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À Pantin, un comptoir de rue pour rompre la solitude

Le Carlardes et son  comptoir de rue à Pantin / © Pierre Villetard pour Enlarge your Paris
Le Carlardes et son comptoir de rue à Pantin / © Pierre Villetard pour Enlarge your Paris

Fermés jusqu'à nouvel ordre, les bars et restaurants tentent comme ils peuvent de garder le lien avec leur clientèle. Le patron du Carlades, bistrot pantinois, a ainsi aménagé un comptoir de rue. Un moyen pour les habitués et les habitants du quartier de continuer à s'échanger des nouvelles.

Il n’est pas encore 10 heures et la pluie menace de tomber sur Pantin (Seine-Saint-Denis). À la sortie du métro Hoche, les piétons se pressent, tête baissée. Je remonte l’avenue Jean-Lolive jusqu’à l’angle avec la rue Étienne-Marcel. C’est là que j’aperçois le Carlades, petit café de quartier, rescapé des deux confinements, mais toujours privé de ses habitués, fermeture administrative oblige. Le temps est long depuis mars 2020. Mais son patron Antoine ne se laisse pas abattre. Chaque matin, il allume les lumières du Carlades et met en route sa machine à café.

Pour 1,30€, les passants s’offrent un espresso bien serré et quelques mots avec lui derrière un comptoir improvisé, une planche en bois fixée sur le rebord de l’une des fenêtres avec quelques sachets de sucre, des touillettes et l’incontournable gel hydroalcoolique.

A mon arrivée, Antoine est accoudé au comptoir de son véritable bar, à l’intérieur, journal à la main et cigarette à la bouche. La télévision diffuse un match de foot, les chaises et les tables sont empilées dans un coin de la salle vide. « Bonjour, un café, s’il vous plaît ! » Le patron lève la tête, me gratifie d’un sourire et lance la machine.

Le Carlardes et son  comptoir de rue à Pantin / © Pierre Villetard pour Enlarge your Paris
© Pierre Villetard pour Enlarge your Paris

Garder le lien avant tout

« Ça vous ramène des clients ce petit comptoir improvisé ? » Il sourit faiblement et me répond : « Ça permet de rentrer un petit peu de sous. Mais surtout, surtout, de garder le lien. On fait comme on peut. » Du lien, c’est ce que viennent chercher les habitants du quartier et les habitués. Tôt le matin et jusqu’à 18h, ils viennent échanger quelques minutes sur la météo, la crise sanitaire, les connaissances en commun.

Comme cet habitant du quartier, ancien consultant dans la restauration. « Bonjour, tu me sers un café ? Merci ! Tu as des nouvelles de JM ? » La discussion s’engage et il m’explique avoir dû changer de métier avec la crise. Le moment est agréable et me rappelle qu’un tel échange autour d’un café ne m’est pas arrivé depuis bien trop longtemps. « Peut-être à bientôt ! » me lance-t-il, avant de reprendre sa route.

En dépit de la pluie, pour Antoine, la mission est remplie. Sur le trottoir, on avait presque l’impression d’avoir retrouvé notre vie d’avant. Quand on pouvait discuter de tout et de rien, accoudés au comptoir, café à la main. Le petit noir pour éviter de broyer du noir.

Infos pratiques : Le Carlades, 69 Avenue Jean Lolive, Pantin (93). Tél. : 06 30 74 29 13. Accès : Métro Hoche Ligne 5

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