Culture
|

Cinéma, DakhaBrakha, résistances queers : la Saison de l’Ukraine débarque en France

Le Christ au Goulag de Stanislav Asseyev, interprété par Denis Lavant et mis en scène par Jules Audry. Cette œuvre a été présentée au Théâtre de la Concorde dans la cadre du festival Ukraine, un souffle de liberté du 10 au 13 décembre 2025. DR

Créer malgré la guerre. Depuis 2018, l'Institut ukrainien facilite les relations culturelles de l'Ukraine avec le monde. Basé à la Gaîté Lyrique (comme votre média préféré), il est porté par une équipe qui se démène pour valoriser son patrimoine, en pleine guerre. Olga Ochkan Hoff, directrice du développement, nous embarque pour la Saison de l'Ukraine en France : Dovjenko, DakhaBrakha et nuits de lecture, documentaires de guerre et résistances queers en février, de Paris à Marseille.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est l’Institut ukrainien ?

Olga Ochkan Hoff : L’Institut ukrainien a été créé en 2018 à Kyiv. Il s’agit d’une institution publique de diplomatie culturelle dont la mission est de promouvoir la culture et la langue ukrainiennes dans le monde et de développer des coopérations culturelles durables. Présent aujourd’hui dans plusieurs pays européens dont la France, l’Institut ukrainien travaille en étroite collaboration avec des partenaires culturels, institutionnels et artistiques afin de renforcer les liens entre l’Ukraine et ses partenaires européens. C’est dans ce cadre qu’a été lancée la « Saison de l’Ukraine » en France. Organisée conjointement par l’Institut français et l’Institut ukrainien sous le patronage des ministères des Affaires étrangères et avec le soutien des ministères de la Culture des deux pays, elle déploie un programme d’envergure nationale dans plus de vingt villes françaises, mettant en lumière la vitalité, la diversité et la force de la création ukrainienne contemporaine.

Quel est l’objectif de la Saison de l’Ukraine en France ?

La Saison affirme que la culture est un acte de résistance. Elle défend la mémoire, la liberté et l’identité ukrainiennes, tout en créant un espace de dialogue citoyen entre la France et l’Ukraine. « Le Voyage en Ukraine » est une invitation à mieux comprendre un pays qui se bat pour sa liberté tout en continuant à créer, à penser et à imaginer l’avenir de l’Europe.

Dovjenko, DakhaBrakha et nuits de lecture à Paris

Quels événements organisez-vous à Paris ou en Île-de-France en janvier ?

Nous organiserons d’abord une rétrospective sur le cinéaste Oleksandr Dovjenko à la Cinémathèque française (12e), avec des projections, des conférences et des rencontres autour du pionnier du cinéma ukrainien. Elle sera ponctuée d’un événement exceptionnel mêlant cinéma et musique, avec l’intervention du groupe DakhaBrakha. Le 24 janvier se déroulera la « Nuit ukrainienne : géographie sensible de la guerre » à la médiathèque Françoise-Sagan (10e) où sera organisée une rencontre littéraire avec Luba Yakymtchouk et Sofia Andrukhovytch, dans le cadre des Nuits de la lecture, et des lectures en français et en ukrainien. Nous organiserons aussi un débat du 19 au 20 janvier à l’Auditorium de France Télévisions (16e) et à la mairie du 15arrondissement autour du thème « Réparer les vivants : le défi de la santé en Ukraine ». Cet événement sera l’occasion d’échanges autour des enjeux de santé physique et mentale en temps de guerre, en présence de professionnels ukrainiens et français, et de projections sur ce sujet.

Documentaires de guerre et résistances queers en février 

Et en février, en Île-de-France ?

Nous aurons aussi de nombreux événements comme le week-end « Génération Ukraine » au Forum des images (1er) les 7 et 8 février avec des projections de documentaires récents soutenus par Arte, suivies de rencontres avec des réalisateurs et producteurs ukrainiens. Nous y mettrons en avant la jeune création documentaire ukrainienne face à la guerre. Le 21 février, il y aura aussi un temps fort au Carreau du Temple (3e), de nouveau une projection-débat autour du film Queens of Joy – les résistances queers en temps de guerre en Ukraine –, avec une projection suivie d’un échange avec la réalisatrice et des intervenants ukrainiens engagés sur la scène queer. Cet événement se fera dans le cadre du festival Everybody, qui interroge la place du corps dans nos sociétés contemporaines.

De Lille à Marseille, la culture ukrainienne en tournée

Et dans les autres villes françaises ?

La Saison de l’Ukraine en France se déploie bien au-delà de Paris, avec une programmation ambitieuse sur l’ensemble du territoire, mêlant cinéma, littérature, musique, débats d’idées et gastronomie. Nous serons par exemple à Rennes du 10 au 17 février dans le cadre du Festival Travelling qui met en lumière la vitalité du cinéma ukrainien. En janvier et en février, nous investirons aussi Lille avec la programmation « De Kharkiv à Lille, la culture en résistance » qui rend hommage à Kharkiv, ville jumelée avec Lille depuis 1978. À travers la littérature, la musique, les arts visuels, le cinéma et des débats citoyens, il sera possible de dessiner un portrait sensible de la résilience culturelle ukrainienne. Concerts, rencontres à Sciences Po Lille, expositions au Palais des Beaux-Arts et événements dans l’espace public sont aussi prévus. Dans le Sud, à Marseille, nous aurons aussi un temps fort, « La culture contre-attaque ! », du 28 janvier au 1er février 2026 à la Friche la Belle de Mai, l’occasion de rencontres entre professionnels et d’une programmation artistique qui mettront à l’honneur et la gastronomie d’Ukraine, en particulier celle d’Odessa, ville jumelée avec Marseille.

Informations pratique : Saison de l’Ukraine en France, de janvier à février 2026 dans plus de vingt villes françaises. Programme complet sur ui.org et sur Instagram

Denis Lavant dans Le Christ au Goulag. DR

À lire aussi :  Les Amandiers sont de retour : flash back sur soixante ans d’utopies à Nanterre

À lire aussi : Après trois ans de travaux, l’Académie Fratellini se réinvente sans perdre son âme

A lire aussi  : Avec le MAC VAL, le Centre Pompidou fait le pari du Grand Paris