Artdevivre
|

Avec 70.000 baigneurs en juillet, la Seine est devenue la plus grande piscine de Paris

Baignade de Grenelle. Ville de Paris

La Seine a enregistré 70 000 entrées en juillet, deux fois plus qu'en 2025 — et le record de la saison dernière tombera avant fin août. Derrière le chiffre, des baigneurs qui viennent en voisins, en métro ou à vélo : le fleuve s'est installé dans le paysage des équipements publics.

Deux fois plus qu’en juillet 2025. Depuis l’ouverture le 4 juillet des trois sites parisiens, le compteur s’est emballé — 70 000 entrées, a annoncé la Ville de Paris. Pour mémoire, toute la saison 2025 avait totalisé 100 000 baigneurs, dont 35 000 en juillet. Le record tombera avant la fin août. 

Pour la mairie, c’est à la fois l’effet d’apprentissage de la première saison et les canicules à répétition, qui ont poussé les Grand-Parisiens vers l’eau. La chaleur a même servi deux fois : sans pluies, pas de déversements, et une qualité d’eau excellente tout le mois – là où les orages de 2025 multipliaient les fermetures. Il n’y a qu’un épisode de pollution criminelle aux hydrocarbures venus de la Marne, qui a perturbé l’horizon fin juillet.

Mais le plus parlant est ailleurs que dans des chiffres. Croisez ces 70 000 entrées avec l’étude de l’Atelier parisien d’urbanisme publiée en décembre 2025 : 62 % des baigneurs habitent à moins de trente minutes du site, 41 % viennent en métro ou en bus, 34 % à vélo, la voiture quasi absente. Ce qui double, ce n’est pas une attraction touristique : c’est la fréquentation d’une piscine municipale — gratuite, à ciel ouvert, accessible en Navigo. Un siècle après l’interdiction de 1923, la Seine a retrouvé ses baigneurs, et ils viennent en voisins.

Cette semaine, le site de Grenelle rouvre au public après avoir accueilli les épreuves en eau libre des Championnats d’Europe de natation. Là où les athlètes ont fait leurs longueurs, les voisins reprennent les leurs — difficile de mieux résumer les retrouvailles avec le fleuve. Prochaine étape : un site au bassin de l’Arsenal, à la Bastille, qu’Antoine Guillou nous annonçait dès le 8 juillet. « La baignade est la partie visible de tout ce qu’on fait pour le fleuve », nous confiait-il alors. La partie immergée grossit à vue d’œil.

Lire aussi : J’étais le troisième à plonger dans la nouvelle baignade de la Seine

Lire aussi : Six spots pour se baigner gratuitement à Paris cet été

Lire aussi : 150 000 plongeons dans la Seine à l’été 2025 : portrait type du baigneur grand-parisien

Lire aussi : Du fleuve-égout au droit à la fraicheur, éloge de la baignade urbaine

La baignade dans la Seine devant la BNF. DR
La baignade dans la Seine devant la BNF. DR