
Le futur train du RER B, baptisé MI20, a fait son premier roulage jeudi 7 mai à l'usine Alstom de Crespin, dans le Nord. Climatisation, deux niveaux, 1 063 voyageurs, 14 portes par face : sur le papier comme en vrai, le matériel coche toutes les cases. Reste à attendre fin 2028, début 2029, pour le voir circuler sur la ligne. En attendant, on peut au moins faire le tour du propriétaire.
Crespin, dans le Nord, jeudi 7 mai. Le MI20, futur train du RER B, a fait son premier roulage sous les caméras d’Alstom et d’Île-de-France Mobilités. Des centaines d’invités, élus, journalistes, représentants d’associations d’usagers, ont pu visiter la maison témoin. Pour le million de Franciliens qui prennent le RER B chaque jour, l’aménagement attendra fin 2028, début 2029 « au mieux ». Trois ans à patienter. En attendant, on peut au moins faire le tour du propriétaire.
Plus grand, plus haut, plus large
Sur le pas de la porte, premier choc : 14 portes par face contre 8 sur les rames actuelles. La rame fait toujours 104 mètres de long, mais elle compte désormais 7 voitures courtes au lieu de 4 voitures longues. Et elle a pris 20 centimètres en largeur, ce qui paraît peu sur le plan, mais change tout dans les couloirs de circulation, désormais larges de près d’un mètre dans les voitures à un niveau. Trois mètres au total : un boa.
À l’intérieur, le MI20 alterne les zones à un et à deux niveaux. Les sections plain-pied accueillent les voyageurs avec bagages, poussettes ou en fauteuil roulant. Les zones surélevées offrent plus de places assises pour les trajets longs. Les intercirculations courtes, façon métro, sont équipées de barres et de sièges longitudinaux pour les courts déplacements entre stations. Au total, 1 063 voyageurs peuvent embarquer, soit 35 % de capacité en plus, dont 342 places assises, en hausse de 22 %. C’est beaucoup. Sauf si l’on songe que la ligne transporte un million de personnes par jour.
Le confort qu’on n’avait pas
La climatisation, attendue depuis vingt ans par les usagers, sera cette fois généralisée à toute la rame. Plancher chauffant en hiver. 92 prises USB-C doubles. 28 écrans dynamiques. Un plafond continu entre les niveaux, qui dégage la perspective d’un bout à l’autre du train. 44 caméras de vidéoprotection, 50 % de plus qu’aujourd’hui. Et 25 % de matériaux recyclés dans la fabrication, argument industriel davantage qu’expérience voyageur, mais on le signale.
Les sièges, conçus en concertation avec des associations d’usagers, ont un « accueil souple ». 90 places sont prioritaires (PMR, femmes enceintes, personnes âgées), soit 26 % de plus qu’aujourd’hui, et 4 emplacements sont dédiés aux fauteuils roulants. Toute la rame est accessible de plain-pied, grâce à une architecture qui réduit la lacune quai-train (le fameux « mind the gap… »). Un détail qui change la vie sur une ligne où plusieurs gares sont en courbe.
L’addition
2,5 milliards d’euros, intégralement financés par IDFM, pour 146 rames. Auxquels s’ajouteront des avenants de rémunération aux constructeurs Alstom et CAF, encore en discussion. Et 18 millions d’euros pour faire tenir d’ici là les MI79 et MI84, en service depuis 1979 et 1984 comme leurs noms l’indiquent. Un demi-siècle au compteur pour les premiers : le matériel roulant le plus ancien encore en circulation sur le réseau francilien.
Le calendrier, lui, dépend désormais en partie de l’État. Le MI20 doit cumuler deux certifications, celles de la RATP au sud et celles de la SNCF au nord, particularité d’une ligne coexploitée. IDFM compte sur un raccourcissement des délais d’homologation pour tenir l’objectif de fin 2028. À voir.
On peut donc visiter la maison témoin. Admirer la cuisine équipée, s’asseoir dans le canapé, ouvrir les placards. Mais avant d’emménager, il faudra patienter trois ans, en se serrant dans le RER des grands-parents.

À lire aussi : Après le RER, avant la ligne 18 : les premières lignes de covoiturage arrivent sur le plateau de Saclay
À lire aussi : La ligne 14 est désormais la ligne de métro la plus fréquentée d’Île-de-France
À lire aussi : Métro, boulot, jingle : en 2026, les transports franciliens changent de ton
7 mai 2026 - Île-de-France