
Le téléphérique de Créteil pour démarrer depuis les quais du métro, puis 20 km de coulée verte, de chemins et de sentiers forestiers jusqu'à la rivière de l'Yerres pour finir en pleine campagne. Un itinéraire entre Val-de-Marne et Seine-et-Marne, fait de friches renaturées, de forêts régionales, de terres maraîchères et agricoles, qui change de visage toutes les demi-heures. Passe Navigo valable au départ, RER D au retour
En partenariat avec Ile-de-France nature.
Il y a des balades qui s’annoncent, qui préviennent, qui mettent des panneaux partout. Et puis il y a la Végétale. Elle vous prend par la main dès la sortie du câble C1 à Créteil Pointe du Lac — terminus de la ligne 8, la plus longue du métro parisien — et elle ne vous lâche plus pendant 17 kilomètres.
Quand la LGV devient jardin
Le câble, justement, c’est le sas. En quelques minutes suspendues au-dessus des toits de Créteil, quelque chose se règle dans la tête. On descend côté végétation, on entre dans le vert sans transition, et très vite on oublie qu’on était encore dans la ville il y a vingt minutes. La Végétale — qui s’appelait autrefois la Tégéval, anagramme de Végétal et compensation directe négociée par la Région quand la LGV d’interconnexion des TGV a lacéré le territoire dans les années 1990 — file le long de la voie ferrée à grande vitesse, tantôt au-dessus quand elle passe en tranchée couverte, tantôt à côté quand elle ressort à l’air libre. Une infrastructure verte née d’une infrastructure de béton. Le paradoxe est assumé, presque élégant.
Les premiers kilomètres ont le confort d’un jardin public bien tenu. C’est aménagé, balisé, accessible à tout le monde, poussette comprise. Mais le plateau arrive vite, et avec lui, le basculement. D’un côté la ville encore visible, ses immeubles en arrière-plan, ses zones d’activité aperçues en contrebas. De l’autre, déjà, les lisières forestières du massif de l’Arc boisé — 3 030 hectares classés forêt de protection depuis 2016, entre bois de Granville, bois de la Grange et forêt régionale de Grosbois. C’est exactement ce que l’Île-de-France fait de mieux et qu’on lui reproche de ne pas savoir faire : la transition brutale qui devient, à la réflexion, une richesse. En cinq cents mètres, on est passé de l’urbain au franchement rural. Sans voiture, sans autoroute, juste en marchant.
Dubuffet, les Meuniers et les prés
À Villecresnes, un arrêt s’impose devant la Passerelle des Meuniers. L’ouvrage maçonné date de la grande époque du chemin de fer Paris-Bastille — la ligne qui reliait la capitale à Verneuil-l’Étang via Mandres, Villecresnes et Brie-Comte-Robert, et dont le tronçon fut désaffecté en 1939. Les anciennes voies ferrées sont aujourd’hui le squelette sur lequel la Végétale a été greffée.
Plus loin, la Ferme de Mandres et sa zone agricole marquent une nouvelle respiration. On traverse des terres encore cultivées, on longe des prés, on perd progressivement le fil de la banlieue. Périgny-sur-Yerres apparaît avec la Fondation Dubuffet — l’atelier du peintre, conservé tel quel depuis sa mort en 1985, ouvert sur rendez-vous, ignoré de presque tout le monde. C’est le genre d’endroit qu’on ne trouve pas en cherchant, seulement en marchant.
Et puis l’Yerres. La rivière arrive comme une récompense, à Combs-la-Ville, après cinq heures de marche et dix-sept kilomètres avalés sans s’en rendre compte. Le RER D est à deux pas. Paris est à vingt minutes. On n’y croit pas tout à fait.
Informations pratiques : Départ : téléphérique C1, station Limeil-Brévannes – première station après Créteil Pointe du Lac, terminus de la ligne 8. Arrivée : gare de Combs-la-Ville – Quincy, RER D (zone 4, Navigo toutes zones). Distance : environ 20 km. Dénivelé : quasi nul. Durée de marche : 5h à 5h30, pause déjeuner non comprise — prévoir pique-nique, quelques boulangeries à Villecresnes sur le trajet. Niveau : accessible à tous, chaussures de marche conseillées. Le parcours suit quasi intégralement la Végétale, coulée verte aménagée sur l’emprise de la LGV d’interconnexion : revêtement bitume et stabilisé, pas de chemin de terre. L’ambiance évolue au fil des kilomètres : vert urbain entretenu à la sortie du câble, lisières forestières à mi-parcours, paysage agricole ouvert et vallée de l’Yerres à l’approche de l’arrivée. Le parcours (à consulter et télécharger ici) suit quasi intégralement la Végétale, coulée verte aménagée sur l’emprise de la Ligne TGV Paris Lyon : revêtement bitume et stabilisé, chemins forestiers, sentiers.
Depuis un demi-siècle, Île-de-France Nature protège le patrimoine naturel régional, le valorise et agit pour la renaturation en zone urbaine et l’accès à la nature pour tous. Le but ? Préserver et favoriser la biodiversité, s’adapter au changement climatique et améliorer la qualité de vie des Franciliens.




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13 avril 2026 - Limeil-Brévannes