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Le Grand Paris Express couronné par Harvard

La future gare du Pont de Bondy / © Société du Grand Paris - BIG & Silvio d'Ascia
La future gare du Pont de Bondy du Grand Paris Express / © Société du Grand Paris – BIG & Silvio d’Ascia

Après avoir récompensé en 2017 la High Line de New York, parc aménagé sur une ancienne voie ferrée, l'université de Harvard aux États-Unis décernera en mars prochain son prix d'urbanisme « Veronica Rudge Green Urban Prize » au Grand Paris Express. Directeur de l’architecture, de la culture et du développement au sein de la Société du Grand Paris, Pierre-Emmanuel Becherand s'est entretenu avec Enlarge your Paris.

En quoi ce prix a-t-il été une surprise pour vous ?

Pierre-Emmanuel Becherand : La spécificité de ce « Veronica Rudge Green Urban Prize », le prix sans doute le plus prestigieux des États-Unis en matière d’urbanisme, c’est que l’on n’y postule pas. En septembre, le président du jury nous a appelés pour nous informer que la Société du Grand Paris avait été présélectionnée et qu’il souhaitait nous rencontrer pour auditionner le projet. Nous avons reçu les membres du jury, à qui nous avons présenté nos architectes, nos designers et nos urbanistes, et leur avons fait visiter des chantiers. C’est en décembre que nous avons appris que le prix avait été décerné au Grand Paris Express parmi 130 projets qui avaient été analysés par les étudiants de l’école d’urbanisme et d’architecture de Harvard. La surprise est toujours plus belle et la fierté plus grande quand vous recevez une récompense que vous n’avez pas demandée !

Qu’est-ce qui a séduit le jury ?

Le jury a tout d’abord mis en avant la qualité de conception du projet, d’un point de vue à la fois architectural, urbain et environnemental, visant à imaginer un nouveau modèle d’infrastructure. Ils ont, je crois, été impressionnés par notre capacité à fédérer autant d’experts et de professionnels différents, qu’ils soient architectes, urbanistes, ingénieurs, paysagistes, designers ou artistes, pour penser de manière collective et pluridisciplinaire le Grand Paris Express. Ils ont également souligné la capacité des équipes de la Société du Grand Paris à articuler les échelles pour développer une pensée globale du projet : de l’aire métropolitaine, où le métro est conçu pour remodeler la cartographie urbaine du Grand Paris et lutter contre l’étalement urbain, à l’échelle fine qui concerne par exemple le design du mobilier ou de la signalétique dans les gares. Enfin, le jury a été séduit par notre capacité à concerter et à dialoguer avec tous les acteurs concernés par le projet : les élus des 130 communes impliquées, l’ensemble des collectivités, nos ministères de tutelle, les associations d’usagers, les riverains, les promoteurs, les aménageurs, les lieux culturels mais aussi et surtout tous les habitants du Grand Paris.

Quelle reconnaissance tirez-vous de cette récompense ?

Ce qui donne une vraie valeur à ce prix, c’est son caractère à la fois universitaire, indépendant et étranger. Il est décerné par des professeurs de Harvard qui ont un regard critique et extérieur, dans la mesure où ils ne sont pas partie prenante de notre écosystème économique et politique. Nous tirons également une grande fierté du fait que cette distinction vient de ce qui est sans doute l’université la plus réputée au monde. Cela constitue une preuve que le reste du monde s’intéresse à ce que l’on fait en France. Au-delà du Grand Paris Express, c’est aussi une reconnaissance d’un savoir-faire français en matière d’architecture, d’urbanisme et de transports publics et, plus globalement, d’une certaine manière de faire la ville à la française, une « French touch » qui associe toutes les parties prenantes et qui place au cœur de sa conception les enjeux sociaux, environnementaux ou encore culturels.

Espérez-vous décrocher d’autres prix dans les mois et les années à venir ?

Nous ne sommes pas engagés dans une course aux prix. La vraie reconnaissance que l’on espère obtenir, c’est celle des usagers et des habitants du Grand Paris qui, demain, estimeront que les gares sont belles et pratiques, que le métro est confortable et rapide. Voilà la vraie reconnaissance à laquelle on aspire.

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