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Huit friches qui vont vous surprendre dans le Grand Paris

Vive les Groues ! à Nanterre / DR
Vive les Groues ! à Nanterre / DR

Comme à Berlin, les friches font désormais partie du paysage du Grand Paris. Installées dans des immeubles de bureaux ou d'anciennes usines, elles cassent les codes des lieux culturels traditionnels tout en réinventant les squats. Fin connaisseur, le journaliste Arnaud Idelon nous livre son Top 8 2018.

Ah ! Qu’il est dur de se lancer dans un Top 8 ! Et lorsque ledit Top 8 concerne son sujet de prédilection, à savoir les friches du Grand Paris, on sent bien que l’exercice va être périlleux. Déjà parce que ces lieux présentent une durée de vie variable. Ensuite, parce qu’il n’est jamais simple de choisir. Alors parce qu’on ne les présente plus, j’ai décidé de faire l’impasse sur le 6b, les Grands Voisins, la Ferme du Bonheur, la Générale, Mains d’Oeuvres, le Shakiraïl, la Prairie du Canal, et la Station – Gare des Mines. Mais trêve de précautions, voici mon Top 8 totalement subjectif.

Vive les Groues ! (Nanterre, Hauts-de-Seine)

Après avoir inauguré la saison 2 des Grands Voisins dans l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (14e), la prolifique équipe parisiano-marseillaise de Yes We Camp s’est lancée dans un nouveau défi en ouvrant à Nanterre une friche de 9 000 m2. L’objectif cette fois, faire pousser une pépinière au gré d’ateliers ludiques, de plantations collectives et de fiestas. Pensée comme une place publique, la friche propose, outre une programmation riche en événements, des installations artistiques, une buvette et, signature Yes We Camp, un camping. De quoi faire de Nanterre une place où chiller tout l’été. 

Infos pratiques : Vive les Groues !, 290 rue de la Garenne, Nanterre (92). Ouvert mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 14h à 22h. Plus d’infos sur Facebook

A lire : Une ancienne usine de dentifrice joue la carte de la Food à plein tube à Nanterre

Vive les Groues ! au pied des tours de La Défense à Nanterre / DR
Vive les Groues ! au pied des tours de La Défense à Nanterre / DR

La Halle Papin (Pantin, Seine-Saint-Denis)

Fournisseur de bordel permanent depuis 2005, le collectif Soukmachines a ouvert en 2016 la Halle Papin à Pantin avec une recette originale mêlant teufs bordéliques, programmation volontairement bigarrée voire syncopée (alternant samba, lives expérimentaux, afrobeat et techno appuyée) et résidences d’artistes. De l’immense cour entourant cette ancienne usine en verre et en briques sont nés des Open Air inoubliables durant lesquels se sont succédés tournois de ping-pong endiablés, concerts enfiévrés, marelles bondissantes et barbecues en accès libre. S’il s’agira bien du dernier été du Souk sous le soleil pantinois, le collectif devrait rebondir pas très loin dans pas très longtemps.

Infos pratiques : La Halle Papin, 62 rue Denis Papin, Pantin (93). Ouvert le vendredis de 19h à 2h, le samedi de 14h30 à 2h et le dimanche de 13h à 22h. Réouverture le 11 mai jusqu’en septembre. Plus d’infos sur Facebook et lahallepapin.com

A lire : Soukmachines fait de la fête un art de vivre à Pantin

La Halle Papin à Pantin / © Luc de Lagontrie
La Halle Papin à Pantin / © Luc de Lagontrie

 

La Capela (Paris, 10e)

C’est dans les locaux désaffectés d’un Franprix à la Chapelle que s’est installée La Capela en juillet 2016. Depuis, un collectif oeuvre à faire du lieu un espace de rencontre et d’échange ouvert sur le quartier avec une foule d’événements : performances, foires aux vinyles, lectures, expos, défilés queer… L’envie des programmateurs est de valoriser la scène artistique émergente qui ne se reconnaît pas dans les circuits de diffusion classiques. Et ça commence à se savoir puisque le public se presse nombreux chaque semaine pour se nourrir de propositions singulières. Si le squat est sous le coup d’une procédure d’expulsion, le collectif a bon espoir de rester encore quelques temps maintenant que la Mairie a racheté les murs et soutient le projet. Une prolongation de six mois à deux ans semble se profiler avant qu’un chantier ne démarre. Personne ne s’en plaindra. 

Infos pratiques : La Capela, 20 rue Phillipe de Girard, Paris (10e). Ouverture en fonction des événements. Plus d’infos sur Facebook 

A lire : Le Hasard Ludique investit les quais de la Petite Ceinture 

Façade de La Capela peinte par le street artiste Kashink / DR
Façade de La Capela à Paris peinte par le street artiste Kashink / DR

Le Wonder/Liebert (Bagnolet, Seine-Saint-Denis)

Voilà un peu plus d’un an que le collectif d’artistes du Wonder a posé ses valises à Bagnolet dans un ancien immeuble de bureaux y aménageant des ateliers, une galerie d’exposition, une radio et même un salon de tatouage. Depuis, une folie irrévérencieuse s’est emparée des lieux et fait naître des événements à la pelle. Surtout ne zappez pas le dernier étage et sa cantine expérimentale d’où l’on toise le périphérique. Vous avez jusqu’à fin juin. Après, il sera trop tard. Le Wonder sera parti ailleurs. 

