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J’ai testé la piste du vélodrome des Jeux olympiques de Paris

Le vélodrome national à Saint-Quentin-en-Yvelines propose des baptêmes sur la piste qui accueillera les J.O / © Steve Stillman pour Enlarge your Paris
Le vélodrome national à Saint-Quentin-en-Yvelines propose des baptêmes sur la piste qui accueillera les J.O. / © Steve Stillman pour Enlarge your Paris

S'il servira d’écrin aux épreuves de cyclisme sur piste des J.O l'été prochain, le vélodrome national ouvre ses portes à tous les amoureux de la petite reine quel que soit leur niveau. Ce que le journaliste d'Enlarge your Paris Renaud Charles est allé tester.

La rivière olympique de Vaires-Torcy, la piste du vélodrome national à Saint-Quentin-en-Yvelines, la vague à surf de Cergy ou encore les rochers de la forêt de Fontainebleau… Autant de lieux de sport accessibles en train qui font de l’Île-de-France le plus grand stade décarboné au monde. Des sites à découvrir à travers une série de reportages signés Enlarge your Paris en partenariat avec la Région Île-de-France

Il a beau avoir été retenu pour accueillir les épreuves de cyclisme sur piste des Jeux olympiques de Paris en 2024, le vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines) n’est pas seulement un cercle VIP (un anneau, devrait-on dire plutôt) réservé aux seuls cadors de la petite reine. La preuve, en cette soirée, je m’apprête à y effectuer mes premiers tours de roue. Rien d’exceptionnel à cela : chaque semaine, des baptêmes y sont organisés pour des débutants comme moi qui n’ont même jamais glissé leurs pieds dans des cale-pieds automatiques.

Une fois passé l’accueil, tout commence par une traversée des coulisses (avec une halte par les vestiaires) avant d’entrer dans l’arène. Une entrée spectaculaire. Tout autour de moi, la piste (de 250 mètres de longueur) s’enroule comme un serpent ; si bien que, en regardant les larges virages se dresser face à moi comme des falaises (ils culminent à 8 mètres de haut avec un angle de 44 degrés), une image tirée du Petit Prince me vient : celle du ventre du boa digérant un éléphant.

Vais-je moi aussi me faire dévorer ? À cet instant, je me demande bien comment faire pour me maintenir sur mes deux roues avec une pente aussi vertigineuse… Faut-il posséder des talents d’équilibriste ? Non : juste s’en remettre aux lois de la physique et « conserver une vitesse d’au minimum 25 km/h », me rassure Jean-Loup Peulot, le directeur d’exploitation du vélodrome qui va encadrer la séance d’une heure.

Des bolides sans frein

Avec moi, un triathlète affûté va lui aussi effectuer son baptême du feu. En cette période de vacances, nous ne serons exceptionnellement que deux à nous partager la piste. Avant cela, on nous présente nos montures : deux vélos carénés comme des formule 1 mais sans vitesses et sans freins. Étrange sensation de se dire que l’on prend place sur des bolides sans l’équipement de base de nos bicyclettes du quotidien. Pour s’arrêter, il va juste falloir décélérer tranquillement…

Afin de s’exercer, nous voilà partis dans la roue de Jean-Loup qui va nous faire passer de la Côte d’Azur (le surnom de la partie la plus basse de la piste) jusqu’aux crêtes du vélodrome. Cheveux au vent sous le casque (il faut savoir que le seul vent que l’on ressent est celui provoqué par sa propre pénétration dans l’air), le trac du début laisse place rapidement à l’excitation. Au bout de quelques tours vient le moment de se hisser au sommet de la piste, à huit mètres au-dessus de la Côte d’Azur, ce que nous faisons sans peine. Sensation grisante de pédaler ainsi comme en lévitation alors que quelques minutes plus tôt je ne m’imaginais pas capable d’une telle prouesse.

Préparer l’après-J.O.

Une fois la piste domptée, il nous reste une vingtaine de minutes pour la chevaucher seuls avec mon camarade triathlète qui, sans donner l’impression de faire plus d’efforts que moi, va me prendre assez vite un tour, puis deux… Je n’ai pourtant pas l’impression de traîner. Mais, plus encore que l’effet enivrant procuré par la vitesse, j’éprouve le même enchantement que la première fois (il y a désormais fort longtemps) où j’ai fait du vélo sans roulettes…

Le pied tout juste sorti du cale-pied, l’envie de revenir agit instantanément. « Avec les Jeux olympiques en ligne de mire, le vélodrome suscite beaucoup d’engouement, témoigne Jean-Loup Peulot. C’est pourquoi nous mettons en place des projets de long terme pour construire dès à présent l’après-J.O. En proposant l’accès à tous à la piste, nous nous inscrivons dans une démarche d’ouverture. Une fois le baptême effectué, on peut ensuite pratiquer de manière libre en catégories débutant, intermédiaire ou confirmé. Près d’une cinquantaine d’heures sont proposées chaque semaine. » Le vélodrome de Saint-Quentin est bien la preuve qu’on peut tourner en rond sans perdre son temps.

Infos pratiques : baptême sur la piste du vélodrome national, 1, rue Laurent-Fignon, Montigny-le-Bretonneux (78). Tarif : 49 € la session d’une heure (matériel inclus). Accès : gare de Saint-Quentin-en-Yvelines (lignes N et U, RER C). Infos et réservations sur velodrome-national.com

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