © Pierre Lucet Penato
Le Douze, la nouvelle halle food ouverte fin mars dans le 12e / © Pierre Lucet Penato

En attendant la réouverture des musées, la journaliste Manon Gayet est allée à la rencontre de la fine fleur des arts de la table en poussant les portes de 5 épiceries fines parisiennes.

1/ La Grande Épicerie du Bon Marché, Au Bonheur des Dames (et des messieurs)

Y rentrer, c’est faire un saut dans le temps. Les rambardes en fer forgé, les comptoirs inspiration coloniale, les étagères en bois pleines à craquer… Émile Zola ne serait presque pas déboussolé en poussant la porte de la Grande Épicerie du Bon Marché (7e), qui lui inspira Au Bonheur des Dames. Cabas à la main, les becs sucrés hésitent entre une tablette de chocolat au lait aux éclats de brownies soufflés signée Dolfin et les mini pralines rocher d’Angelina. Deux rayons plus loin, la vertigineuse collection de bouteilles d’eau en verre donne l’impression d’une exposition d’art contemporain. L’apothéose a lieu au sous-sol : les champagnes brillent sous le feu des projecteurs et se déclinent dans toutes les tailles de bouteilles, du magnum à Melchisédech (30 litres). De quoi passer un moment enivrant.

Infos pratiques : La Grande Épicerie du Bon Marché, 38 rue de Sèvres, Paris 7e. Du lundi au samedi de 8h30 à 19h, le dimanche de 10h à 19h. Fermeture exceptionnelle le samedi 1er mai. Accès : Métro Sèvres-Babylone Lignes 10 et 12. Plus d’infos sur lagrandeepicerie.com

2/ RAP Paris, si l’Italie vous botte

Derrière l’église Notre-Dame-de-Lorette (9e), mes yeux sont attirés par un drôle de nom : RAP. Un délicieux fumet vient d’ailleurs me chatouiller le nez dès la porte franchie. Et pour cause, à ma droite, se déploie dans le comptoir réfrigéré une collection de jambons de Parme et autres salame fraîchement débarqués des quatre coins de la Botte. À ma gauche, les meilleures pasta, dont celles de la marque Martelli, exhibent fièrement leurs origines italiennes du sol au plafond. Un peu plus loin, dans cette caverne d’Ali Baba exiguë, les huiles d’olive se dévoilent dans un camaïeu de dorés et vous charment avec des noms comme bianco lilla et moraaiola. Sans oublier les succulents sfogliatelle, pâtisseries à base de ricotta et d’écorces d’orange en forme de coquillage. Vous ne sortirez pas les mains vides !

Infos pratiques : RAP Paris, 4 rue Fléchier Paris 9e. Fermé lundi et dimanche. Fermeture exceptionnelle le samedi 1er mai. Accès : Métro Notre-Dame-de-Lorette Ligne 12. Plus d’infos sur rapparis.fr

3/ Le Douze, ambiance food court

À 10h tapantes, l’odeur des viennoiseries et du café accueille les tout premiers clients du Douze (12e). Je jette mon dévolu sur un généreux roulé à la cannelle ultra fondant qui me transporte instantanément dans mes souvenirs suédois avant de découvrir la halle. Ce lieu branché à la déco brute et indus a fait du Made in France son credo depuis son ouverture, fin mars, dans l’ancienne caserne militaire Reuilly-Diderot. Le ton est donné, il y a comme un petit quelque chose des food courts new-yorkais. Côté épicerie, les jus de fruits Patrick Font sagement alignés côtoient les cafés lyonnais Gonéo. Derrière les comptoirs, les cuistots s’activent pour préparer les ceviches minute. On se laisse tenter par un saucisson de coche (une truie qui a mis bas au moins une fois, ndlr)  affinée à l’ancienne sur une perche de bois. Avant d’écouter le fromager raconter ses secrets d’affinage — ses fromages vieillissent tranquillement dans une cave du XVe siècle… L’histoire derrière le produit, c’est le début du voyage (culinaire), non ?

Infos pratiques : Douze Paris, 2 passage Emma Calvé, Paris (12e). Fermé lundi et mardi. Accès : Métro Reuilly-Diderot Lignes 1 et 8 . Plus d’infos sur douze.paris

La Galleria Cointinua à Paris propose de faire ses emplettes dans une épicerie fine tout en admirant des œuvres d'art / ©Sara De Santis
La Galleria Continua à Paris propose de faire ses emplettes dans une épicerie fine tout en admirant des œuvres d’art / ©Sara De Santis

4/ Terroirs d’Avenir, le meilleur sinon rien

Pour Alexandre Drouard et Samuel Nahon, c’est le meilleur produit, sinon rien. Après quelques années sur les bancs d’une école de commerce, il se lance dans un tour de France des terroirs dont ils rapportent dans leurs valises une idée, celle des Terroirs d’Avenir. Pour les trouver, facile ! Laissez-vous guider par les odeurs et les habitués qui se pressent, cabas sous le bras, jusqu’à la rue du Nil (2e). Chaque boutique Terroirs d’Avenir a sa couleur : bleue pour le poissonnier, rouge pour le boucher-charcutier, jaune pour le boulanger, vert pour le primeur et rose pour la crèmerie. Sur l’étal du primeur, les gariguettes, pulpeuses, se parent de leur plus belle robe rouge et les cagettes en bois débordent d’oranges. Sur le trottoir d’en face, un monsieur choisit soigneusement les crèmes et autres faisselles dont il va se délecter pour le déjeuner. Le beurre salé vient tout juste d’arriver des Côtes-d’Armor. La rue du Nil va vous donner envie de changer de crèmerie (et de boucher, de poissonnier…) !

Infos pratiques : Terroirs d’Avenir, 3, 6, 7 et 8 rue du Nil, Paris (2e). Boutiques fermées le lundi. Accès : Métro Sentier Ligne 3. Plus d’infos sur terroirs-avenir.fr.

5/ La Galleria Continua, visitez une expo tout en faisant vos courses

La Galleria Continua est née dans la campagne toscane avant de s’exporter à Rome, Pékin, São Paulo… et au milieu des champs à Boissy-le-Châtel (Seine-et-Marne). Il manquait donc une adresse en plein Paris. C’est désormais chose faite avec l’ouverture d’un espace de 800 m2 jusque-là occupé par un grossiste en maroquinerie dans le Marais (3e). Quel rapport entre l’art et le shopping vous demandez-vous ? Le street artiste au chapeau et aux lunettes de soleil JR a transformé le lieu en un « supermarché de l’art », mi-épicerie fine (avec des produits venus des pays où la Galleria Continua est implantée : pecorino truffé, confiture de goyave mais aussi coulommiers et cidre de Seine et Marne) mi-galerie d’art. Car oui, à la Galleria Continua, on fait ses emplettes tout en admirant des œuvres signées Anish Kapoor, Daniel Buren, Juan Araujo et JR himself, dont certaines sont à vendre. Dans un décor (très) épuré, du blanc du sol au plafond, on déambule en silence dans le magasin comme dans un musée — sans oser rien toucher. On en oublierait presque son petit panier.

Infos pratiques : La Galleria Continua, 87 rue du Temple, Paris (3e). Fermée lundi et dimanche. Réservation obligatoire via paris@galleriacontinua.fr. Accès : Métro Hôtel de Ville Lignes 1 et 11. Plus d’infos sur galleriacontinua.com

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