
Teahupo'o, Hawaï, Biarritz, Nazaré… Cergy. L'intrus ? Il n'y en a pas. À 180 km de la première houle océanique, le Val-d'Oise abrite l'une des plus grandes vagues à surf artificielles d'Europe en plein air. Sur l'île de loisirs de Cergy-Pontoise, on a chaussé la planche — et fini dans le bouillon.
La rivière olympique de Vaires-Torcy, la piste du Vélodrome national à Saint-Quentin-en-Yvelines, la vague à surf de Cergy ou encore les rochers de la forêt de Fontainebleau… Autant de lieux de sport qui font de l’Île-de-France le plus grand stade au monde desservi par 390 gares hors Paris. Des sites à découvrir à travers une série de reportages en partenariat avec la Région Île-de-France
S’il y a une trentaine de millions d’années le Bassin parisien abritait une mer, la ville du Val-d’Oise se trouve aujourd’hui à 180 km des côtes. Cela ne l’empêche pas de faire déferler, depuis plus de dix ans, une vague à surf parmi les plus grandes d’extérieur en Europe, sur les rives de son île de loisirs régionale — par ailleurs réputée pour son téléski nautique et sa rivière artificielle que l’on descend en rafting. Ici, nul besoin de guetter les marées : juste les horaires d’ouverture.
Reste la question qui plonge dans des abîmes de perplexité : comment fait-on pousser une vague si loin de l’océan ? La recette tient en peu de chose : une bâche tendue et inclinée en toboggan, sur laquelle on projette de l’eau à forte puissance. On obtient une vague statique, parfaite pour glisser et enchaîner les figures. Combinaison intégrale sur le dos et bodyboard sous le bras, on écoute le briefing pendant que, sur le plan d’eau, les wakeboarders s’en donnent à cœur joie sur le téléski. Le tout à moins de 30 km à vol d’oiseau du périphérique. Drôle d’oiseau que ce paradis de la glisse.
Une sensation de glisse bluffante
Première consigne avant de se lancer : se détendre. Inutile d’espérer résister à une eau propulsée à plusieurs mètres cubes par seconde — il faut faire corps avec elle et accepter de ne pas tout contrôler (belle leçon de vie). Allongé sur la planche, on se crispe les premières minutes, puis on trouve la posture. À genoux, il faut deux tentatives et quelques virages pour apprivoiser l’équilibre. Bien que le plancher soit fixe, la sensation de glisse est bluffante.
Reste l’ultime cap de l’évolution darwinienne du surfeur : se mettre debout. Après plusieurs essais qui finissent tous dans le décor, la bonne stratégie consiste à s’élancer debout depuis le bord. Deux minutes de rodéo aquatique plus tard, on mesure à quel point ce qui paraît fluide chez Kelly Slater, onze fois champion du monde, exige en réalité de réapprendre à tenir debout. Mais ne passe-t-on pas sa vie à apprendre ? À Cergy comme à Tahiti, le surf est une philosophie.
Infos pratiques : la vague à surf de l’île de loisirs de Cergy, 1, rue des Étangs, Neuville-sur-Oise (95). Ouvert de mai à septembre. À partir de 8 ans. Tarifs : à partir de 12,80 € les 45 min. Accès : gare de Cergy Préfecture (ligne L et RER A) puis bus ligne 48 jusqu’à l’arrêt Base de loisirs. Plus d’infos sur cergy-pontoise.iledeloisirs.fr
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3 juillet 2024 - Cergy-Pontoise