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Clap de fin pour Vives Groues, la petite friche culturelle de Nanterre

Le camping de la friche Vive les groues ! au pied des tours de La Défense à Nanterre / © Yes We Camp
Le camping de la friche Vive les groues ! au pied des tours de La Défense à Nanterre / © Yes We Camp

Aux Groues, à Nanterre, une ancienne zone d'activité en pleine mutation face à la gare RER E toute neuve : la friche Vive les Groues y a occupé pendant sept ans un terrain promis aux bureaux et aux logements. Elle referme ses portes cet été — quelques jours après l'ouverture d'un nouveau tiers-lieu à Arcueil, preuve que le modèle, lui, ne s'arrête pas.

Vive les Groues, c’est le nom d’un quartier resté une ancienne zone d’activité un peu délabrée. Depuis quelques années, elle se transforme à vue d’œil en morceau de ville neuve : logements, bureaux, et la gare du RER E, ouverte à quelques mètres de là. C’est sur ce terrain en transition que Yes We Camp a installé en 2017 son jardin urbain, au 290 rue de la Garenne à Nanterre, avec Paris La Défense en soutien.

Un paysage éphémère, poétique et paradoxal 

Le lieu aura tout de même offert l’un des paysages les plus poétiques et paradoxaux du Grand Paris. Depuis le banya (bain russe à vapeur) et les hamacs du potager, la vue plongeait sur la gare RER E flambant neuve et la skyline du futur quartier de bureaux. Entre yourte de yoga animée par ComEnjoy, potager pédagogique de Nicolas Voisin et Les Enfants paysans, ruches de La Fabrique qui pique, boutique de réemploi Carton Plein et école du compost, la friche cultivait le contraste plutôt que l’harmonie — et un des campings les plus improbables du Grand Paris.

C’est aussi à Vive les Groues qu’a été installée, dès 2017, une pépinière d’arbres destinés aux futures gares du Grand Paris Express, sous la conduite de l’artiste arboricole Thierry Boutonnier, dans le cadre du projet Appel d’air porté par la Société du Grand Paris et l’association COAL. Est-ce ce geste — faire pousser les arbres de demain sur un terrain provisoire — qui a donné aux élus et aux décideurs l’idée de transformer, à la fermeture du tiers-lieu, la friche en jardin public ?

Un dernier tour de piste avant fermeture

Le lieu se referme cet été avec un programme chargé : soirée Yes We Camp le 2 juillet, grande fête de fin le 4 (bingo drag, aquarelle, deux concerts et un DJ set), puis une dernière série de rendez-vous jusqu’au 25 juillet — fête de la nature, soirée des diplômés du DU, jam session, spectacle de marionnettes. Le tout gratuit, comme depuis sept ans.

La ligne 15 du Grand Paris Express, elle, se fait encore attendre. C’est à ce moment de bascule — un chantier de transport bouclé, le suivant encore en cours — que le tiers-lieu tire sa révérence.

Une chose est sûre en tout cas : le terrain ne sera pas simplement bétonné. À la place de la friche, un jardin public doit voir le jour — c’est toujours ça de gagné face aux grues qui l’entourent. Un peu plus loin dans le Grand Paris, l’exemple existe déjà : sur l’ancien site des Grands Voisins, à Paris, les premiers logements du nouveau quartier doivent être livrés dès la fin 2026. Le provisoire, parfois, laisse plus que des souvenirs.

La friche Vive les Groues ! à Nanterre / © Vive les Groues !
La friche Vive les Groues ! à Nanterre / © Vive les Groues !
La friche Vive les Groues ! à Nanterre / © Vive les Groues !
La friche Vive les Groues ! à Nanterre / © Vive les Groues !
Vive les Groues ! à Nanterre / DR
Vive les Groues ! à Nanterre / DR
Nicolas Voisin anime des ateliers de jardinage sur le site de Vive les Groues à Nanterre / Mélanie Rostagnat
Nicolas Voisin anime des ateliers de jardinage sur le site de Vive les Groues à Nanterre / Mélanie Rostagnat

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