
Le 25 septembre, Léon XIV chantera les vêpres à Notre-Dame de Paris avant de rejoindre le Stade de France pour une grande veillée avec les jeunes. Entre les deux, il laissera de côté la basilique de Saint-Denis, pourtant l’un des monuments les plus importants de l’histoire de France. Et qui porte le nom du premier évêque de Paris.
Statuette pop de Saint-Denis, premier évêque de Paris, en vente dans la boutique du chantier de reconstruction de la flèche de la basilique. Vianney Delourme pour Enlarge your Paris
Saint-Denis, vous connaissez ? La ville, les stations de métro, les gares des RER B et D. Sans oublier L’Île-Saint-Denis, cette commune à part entière nichée sur la Seine. Tous ces lieux portent le nom de Denis, considéré par la tradition chrétienne comme le premier évêque de Paris. Condamné à mort par les Romains en raison de sa foi, il aurait été décapité sur la butte Montmartre, le « mont des martyrs ». La légende raconte alors que sa tête roula, comme un ballon de football, jusqu’à une plaine marécageuse située au nord de la ville, là où allait naître Saint-Denis.
Enfin, ça, c’est une version. L’autre, plus spectaculaire encore : Denis se serait relevé, aurait ramassé sa tête et l’aurait portée sur plusieurs kilomètres jusqu’à l’emplacement de l’actuelle basilique. Avant de s’effondrer.
Une légende qui finit par fabriquer une ville
Grâce à cette légende, Saint-Denis devient l’un des sanctuaires les plus puissants du royaume et, pendant des siècles, le lieu d’inhumation des reines et des rois de France. C’est aussi à Saint-Denis que les souverains viennent chercher l’oriflamme avant de partir en guerre (« Montjoie ! Saint Denis ! »).
Avec cette belle fréquentation, autour de l’abbaye, la petite cité s’enrichit considérablement. À partir du Moyen Âge, la foire du Lendit devient l’un des grands rendez-vous commerciaux européens. On y vend du drap, de la laine, du cuir, des chevaux, du parchemin ; des marchands viennent de dizaines de villes et l’Université de Paris s’y approvisionne notamment en parchemin. La foire se tient dans la Plaine, à mi-chemin entre Paris et Saint-Denis, c’est-à-dire, à peu de chose près, là où se dresse aujourd’hui le Stade de France.
Vendredi 25 septembre, tout le monde descend
Le pape Léon XIV arrivera à Paris le 25 septembre, le programme de sa visite vient d’être publié. Après avoir chanté les vêpres à Notre-Dame dans l’après-midi, il mettra justement le cap au nord pour rejoindre le Stade de France, où des dizaines de milliers de jeunes sont attendus pour une grande veillée (à guichets fermés : tous les billets du Stade de France sont partis en une heure.)
Entre le stade et la basilique de Saint-Denis, il y a à peu près vingt minutes à pied. Mais il ne les fera pas, ni à pied ni en papamobile. Pour retrouver un pape à Saint-Denis, il faut remonter très loin. Le 28 juillet 754, Étienne II y sacre Pépin le Bref roi des Francs, avec son épouse Bertrade de Laon (surnommée Berthe aux grands pieds) et leurs deux fils dont un certain Charles, futur Charlemagne. Le pape avait traversé les Alpes en hiver pour venir rencontrer Pépin. Près de 13 siècles plus tard, Léon XIV reviendra à Saint-Denis. Mais il restera au stade.
La petite grande sœur de Notre-Dame
La basilique raconte l’histoire de Denis, et l’histoire de France. C’est aussi un moment clef de l’histoire de l’art. « On l’oublie trop souvent : c’est bien ici que l’art gothique est né », nous rappelait encore Stéphane Bern cet été, dans un entretien à Enlarge your Paris consacré à la reconstruction d’une des tours de l’église nécropole. Son ambition : faire de la basilique « une destination culturelle incontournable du Grand Paris ».
Même sans la visite de Léon XIV, l’histoire continue sous nos yeux. Depuis 2025, Saint-Denis reconstruit sa tour et sa flèche nord, démontées en 1846 après la tempête de l’année précédente. Le chantier doit durer plusieurs années et se visite : à la Fabrique de la Flèche, on rencontre les artisans, on découvre les métiers d’art et on voit littéralement une cathédrale se reconstruire au XXIe siècle. Le premier étage de la tour nord est déjà achevé et le deuxième commence à s’élever.
Le pape ira au stade. Vous, vous avez la ligne 13 pour (re)découvrir le berceau du gothique.
Infos pratiques : Basilique de Saint-Denis, 1, rue de la Légion d’Honneur, Saint-Denis (93). Ouvert tous les jours. Accès : métro Basilique de Saint-Denis (ligne 13), tram T1 arrêt Basilique de Saint-Denis. Nouveau parcours de visite et ouverture de la Fabrique de la Flèche à partir de septembre prochain. Plus d’infos sur saint-denis-basilique.fr
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15 août 2026 - Saint-Denis