
France Miniature, le parc d'attractions d'Élancourt qui fait tenir l'Hexagone en 5 hectares de maquettes et de petit train, rouvre le 4 avril. On vous le dit chaque année ou presque, et on le redit cette fois avec une petite boule au ventre. Dernière saison pour les maquettes ?
France Miniature fête son anniversaire et peut-être pour la dernière fois. À Élancourt, dans les Yvelines, un champ agricole est devenu il y a 35 ans l’un des parcs les plus singuliers de France. Le petit train qui traverse la France de 5 hectares, la Tour Eiffel à hauteur de genou, le Mont-SaintMichel entre deux bosquets taillés au cordeau, et les 115 autres
monuments reproduits au 1/30e… France Miniature, c’est une institution familiale qu’on aime sans vraiment l’expliquer. Un peu kitsch, très bon enfant. Le Grévin des parcs d’attractions, en quelque sorte et on dit ça avec beaucoup d’affection.
Pendant que les parents observent attentivement les détails du château de Chambord ou encore se remémorent le vieux port de Saint Tropez, les enfants peuvent aller jouer dans le coin attraction entre deux questions du père Fouras ou des épreuves Koh Lanta. Une récréation bien méritée pour un lieu qui, à force d’obstination tranquille, a survécu là où d’autres ont coulé. Mirapolis, le grand projet national lancé en 1987 à Cergy avec sa statue de Gargantua de 35 mètres et ses ambitions à l’américaine ? Fermé dès octobre 1991, emporté par Euro Disneyland.
France Miniature, lui, a tenu à sa façon : sans prétendre rivaliser, sans changer de registre, en restant obstinément lui-même. Maquettes patinées, Stéphane Bern en commentaire audio, petit train réglementaire. L’anti-Disney total.
Tout commence par une question : quels monuments, et à quelle échelle ?
L’idée de départ est simple, presque enfantine : deux passionnés de maquettes et de trains se lancent dans la reproduction des plus grands monuments du pays, dans un parc dont la forme épouse celle de l’Hexagone. Né de la passion d’un ingénieur du BTP pour les trains miniatures, le parc a été racheté successivement par le musée Grévin en 1993, puis par le Parc Astérix en 1999, avant d’appartenir à la Compagnie des Alpes depuis 2002. Deux cent mille visiteurs par an, et trente-cinq ans de petit train.
Le parc a opté pour le 1/30e. Un format rare dans le commerce, car il s’agit paradoxalement d’une grande échelle en matière de maquettisme, ce qui rend la standardisation quasi impossible. Résultat : tout est fait sur mesure, depuis le début. Trois à six maquettistes travaillent en permanence à l’entretien et à la création des monuments. Exposées aux
intempéries vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les maquettes se dégradent, se fissurent, se décolorent. La rénovation constante est devenue l’une des batailles silencieuses du parc. Et ça se voit un peu, la peinture de certaines maquettes commence à fatiguer.
Peut-être une des dernières saisons
On a appris que la saison 2026 pourrait être l’une des dernières. La Compagnie des Alpes ne souhaite pas renouveler son bail, qui expire en juin 2027, préférant se concentrer sur ses remontées mécaniques alpines. L’agglomération de Saint-Quentin-enYvelines cherche un repreneur et dit ne pas vouloir d’un projet immobilier, mais depuis les JO, le foncier autour d’Élancourt attise des appétits nouveaux. Alors allez-y cet été. Il n’y en aura peut-être pas d’autre.
Infos pratiques : France Miniature, boulevard André-Malraux, Élancourt (78). Ouverture le 4 avril 2026. Accès : gare de La Verrière (lignes N et U). Plus d’infos sur franceminiature.fr



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9 août 2026 - Élancourt