Infos pratiques : Le Wonder/Liebert, 124 avenue Gallieni, Bagnolet (93).Ouverture en fonction des événements. Plus d’infos sur lewonder.com et Facebook

A lire : Le Wonder/Liebert, le kibboutz artistique du 9-3

Le Wonder/Liebert à Bagnolet / DR
Le Wonder/Liebert à Bagnolet / DR

L’Amiral (Sceaux, Hauts-de-Seine)

C’est un tandem prometteur qui s’apprête à redonner vie à un château abandonné à Sceaux. La Belle Friche, agence d’animation de sites en transition, et Ya+K, génial collectif d’architectes, ont investi l’Amiral, édifice du XVIIe siècle, pour en faire un lieu de fête, de sport et de culture avec au menu des compagnies de théâtre de rue, des ateliers ludiques et des DJ sets. A tester à partir du 5 mai.  

Infos pratiques : L’Amiral Accès 1 rue de Fontenay, Sceaux (92). Ouvert du mercredi au dimanche de 12h à 22h. Plus d’infos sur Facebook 

A lire : Sceaux, trois parcs en un

L'Amiral à Sceaux / DR
L’Amiral à Sceaux / DR

Le FDP (Paris, 18e)

Il y a quelques mois, le FDP ouvrait ses portes à Max Dormoy de la rencontre entre autres d’Aladdin Charni, génie du restaurant zéro déchet Freegan Pony, et d’Alexandre Gain, ouvreur de squats compulsif. Desservi par une rampe de parking, le spot abrite notamment une salle d’exposition, une salle de cinéma (qui n’a rien à envier à un MK2), un jardin d’hiver, des ateliers d’artistes, une webradio ainsi que des espaces mis à disposition d’associations humanitaires. Avec sa riche programmation faite de ciné-concerts, d’expos et de conférences, le FDP a su convaincre les férus de culture en mal de nouveautés. Mais le générique de fin est proche. Le propriétaire des lieux a remporté le procès qu’il avait engagé contre les occupants. Il est donc grand temps de profiter des dernières séances. 

Infos pratiques : Le FDP, 73 rue Philippe de Girard, Paris (18e). Ouverture en fonction des événements. Plus d’infos sur Facebook

A lire : L’Aérosol repart pour un tour dans le 18e

Le FDP à Paris / DR
Salle de cinéma du FDP à Paris / DR

La Guinguette en Orbite (Paris, 12e)

Tellement frais que c’en est presque un scoop. La Guinguette en Orbite a ouvert ses portes le mois dernier du côté de Nation. Pour la mise à feu le 14 avril, c’est le DJ Antoine Calvino du label Microqlimat qui avait été missionné pour ambiancer ce drôle de lieu que l’on s’étonne encore de trouver en plein Paris. Pour preuve, voici la présentation qui en est faite par ses pères fondateurs : « Officiellement, nous sommes un collectif de gardiennage de bâtiment sous convention avec la RATP depuis le 13/04/2018. Officieusement, nous sommes un collectif de réquisition citoyenne solidaire qui a pour but de réunir les voisins du quartier sur un lieu intergénérationnel ». On vous laisse découvrir. 

Infos pratiques : La Guinguette en Orbite, 77 avenue du Docteur Arnold Netter, Paris (12e). Ouverture en fonction des événements. Plus d’infos sur Facebook 

A lire : Aubervilliers, la culture sous toutes les coutures

La Guinguette en Orbite à Paris / DR
La Guinguette en Orbite à Paris / DR

La ferme urbaine de Saint-Denis (Saint-Denis / Seine-Saint-Denis)

Avec ses 3,7 ha encerclés de barres d’immeubles, c’est la dernière terre maraîchère du 93. Cultivée depuis 1920, l’exploitation agricole de la famille Kersanté est un vestige de l’ancienne plaine des Vertus, qui fut pendant longtemps la plus vaste plaine légumière de France. En 2016, la mairie de Saint-Denis a lancé un appel à candidatures avec comme condition d’assurer une « production diversifiée respectueuse de l’environnement » et de permettre l’ouverture au public. Et c’est un tandem qui est sorti gagnant composé des Fermes de Gally et du collectif d’artistes-apiculteurs du Parti poétique. Ensemble, ils ont fondé la Ferme urbaine de Saint-Denis. L’ambition est double et peut paraître antinomique puisqu’il s’agit à la fois de préserver une production agricole et de proposer une riche programmation culturelle.  “Il n’y a pas d’acte plus politique que celui de manger. Il faut faire le lien entre ce que l’on met dans notre assiette et la société que l’on souhaite. Aujourd’hui on externalise notre alimentation, on mange ce que l’industrie nous donne. On devient gros, moche et en plus ça nous coûte cher !”, tonne Olivier Darné, co-fondateur du Parti poétique et qui produit avec ses camarades le Miel Béton, fabriqué en Seine-Saint-Denis et multi-médaillé pour sa pureté. Résidences de chefs étoilés dans des containers aménagés, parcours olfactif, le Parti poétique entend s’appuyer sur l’agriculture pour faire de la pédagogie en matière d’écologie. Coup d’envoi des hostilités le 19 mai.

Infos pratiques : La Ferme urbaine de Saint-Denis, 114 avenue de Stalingrad, Saint-Denis (93). Ouverture à partir du 19 mai. Plus d’infos sur Facebook

A lire : Ouverture en vue pour les Ateliers Médicis à Clichy-Montfermeil

La Ferme urbaine de Saint-Denis / © Elisa Haberer
La Ferme urbaine de Saint-Denis / © Elisa Haberer

 

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