Le 23 mai, la 21e Nuit européenne des musées invite à arpenter l'Île-de-France après la tombée du jour : un musée d'archéologie qui rouvre à Chelles après dix ans de fermeture, un fil mode qui court de Paris à Jouy-en-Josas, deux sculptures monumentales de Dubuffet et Tinguely à visiter dans le noir. On y va à pied, à vélo ou en voiture — la Nuit des musées finit immanquablement après le dernier RER.
Le fil de la mode, de Paris à la banlieue
Le Palais Galliera ouvre en nocturne son expo « La mode du 18e siècle », médiations par les étudiants de l’École du Louvre et concerts du Conservatoire Francis-Poulenc — c’est gratuit, c’est rare, on y va (palaisgalliera.paris.fr). Au Musée des Arts décoratifs, on essaie fraises, paniers et faux-culs pour comprendre ce qu’endurait un corps sous l’Ancien Régime — réponse courte : beaucoup (madparis.fr). À Suresnes, le MUS raconte Charles Frederick Worth, inventeur de la haute couture, en jeu de piste familial (mus.suresnes.fr). À Jouy-en-Josas, parcours sensoriel — visuel et olfactif — au musée de la Toile de Jouy autour de l’« Herbarium interior » d’Alice Riehl (museedelatoiledejouy.fr).
Dubuffet et Tinguely, à visiter de nuit
Deux œuvres-mondes en accès nocturne, et c’est probablement l’événement de la soirée pour qui aime se faire avaler par une sculpture. La Tour aux Figures de Jean Dubuffet, à Issy-les-Moulineaux, se visite à la lampe torche : on grimpe dans le Gastrovolve intérieur, les formes et motifs se révèlent dans la pénombre, et on ressort vaguement modifié (tourauxfigures.hauts-de-seine.fr). À Milly-la-Forêt, le Cyclop de Jean Tinguely — 22 mètres de métal et de miroirs en pleine forêt — accueille de 21h30 à 23h30 une performance immersive signée Nina Garcia (guitare électrique), Anna Gaïotti (tap dance sur métal et miroirs), Romain Simon (batterie) et Christophe Cardoen (lumière). Brut, saturé, à voir une fois dans sa vie — au moins (lecyclop.com).
Et aussi :
La réouverture du musée Alfred-Bonno à Chelles (Seine-et-Marne) est un des petits événements de cette édition. Il s’agit d’un de ces petits musées municipaux nés des passions du XIXe — ici, les donations d’un abbé archéologue qui ramassait les silex de sa commune avec la rigueur d’un savant et la dévotion d’un curé —, réinstallé dans l’ancienne bibliothèque Georges-Brassens entièrement réhabilitée. Au programme : les fameux textiles du VIIe siècle attribués à la reine Bathilde, la star de Chelles, des ateliers de taille de pierre et de danse médiévale dès 15h, puis une enquête théâtralisée jusqu’à 22h pour élucider une affaire royale dont on ne dira rien ici.
Musée Alfred-Bonno, 58 rue Louis-Eterlet, Chelles. Plus d’informations sur le site de la mairie.
Cette année, c’est la première participation du Domaine départemental de Chamarande (Essonne) avec l’expo « Récits de forêts » de Lélia Demoisy inaugurée le 10 mai, des visites des réserves du Fond départemental d’Art Contemporain, et à 22h le spectacle « Tancarville » de la compagnie Le G. Bistaki, avec une chorégraphie burlesque autour d’un étendoir géant où le drap devient matière vivante (chamarande.essonne.fr).

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11 mai 2026 - Chamarande
