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Neige : le Grand Paris en mode KO blanc

Un train MF 2000 de la ligne 5 du métro parisien traversant le viaduc d’Austerlitz sous la neige. © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons / CC-BY 2.5

Lundi 5 et mercredi 7 janvier, quelques centimètres de poudreuse ont suffi, comme souvent, à paralyser l'Île-de-France et à rendre les retours cauchemardesques. Mais pourquoi le Grand Paris des routes et des rails est-il si vulnérable dès que l'hiver pointe le bout de son nez ? Cette embolie s'explique simplement, au-delà des critiques faciles dans les réseaux sociaux.

Dès qu’il y a trois flocons sur le Grand Paris, c’est le même rituel : on se précipite sur les escaliers de la butte Montmartre pour la photo souvenir, et il se trouve toujours un ou deux rigolos pour sortir les skis. Mais au-delà des stories Instagram et des bonshommes de neige improvisés dans les parcs, c’est surtout la galère assurée pour tous ceux qui doivent se déplacer. Pourquoi quelques flocons provoquent-ils systématiquement l’embolie des transports franciliens ?

Ce lundi, la région a battu un record dont elle se serait bien passée : plus de 1 000 km de bouchons recensés par Sytadin, pulvérisant les 739 km de février 2018 (source : Le Parisien). Moralité : le Plan neige et verglas est resté activé jusqu’à mardi 10 heures, et les flocons ont de nouveau recouvert l’Île-de-France dans la nuit de mardi à mercredi.

Sur la route : le syndrome du pneu été

Contrairement aux Alpes et au Massif central, l’Île-de-France n’impose aucune obligation d’équipement hivernal aux automobilistes – et c’est bien normal, vu la météo locale. Résultat : l’immense majorité des Franciliens roulent avec des pneus été, dont l’adhérence devient aussi fiable qu’une promesse électorale un lendemain de scrutin, dès que le thermomètre passe sous les 7 °C. Il suffit d’une voiture en travers pour déclencher une congestion sur des kilomètres.

Sur les rails : le givre contre-attaque

Vous savez, ce bruit de sabre laser digne de Star Wars que vous entendez parfois en hiver quand votre RER redémarre ? C’est le pantographe – le bras articulé sur le toit qui frotte contre la caténaire – qui produit des arcs électriques en luttant contre la glace. Joli à voir depuis le quai, beaucoup moins pour les installations que ça peut endommager. Ajoutez des aiguillages qui se bloquent et des rails qui se contractent au froid, et vous obtenez un cocktail peu compatible avec la ponctualité, et des RER qui jouent à cache-cache avec les horaires.

Les bus : otages de la chaussée

Impossible de manœuvrer un mastodonte de 12 tonnes sur une chaussée glissante sans risquer l’accident. La RATP préfère souvent interrompre le service plutôt que de jouer aux autos tamponneuses ou de voir les temps d’attente affichés jouer aux courbes du GIEC. Côté ramassage scolaire en grande couronne, là aussi ça a été une interruption de service pour la journée du mardi.

Au fond, ces quelques flocons révèlent la fragilité d’un système de transport conçu pour un climat tempéré. Le Grand Paris, ce n’est pas Montréal. Même les cyclistes, d’habitude si intrépides, deviennent soudain très hésitants sur le verglas. On en a même vu s’arrêter au feu ! Alors pour ceux qui le peuvent, il reste une solution fiable : la marche, premier mode de déplacement en Île-de-France, et totalement insensible aux caténaires givrées. En faisant attention aux dérapages sur les trottoirs gelés…

Le pont National à Paris 13e. DR

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