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Avec la crise sanitaire, la tendance au bénévolat s’amplifie

L'association La Chorba assure la distribution de repas chauds et de colis alimentaires / © Clémentine Gras - Sans pépin
L’association La Chorba assure la distribution de repas chauds et de colis alimentaires / © Clémentine Gras – Sans pépin

Depuis le début de la crise sanitaire, Benenova et Tous Bénévoles, deux plateformes qui mettent en lien bénévoles et associations, constatent un engagement de plus en plus fort, en particulier chez les jeunes.

Fabrication de visières pour les soignants, soutien aux artisans locaux, préparation de repas gratuits pour les SDF et les personnels médicaux… La crise sanitaire aura vu les gestes de solidarité se multiplier depuis mars dernier et le premier confinement. « On observait déjà une tendance à l’engagement plus forte depuis 2015, l’attentat de Charlie Hebdo, la crise des réfugiés… Mais la crise sanitaire l’a amplifiée, tout comme l’appel à la réserve civique du président de la République », confirme Isabelle Persoz, présidente de Tous Bénévoles, qui affiche aujourd’hui plus de 3.500 missions de bénévolat en Île-de-France.

« Le nombre de connexions sur notre site a doublé, on a reçu beaucoup de messages de personnes qui se sont retrouvées sans activité, souhaitant aider, renchérit Alice Madec, directrice régionale Île-de-France de Benenova, plateforme créée en 2013 qui met en relation bénévoles et associations. Certains bénévoles se sont aussi engagés pour ne pas rester enfermés chez eux dans 15 mètres carrés. Mais finalement, beaucoup se sont aussi engagés dans la durée. »

En 2020, Benenova aura partagé 4.000 missions de bénévolat sur son site, contre 3.800 en 2019.  Pour Alice Madec, la crise sanitaire montre la flexibilité et la créativité des associations « qui ont su se réorganiser en l’espace de deux ou trois jours à l’annonce du confinement »  en prenant rapidement le virage du numérique. « Les associations ont montré que l’engagement pouvait aussi se faire de chez soi, en cuisinant pour des personnes SDF ou bien en entretenant le lien avec des populations isolées avec des messages audio ou vidéo, des dessins. »

Des bénévoles plus nombreux et plus jeunes

Chez Tous Bénévoles, cette prise en compte du numérique se traduit de plusieurs façons. « On a organisé récemment une nouvelle formation sur comment organiser son activité à distance ; elle a été prise d’assaut, indique Isabelle Persoz. On réfléchit à la réitérer régulièrement. Pour aider les associations, on s’appuie aussi sur notre partenariat avec LinkedIn pour trouver les bénévoles qui ont des compétences précises comme des psychologues. »

Un autre enseignement est l’engagement dans la durée, en particulier chez les plus jeunes. « La jeune génération est très engagée, les moins de 25 ans représentent entre 30% et 40% des personnes qui viennent sur notre plateforme », constate Isabelle Persoz. Et même durant le mois d’août, traditionnellement creux pour les associations, les bénévoles ont répondu présents dans le Grand Paris.

Avec l’hypothèse d’un troisième confinement, Benenova et Tous Bénévoles appellent les bénévoles à rester mobilisés. « Les démarches administratives comme l’attestation sont aujourd’hui plus souples. La lutte contre la précarité est essentielle, elle ne s’est jamais arrêtée. La Chorba (association qui distribue repas chauds et colis alimentaires, Ndlr) a notamment ouvert deux nouveaux lieux à Paris. Il y a un énorme besoin », souligne Alice Madec. De son côté, Isabelle Persoz lance un appel : « Dans les prochaines semaines, on va chercher des bénévoles disponibles pour échanger avec les personnes en difficultés psychologiques, comme les étudiants ou les personnes âgées isolées. » Et si c’était ça le monde d’après, un monde toujours plus solidaire ?

Infos pratiques : Plus d’infos sur tousbenevoles.org et benenova.fr

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